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Société

Frédéric Pierru : « Le trou de la Sécu est un faux problème »

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Le chiffre est tombé ce jeudi : le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre 26,8 milliards d’euros en 2010, un record. Mais pour le sociologue Frédéric Pierru, le débat sur le trou de la Sécu masque les vrais problèmes de la protection sociale en France.

16 commentaires
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  • Agréablement étonné par cette analyse novatrice et pertinente dans l’éclairage structurel qu’elle nous apporte, je m’interroge cependant sur certains détails :
    - de 2009 à 2010 : les dépenses ont augmentées d’environ 7 milliards d’euros, or dans l’article, on ne fait état que de l’évolution de 3% des dépenses de santé.
    D’ou vient cette si importante augmentation alors ?

    Me répondra t-on ?, nous est t-il possible de communiquer avec le sociologue ?

    Merci d’être là
    Ecorce

    10.06 à 10h04 - Répondre - Alerter
  • Je tiens à vous remercier pour vos commentaires. Sur les chiffres d’augmentation des dépenses : comme toujours, les évolutions constatées pour l’année en cours sont, par définition, des prévisions, donc sujettes à fortes variations. L’augmentation a été de 3.3 % pour les dépenses d’assurance maladie en 2009 et devrait être de 3% en 2010. Pour un ONDAM de 153 milliards d’euros, cela fait une augmentation d’environ 5 milliards d’euros. mais tout cela reste approximatif, on ne connaîtra les chiffres consolidés que dans.. deux ans. L’essentiel est de retenir me semble-t-il que le déficit de l’assurance maladie, et plus généralement, de la sécurité sociale n’est pas le fait d’une "explosion" des dépenses qui restent sages, mais d’un effondrement des recettes. Il y a en effet, une ardoise de l’Etat à l’égard de la Sécurité sociale (une précision par rapport à l’interview : l’assurance chômage ne fait pas partie de la sécurité sociale stricto sensu) mais ce n’est à mon avis pas l’essentiel. le manque de recettes a deux origines : 1. La récession économique et son impact sur la masse salariale et les revenus 2. Le refus obstiné d’augmenter les ressources publiques, notamment en augmentant la CSG. On en déduira ce que l’on voudra sur les moyens de résorber ce besoin de financement : privatisation rampante ou préservation de la solidarité. Cordialement,
    Frédéric Pierru

    10.06 à 12h42 - Répondre - Alerter
  • Quand M. Pierru dit que le système de sécurité sociale tant à favoriser les plus malades, je souhaiterai apporter une nuance, qu’elle favorise les plus démunis oui, les plus malades non. Je suis handicapée et la nouvelle exclusion d’un nombre de 200 médicaments qui étaient jusque là remboursés m’amènent à la question : vais-je continuer à me soigner ?. Dans le nombre dont j’ai besoin, il y a en a 3 et pas du luxe, de ceux qui me permettent de travailler tout simplement, de payer mes impôts. Il n’y a plus de médicaments de remplacement (eh oui j’avais déjà été obligée de changer de traitement suite à une vague précédente de dé-remboursement) donc si je ne paye pas de ma poche, j’arrête de me soigner, je vais être obliger d’arrêter de travailler, et la sécurité sociale aura gagné quoi ?

    10.06 à 13h02 - Répondre - Alerter
  • Cet article correspond pleinement à ce que je rabâche autour de moi depuis des lustres, mais il est toujours difficile de contrer la propagande officielle.

    La sécurité sociale et les retraites sont des choix de société, le débat doit avoir lieu sur ce choix et sur rien d’autre : veut-on une égalité des citoyens face aux soins (financière, qualitative et géographique), une retraite décente pour nos parents, pour nous et nos enfants ? Telles sont les questions de fond. Ce qui est paradoxale, c’est que ceux sont les deux seuls postes budgétaires qui sont individualisés, personne n’annonce le déficit des transports, de l’armée, des aides économiques ou de l’éducation nationale et pour cause, les recettes sont communes, donc le déficit commun. On accepte donc le principe de choix de société pour tous les autres thèmes là ou on le refuse pour deux postes budgétaires primordiaux pour chacun d’entre nous.

    Par ailleurs, l’analyse telle qu’elle est présentée par le gouvernement est toujours orientée, partiale et partielle : on nous donne les chiffres et "déficits" des régimes généraux et, en fonction des réformes en projet, certains régimes spéciaux sont passés à la moulinette, histoire de nous dresser les uns contre les autres et ainsi faire pression sur les grévistes potentiels ! Mais jamais nous n’avons en titre du 20h les chiffres des régimes parlementaires, de l’armée, ou même agricole. Je ne m’en pleins pas, bien au contraire, j’aimerai juste que ce soit pareil pour tout le monde : il n’y a pas de déficit, dès lors que les français ont fait le choix de société donnant l’égalité et la décence à tous. Il y a juste des ajustements budgétaires entre les différentes masses qui composent le budget de l’État au sens large.

