https://www.terraeco.net/Google-ou-Facebook-quel-est-le,15662.html
Dilemme : Facebook ou Google ?
lundi, 14 février 2011 / Anne Sengès /

Correspondante de « Terra eco » en Californie, Anne Sengès est l’auteur de « Eco-Tech : moteurs de la croissance verte en Californie et en France », paru en novembre 2009 aux éditions Autrement.

600 millions d’inscrits contre 6 % du trafic Internet global : les deux poids lourds de la Toile sont aussi de gros mangeurs d’énergie. Qui ont encore du boulot avant de devenir des géants verts.

Consommation d’énergie : avantage Facebook

Après les polémiques sur les émissions de CO2 d’une recherche sur Google, le moteur a pris sa calculette et est arrivé à 0,0003 kWh consommé par requête, soit l’énergie que le corps humain brûle en dix secondes. Un chiffre atteint grâce à ses serveurs rapides et économes, deux millions aujourd’hui.

De son côté, Facebook assure que grâce à HIPHOP, un nouveau langage qui allège la charge des serveurs, leur consommation énergétique est divisée par deux. L’entreprise recensait 60 000 serveurs en juin 2010 contre 30 000 en 2009, soit tout de même beaucoup moins que Google.

Centres de données : match nul

Google indique que ses centres de données obtiennent, en moyenne, un rendement énergétique meilleur que ce que préconise l’Agence pour la protection de l’environnement américaine. Facebook, qui jusqu’à présent hébergeait ses serveurs dans des data centers extérieurs, a dévoilé début avril son tout nouveau centre, dans l’Oregon, l’un des plus écolos au monde. L’entreprise annonce une économie de 38 % d’énergie par rapport à ses anciennes installations. Pas si mal.

Alors, avantage Facebook ? Pas si vite… Greenpeace s’est empressé de noter que le centre de données flambant neuf du réseau social carburait pour l’essentiel au charbon. Tout comme le data center de Google, construit en 2009 en Caroline du Nord, qui marche au charbon et au nucléaire.

Energie verte : avantage Google

Google a créé en 2010 la filiale Google Energy afin, entre autres, d’acheter directement son électricité et d’approvisionner ses centres de données en privilégiant les énergies propres. La société a aussi massivement investi dans des fermes éoliennes. Et vient de mettre quelques billes – 118 millions d’euros – dans Bright Source Energy, entreprise qui monte une gigantesque ferme solaire dans le désert des Mojaves. Seul souci, Greenpeace a noté que Google avait encore recours au charbon pour ses infrastructures à hauteur de 34,71 % de ses besoins. Toujours mieux que Facebook : à 53,2 %.

Politiques d’entreprise : avantage Google

Googleplex, le siège de la société, héberge 9 212 panneaux solaires ; ses 30 000 employés mangent bio ; l’entreprise teste des véhicules verts (électriques, hybrides et automatisés) et met à la disposition des bus et des vélos. Quant au compostage et au recyclage, il s’agit de valeurs enseignées dès la crèche de l’entreprise. Enfin, Google investit 1 % de son chiffre d’affaires dans des causes philanthropiques et encourage ses employés à dédier 1 % de leur temps à sauver le monde. En toute modestie !

Facebook et ses 2 000 employés ne sont pas en reste. L’entreprise se targue d’avoir réduit de 60 % sa consommation d’eau en installant, par exemple, des WC plus économes et écolos. Et plus de 40 % des employés utilisent des transports publics ou verts grâce aux programmes incitatifs mis en place par leur boîte. —

Et le gagnant 2.0 est…

Au nom des milliards de dollars investis pour la cause verte, Google remporte la partie contre son jeune et fougueux concurrent. Pourtant, Greenpeace lui a accordé à peine la moyenne dans la dernière édition de son classement « Cool It » : 47/100. Un score médiocre pour un géant qui se dit vert !