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George Clooney, le paparazzi anti-génocide
mercredi, 5 janvier 2011 / Anne Sengès /

Correspondante de « Terra eco » en Californie, Anne Sengès est l’auteur de « Eco-Tech : moteurs de la croissance verte en Californie et en France », paru en novembre 2009 aux éditions Autrement.

Armé de sa fortune et sa bonne volonté, l’acteur américain a fait installer des satellites au Soudan pour évaluer la situation en temps réel. L’objectif : empêcher une nouvelle guerre civile.

Le 9 janvier, tout le monde pourra avoir les yeux rivés sur l’Afrique de l’Est à l’occasion du référendum sur l’indépendance du Sud-Soudan. Et ce, grâce à George Clooney. L’acteur qui a créé l’association « Not On Our Watch en compagnie de Brad Pitt et Matt Damon pour s’insurger contre le génocide au Darfour, a réussi à convaincre l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche, Google et l’université de Harvard de participer à l’opération de surveillance satellite « Projet Satellite Sentinel », au nom digne d’un blockbuster !

Les satellites surveilleront la frontière qui sépare les régions nord et sud du pays. L’analyse de leurs images et les cartes interactives signées Google permettront d’alerter le monde entier en cas de violence et de réagir sur le champ. « Nous voulons faire savoir aux auteurs potentiels de génocide et autres crimes de guerre que nous les surveillons de près et que le monde entier les regarde également », explique George Clooney dans un communiqué de presse. « Notre objectif, c’est la dissuasion », précise John Prendergast, cofondateur de « Not on our Watch ». « Nous sommes les paparazzi anti-génocide », résume Clooney dans Time Magazine.

Mais les projets d’espionnage (au grand jour) du sex symbol d’Hollywood n’ont pas séduit les autorités soudaniennes. L’ambassade aux Etats-Unis a réagi avec fureur et publié un long communiqué dans lequel elle accuse l’acteur d’actions frivoles et questionne la légalité d’un tel système de surveillance. « Clooney a raté sa chance d’avoir de l’impact lorsqu’il s’est faufilé à Abyei (région à la lisière du nord et du sud, objet d’un violent conflit, ndlr) avec toutes ses caméras il y a quelques semaines. Au lieu de cela, il n’a réussi qu’à enflammer les tensions », estime l’ambassade. Mais aussi à attirer l’attention sur un conflit parfois oublié !