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La musique survoltée au solaire
vendredi, 18 juin 2010 / Julien Vinzent /

Journaliste, collaborateur régulier pour Terra eco.

« Laissons entrer le soleil », chantait Julien Clerc. Les Accoustelous l’ont pris au mot avec leur scène alimentée par des panneaux photovoltaïques. Résultat : ils peuvent jouer en toute autonomie dans les endroits les plus incongrus, fête de la musique ou pas.

Prenez un triporteur façon vendeur de glaces ambulant, ajoutez-y des panneaux solaires, une table de mixage et quelques bricolages tenus secrets, et vous obtenez un Sonolaire. Le principe ? Il tient dans le slogan des Accoustelous : « Un morceau de soleil, un rayon de musique ». Ou l’inverse… « On voulait pouvoir faire de la musique au bord de la rivière, dans des endroits insolites, au lieu de se poser au coin du feu avec des guitares sèches qu’on n’entend pas », explique Irénée, batteur et MacGyver du quatuor ariégeois.

Concert au bas des pistes

« On a même mis des skis dessus pour jouer pendant que les gens font la queue aux remontées mécaniques », glisse Sébastien, le guitariste à barbiche. Depuis deux hivers, le groupe pose son Sonolaire dans les petites stations familiales des Alpes. « Quand La Plagne nous a contactés, on a dû amener le camion », précise-t-il. Car le petit triporteur a un grand frère : un 12-tonnes avec scène, sono et pack de batteries de péniches. « Tout loge dedans, y compris le triporteur et nous », ajoute-t-il.

« Ça marche très fort sur les marchés, les festivals. En général on s’en sert pour alimenter les stands et on déambule avec le petit. » Au festival Solar Event, que le groupe était chargé d’animer, France Bleu Pays de Savoie y avait branché son studio, pour les première ondes vertes de l’histoire de la radio. Quand ils ne le louent pas via Sol-Event – la société qu’ils ont créée pour proposer leurs services, du même nom que le festival – les Accoustelous poursuivent leur Music Ecotour : ils écument l’Ariège et font monter sur scène des groupes locaux.

Problèmes de carburant

Mais à quoi ça roule cet engin-là ? Malgré ses 10 kilowatts, soit largement de quoi tenir quelques jours de concert, la station fixée sur le toit est loin de pouvoir alimenter un camion. Faute d’alternatives, le bilan carbone du Sonolaire G1 – son nom de code – est donc plombé par l’essence. « On a contacté l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, ndlr) pour pouvoir utiliser de l’huile végétale, mais ils nous ont refusé l’autorisation. Il n’y a que quelques agriculteurs qui peuvent l’utiliser. Pourtant ça carbure… », déplore Irénée.

Quelque peu décontenancé par certains stands du festival Solar Event où l’on ne parle que crédit d’impôts et revente à EDF, le groupe ne perd pas le nord : il est en train de déposer un brevet pour son invention. Et côté musique ? Biodiversité assurée : «  Ça va de Bourvil à la Mano Negra en passant par Pink Floyd ou Bob Marley », détaille Sébastien. Envie d’un petit Sun is shining ? Ça tombe bien, le soleil brille.


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