    10.06 à 15h31 - Répondre - Alerter
  • PIERRU : A Neferet

    Ne vous méprenez pas sur mon propos : lorsque je dis que l’assurance maladie obligatoire tend à se recentrer sur les plus malades (et les plus démunis), je fais simplement référence à la montée en charge du dispositif Affections de longue durée à 100%. Je veux simplement souligner qu’un système de sécurité sociale est d’autant plus légitime politiquement qu’il est universel ; à l’inverse un système ciblé sur "ceux-qui-en-ont-le-plus-besoin" est fragile politiquement car une partie de celles et ceux qui le financent (ici les jeunes actifs bien portants) n’en bénéficient pas. Dès lors, c’est un boulevard pour les assureurs... Par contre, il est vrai qu’étant donné le coût des ALD, la tentation est grande de rogner sur les soins dispensés dans ce cadre et plusieurs ballons sonde ont été lancés sur ce sujet depuis 2007. Ce qu’à titre personnel, je déplorerai. L’important est que le système d’assurance maladie reste universel et prenne en charge de façon satisfaisante tout le monde, les soins lourds comme les soins courants. Il en sera d’autant plus solide. Bien cordialement. Frédéric Pierru

    10.06 à 15h34 - Répondre - Alerter
  • La faute est surtout due aux faibles cotisations perçues ceci du à un trop grand nombre de gens au chomage et des salaires au ras des paquerette.

    Personnellement même si j’ai "la chance" d’avoir du boulot, mon salaire n’a augmenté que de 3% depuis 2001, donc de même pour les cotisations...

    10.06 à 17h33 - Répondre - Alerter
  • Bonjour cher professeur,

    oui, êtes-vous entendu au gouvernement comme par les autres politiques ?...car vous posez clairement la vraie difficulté, le vrai fond du problème...quel est notre choix de société ?. Quelle solidarité vis-à-vis de la santé ?
    Ce que je crains comme vous le laissez entendre, c’est que ce choix à terme ne peut être que binaire : 100% solidaire ou (à terme là aussi) 100% privatisé. Car si l’on démarre avec x% de privatisé, alors la voix sera libre vers une privatisation rampante sans limite (ici 100% !). D’ailleurs à quoi rime et comment mesurer l’équité d’un x% pour telle ou telle catégorie ?...La morale et l’éthique sous-jacentes au système "solidaire" ne "comprend" pas le x%.....

    Bien à vous et merci pour votre engagement
    LF

    11.06 à 11h47 - Répondre - Alerter
    • PIERRU : Merci

      Cher-e Utopia,

      Je vous remercie pour vos commentaires. Juste une petite remarque : j’ai pu débattre avec des "experts" qui pensent que l’on devrait supprimer toute cotisation sociale et CSG et laisser les individus libres de s’assurer auprès de qui ils veulent pour leur protection maladie. Soit un système 100% privé. Sauf qu’un tel n’existe nulle part dans les pays développés. Le système de santé le plus "privé", les USA, socialise 60 % de ses dépenses (Medicaid + Medicare + Veterans + dépenses fiscales en faveur des entreprises) ! Un système d’assurance maladie totalement privé est une utopie libérale, et si jamais elle venait à advenir dans les faits, elle serait une impasse complète non seulement sur le plan social et sanitaire mais aussi économique. Il y a longtemps que les économistes ont montré qu’un tel marché s’effondrerait de lui-même, en raison des particularités du "bien santé". Le risque est plutôt que l’Assurance maladie se recentre sur les plus malades et démunis, avec une solidarité de plus en plus chiche, car une partie de la population n’accepterait plus de payer.
      Pour le reste, nous vivons sous un double "dogme" : 1. Les dépenses publiques sont mauvaises en elles-mêmes 2. Il faut baisser les impôts. A partir de là, tout est joué. Bien cordialement,
      Frédéric Pierru

      14.06 à 18h43 - Répondre - Alerter
      • les constats préliminaires à la réforme d’Obama ont montré que leur système était catastrophique : le coût global de la santé par habitant est supérieur à celui mesuré en France, malgré 1/3 de la population non soignée (ou mal et insuffisamment soignée). Pourquoi ? Honoraires libres, traitements à prix libres (certains), hospitalisation en cliniques à prix libres, etc... et caisses privées ayant aussi pour but de se faire de l’argent font que ceux qui ont accès aux meilleurs soins payent à eux tout seuls plus cher que l’ensemble des soins donnés aux français (proportionnellement à la population bien sur). Cela donne quand m^me à réfléchir non ? Cette comparaison prend même en compte les prises en charge des congés mat, et de tous les maintiens de salaires dont on bénéficie en France par la CPAM et les complémentaires et les prévoyances, ce qui est inenvisageable chez eux ! C’est pour dire ;)

