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28-05-2009

Livre. Les pourritures terrestres

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« Vive la malbouffe ! », de Christophe Labbé, Jean-Luc Porquet, Olivia Recasens et Wozniak
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On peut choisir de ne pas lire ce livre. C’est d’ailleurs un conseil d’ami à tous ceux que Dame Nature a affublés d’un tempérament inquiet ou qui développent des tendances, même superficielles, à la paranoïa. Car Vive la malbouffe ! est vertigineux, terrifiant, abasourdissant. Impossible, après l’avoir refermé, de s’attabler sans se voir en Louis de Funès dans l’Aile ou la cuisse, forcé d’engloutir les ragougnasses de l’usine Tricatel gorgées de substances chimiques aux noms barbares.

Impossible aussi de continuer à avoir foi dans les « vertus nutritives » de quoi que ce soit. Cinq fruits et légumes par jour ? Sympa, mais la moitié d’entre eux sont inondés de pesticides. Le poisson, qui rend intelligent ? Soit, sauf quand on réalise que ceux qui atterrissent dans nos assiettes sont blindés de mercure, de PCB (substances ultranocives, interdites depuis des décennies), de Prozac (!) et de canthaxantine (qui donne son teint orangé au saumon, mais attaque la rétine).

Et le vin rouge, bon pour les artères ? Sans doute, mais on y trouve des doses de pesticides 5 800 fois plus élevées que celles autorisées dans l’eau du robinet ! Pour ne pas couper définitivement l’appétit du lecteur, on évoquera, uniquement pour la rime, le porc à la salmonelle, les chips bourrées de sel et le poulet à l’eau de javel. Le tout est enrobé dans un ton rigolard très Canard enchaîné (deux des quatre auteurs s’y fourvoient) qui traiterait la guerre mondiale en promenade de santé, mais qui, d’une certaine manière, accroît encore plus le malaise chez le lecteur.

Mayo à l’huile de vidange

Le premier mouvement, naturel, quand on découvre l’ampleur de la catastrophe, est la fausse indifférence : « Bouh ! A écouter les Cassandres, on ne peut plus rien manger ni boire. Alors, à quoi bon s’inquiéter ? » Et puis, on réfléchit et on se voit mal donner plus longtemps à ses enfants des frites farcies d’acrylamide (une saleté cancérigène issue de l’amidon chauffé à haute température), de la mayonnaise à l’huile de vidange (si, ça existe !) ou du surimi idiot qui décime les stocks de merlan bleu. Seuls nos enfants nous rendent un peu raisonnables et nous font admettre que cela vaut la peine de prolonger l’existence de la planète.

Alors, OK, on reprend son souffle et on décide d’aller voir d’un peu plus près ce qui passe quotidiennement dans notre estomac, pour commencer à rectifier le tir. Première étape : lire Vive la malbouffe !. Après deux ou trois nuits de cauchemars, on chausse ses lunettes et on regarde les étiquettes, et pas seulement de prix. C’est la prise de conscience qui commence.  Arnaud Gonzague

Vive la malbouffe !, de Christophe Labbé, Jean-Luc Porquet, Olivia Recasens et Wozniak ; Hoëbeke (2009), 192 p., 19 euros.

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