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Produits durables
jeudi, 1er mars 2007 / Toad , / Nicolas Filio

De Michelin à Xerox, quelques exemples d’entreprises qui ont choisi d’en finir avec l’ère du jetable.

Recycler, c’est beau, faire durer, c’est mieux. Pour que les produits cessent d’accomplir un trajet express de l’usine à la benne, il faut en finir avec l’ère du « jetable » et pouvoir compter sur des produits résistants. Un téléphone mobile peut vivre entre trois et sept ans. Mais en France, son propriétaire le dégage en moyenne au bout de dix-huit mois. Il faut dire que la publicité sait encourager à l’infidélité en ringardisant ce qu’elle promouvait peu de temps avant. L’industrie high-tech fait figure de triste modèle. On en vient à acclamer le nouvel ordinateur portable de la société Twinhead, au motif qu’il se dit « conçu pour être durable ». Pourtant, avec l’augmentation du prix des matières premières et la prise en compte croissante du coût du recyclage, les entreprises devraient être amenées à mieux s’intéresser à la longévité de leurs produits.

C’est notamment le cas de Michelin. Si les pneumatiques ne sont pas vraiment les meilleurs amis de l’environnement, le manufacturier français tente de les faire durer le plus longtemps possible. Du moins pour les véhicules les plus chers. « Les nouveaux pneus que nous vendons pour des voitures haut de gamme permettent de réaliser 25 % de kilomètres en plus par rapport à la moyenne des meilleurs concurrents », se félicite Pierre Menendes, directeur de la communication technique du groupe. « Nous informons aussi nos clients du danger d’avoir des pneus sous-gonflés, de la hausse de consommation de carburant et de l’usure prématurée que cela implique », ajoute-t-il.

Servir plutôt que vendre

Bibendum a ainsi installé trente stations de gonflage à usage gratuit sur le réseau autoroutier. Car, précise Pierre Menendes, « pour assurer la croissance de l’entreprise, il faut satisfaire les exigences du consommateur. Et il attend des pneus qui durent le plus longtemps possible. » En s’éloignant encore un peu plus de l’idéologie du vite consommé vite jeté, on peut mettre en place une économie dite « de fonctionnalité ». Le principe : passer de la vente d’un bien à celui d’un service. Xerox fait ainsi figure de pionnier dans le domaine. Plutôt que de vendre ses photocopieurs aux entreprises, il les loue puis, en cas de panne, les répare ou recycle les composants dans de nouvelles machines.

Pour fonctionner, cela implique que les produits durent, mais cela permet en retour d’inscrire les partenariats avec ses clients dans le long terme. « La même logique s’applique facilement au monde du nettoyage, explique Alain Grandjean, président de la société de conseil Capitalisme durable. On peut livrer le service de propreté plutôt que les produits d’entretien. Ou encore, les énergéticiens comme EDF pourraient s’engager à assurer une température moyenne dans les bâtiments plutôt que de vendre des kilowattheures. »

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