        27.06 à 00h52 - Répondre - Alerter
  • Je partage l’ opinion de monsieur Pierru. Il faut considérer que le système de santé est producteur de bien être et richesse pour le pays. On pourrait concevoir " l’ exportation de savoir faire " ou " la formation de professionnels " pour d’ autres pays, comme moyen
    d’ augmenter les recettes de l’ URSSAF. Mais on ne peut pas augmenter sans modulation la C.S.G. je pense que le suivi médical des patients chroniques ( A.L.D ) pourrait facilement faire l’ objet du paiement forfaitaire dont vous parlez. Il me semble que ce type de rémunération existe en Allemagne. Pour les actes " ponctuels " ( entorse de la cheville ) cela ne semble pas possible, mais on peut réfléchir à une nomenclature en fonction des pathologies. Je croie qu’ elle existe pour les cliniques. La recherche de nouvelles sources de financement n’ est pas abordée : Quelle est la contribution des laboratoires pharmaceutiques en dehors des cotisations sur salaires ? la contribution des entreprises comme Pernod Ricard ?
    Il faut associer votre réflexion à celle des économistes de la santé pour mettre en place des modèles de réforme à un niveau départemental.

    12.06 à 16h43 - Répondre - Alerter
  • Augmenter la CSG peut être, en tout cas sans faire râler la population ça me semble difficile, car ceux en bonne santé auront toujours l’impression de payer pour les autres, et la CPAM et ses dirigeants n’enlèveront pas pour autant les 2€ ou 50centimes qu’ils nous piquent sur les examens etc.
    22€ la consultation, 110€ un scanner (et encore ça dépend....)sans parler des frais d’hospitalisation c’est énorme !! (Sans compter que nous ne sommes plus des "patiients" mais des "clients" à leur yeux !!)
    Pourquoi ne pas jouer là dessus ? Pourquoi les médicaments chimiques sont remboursés alors que les naturels (phyto et homéothérapie) ne le sont pas ?!
    Quel est l’avantage pour la sécu de nous obliger à avoir 1 médecin traitant et d’aller le voir obligatoirement avant toutes prises de RDV avec un spécialiste ?
    J’ai déjà l’impression que l’accès au soin est réservé aux plus aisés (les stars sont mieux loties) et les mutuelles rembourse de moins en moins et leur cotisation est de plus en plus élevée !

    Question pour M. Pierru
    Qu’entendez vous par :
    "Mettre fin au paiement à l’acte qui favorise le raccourcissement des consultations, mais aussi instaurer une formation médicale continue ou encore à repenser la carte hospitalière." ?

    Y a t il des discussions à ce sujet actuellement au niveau de nos chères dirigeants ?

    Merci de cet article et de votre implication !

    15.06 à 19h35 - Répondre - Alerter
    • Hypolite : Précisions

      1. Dans le cadre du paiement à l’acte, l’intérêt économique du médecin est de faire vite et de les multiplier, encore plus si les honoraires sont libres. Ce système est par nature inflationniste et il a l’inconvénient de fractionner la démarche du médecin, ce qui nuit à sa continuité lorqu’elle est nécessaire (cf. maladies chroniques). De plus, ce système entretient des effets de concurrence entre médecins, ce qui ne favorise pas leur coopération.
      2. Le problème des remboursements des médicaments n’est pas entre le "chimique" et le "naturel". Il est dans l’efficacité, le service rendu et la sécurité (effets indésirables). Dans les deux catégories, certains ont des effets bénéfiques, d’autres sont toxiques. Les produits naturels sont souvent incertains dans leur titrage, donc dans leurs doses. Une aspirine bien calibrée est sans doute préférable à un extrait variable de feuille de saule, les deux contiennent pourtant de l’acide acétylsalicylique...
      3. L’instauration du "médecin traitant" a été très mal gérée et il a pu être compris comme un détour inutile avant de voir un spécialiste. Comme si tout problème de santé devait nécessiter un recours au "spécialiste" (la tension artérielle chez le cardiologue, le mal de ventre chez le gastro, la migraine chez le neurologue, etc.). C’est oublier qu’un médecin traitant digne de ce nom (un généraliste, normalement) est compétent pour s’occuper de la majeure partie des problèmes de santé et qu’il sait faire appel à un spécialiste quand c’est nécessaire.
      Neuf années d’étude pour ne faire que délivrer des bons d’accès aux divers spécialistes serait (est ?) un gachis considérable. Mais c’est là justement que le paiement à l’acte ne favorise pas une approche approfondie...

      16.06 à 12h31 - Répondre - Alerter
    • PIERRU : Compléments

      Hypolite a répondu sur l’essentiel : paiement à l’acte + liberté de prescription + pression des labos via les visiteurs médicaux et le financement de la FMC = visites courtes et très prescriptrices (prescrire un médicament psychotrope va bcp plus vite que d’écouter le patient pour comprendre la genèse de ses troubles psychologiques...). Il faut revoir de fond en comble les principes de la médecine libérale, d’ailleurs une étude récente de l’ordre montre que les plus jeunes médecines ne veulent majoritairement plus de l’exercice de la médecine sur le mode du petit entrepreneur individuel... Bien cordialement. Frédéric Pierru

      18.06 à 09h33 - Répondre - Alerter
  • Victor zyl : A Mr Pierru

    Des bancs de l’amphi de la fac de médecine à mon mensuel favori je vous retrouve et c’est un vrai plaisir de vous lire. En attendant vos prochaines publications...
    Cordialement,
    Victor (IEP Toulouse)

    18.06 à 03h24 - Répondre - Alerter
    • On peut rappeler qu’au début des années 1950 la part de la main d’œuvre incluse dans le prix de vente représentait 70%. Actuellement elle peut être estimé en moyenne à 20%. L’assiette à donc diminué de 3,5 fois.

      Tous les responsables politiques, actuels et du passé expliqueront que les dépenses de santé ont énormément augmentés, qu’il y a des abus, et surtout, depuis quelques mois, que le chaumage augmente.

      La réalité est toute autre ! C’est notamment l’assiette des prélèvements sociaux qui se réduit en peau de chagrin ! On peut aussi penser que demain des colonies de robots remplaceront définitivement l’intervention de l’homme dans la fonction du produire !

      Considérant que l’homme s’exprime par sa créativité et son travail. Peut importe si le travail est produit naturellement, manuellement, mécaniquement, financièrement, par des échanges d’actions, de bon du trésor, ou intellectuellement. La production est dans tous les cas l’œuvre de la nature et de l’homme.

      Quelque soit la nature et la provenance de la production c’est bien de la production que l’homme doit tirer ses privilèges.

      Il serait temps de substituer aux prélèvements des charges sociales sur les salaires une taxe sociale assise sur le chiffre d’affaire et/ou les encaissements et fonctionnant comme la TVA actuelle.

      Cette opération ne changerait rien pour le consommateur, seule l’assiette des prélèvements changerait.

      Une telle méthode diminuerait sensiblement le cout des produits artisanaux et celui des prestations de services.

      Elle permettrait de taxer tous les produits sans exception, qu’elle que soit la nature et la provenance.

      Elle aurait comme intérêt accessoire de considérablement simplifier les procédures administratives auxquelles sont astreintes les entreprises et de diminuer le coût de recouvrement des cotisations sociales ; ( L’URSSAF serait remplacée par le percepteur au même tittre que la TVA )

      La CSG qui consite à prélever de impôts sur des salaires ayants déja supportés des prélèvement de charges et d’impôts est une fausse piste autant qu’un tour de passe-passe.

      9.07 à 10h55 - Répondre - Alerter
  • Marcelin : sociologie !!

    M. Pierru nous dit :"La question qui se pose maintenant est : faut-il que cette augmentation soit assumée par tous et par l’impôt ou que chacun se débrouille de son côté ?"

    Il part du principe que les gens ne consomment des soins qu’en cas de besoin réel !!! mais en tant que sociologue, il devrait savoir qu’il y a beaucoup de facteurs autres que le besoin réel qui fait consommer des soins, et des visites chez le généraliste et le spécialiste et des hospitalisations... et j’en passe et des meilleures... l’inflation des soins est un problème de société !!
    et il ne parle pas en tant que sociologue de l’influence de la gratuité sur les abus et le gaspillage.. et ces généralistes payés à l’acte, bien sûr qu’ils ont intérêt à multiplier les actes, en nombre mais pas en durée !!
    Le discours de M. Pierru me paraît très réducteur par rapport à la situation réelle, pourtant en spécialiste de la sociologie, il a sans doute plus de données d’arguments et d’éléments d’analyse que moi pour expliquer les questions que je suggère.
    et quand au 27 Milliards , il dit que c’est rien !!! à partir de la, il n’y a plus de limite, même quand les bornes sont dépassées...
    merci beaucoup, Marcelin (un observateur de base !!!)

    5.07 à 23h49 - Répondre - Alerter
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