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10-12-2013
Mots clés
France

Changement climatique : La France et l’Europe stagnent. Qui fait mieux ?

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Changement climatique : La France et l'Europe stagnent. Qui fait mieux ?
(Crédit photo : Jeanne Menjoulet - flickr)
 
Alors que le Mexique et le Kenya ont rédigé des plans de lutte contre le réchauffement, les Européens sont champions de l'inertie. Tour du monde des législateurs qui avancent à petits pas, ou à grandes enjambées.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Un soldat tout seul ne fait pas la guerre. A quoi bon redoubler d’efforts pour lutter contre le réchauffement climatique si le reste du monde ne lève pas le petit doigt. Bien rodée, l’excuse ne résiste pas aux études du Globe international, une organisation mondiale de législateurs préoccupés par la fonte des glaciers. Chaque année depuis 2010, ces parlementaires passent en revue les arsenaux législatifs mis en place par une trentaine de pays. La semaine dernière, ils ont présenté la dernière mouture de leurs travaux en France, devant la commission du développement durable de l’Assemblée nationale. Le texte répertorie les progrès réalisés en 2012 par 33 pays, figurant pour la plupart dans le top 50 des pays émetteurs de gaz à effet de serre. Première surprise : au niveau national, les initiatives « contrastent avec l’absence de progrès dans les négociations internationales », estime John Gummer, le président de l’organisation. Deuxième surprise, les plus offensifs ne sont plus les pays les plus développés. Terra eco passe en revue les nouvelles recrues.

  • Les pays qui accélèrent ...

Ce sont les pays émergents ou en développement. Ils représentent 14 des 17 Etats qui ont adopté des législations importantes en 2012. Le Salvador, le Pakistan, le Mexique, le Kenya ont tous rédigé, et pour certains voté, leurs premiers plans nationaux de lutte contre le réchauffement. D’autres ont choisi leur angle d’attaque : le développement de la géothermie pour l’Indonésie, le raccordement des énergies renouvelables au réseau pour le Chili, l’inscription de la taxe carbone dans le budget 2013 pour l’Afrique du Sud. Le Bangladesh, pays le plus vulnérable face à la montée des eaux, a créé et finance depuis août dernier une autorité indépendante dédiée aux énergies renouvelables. Et sur le podium des bons élèves, c’est encore un pays du Sud, le Mexique, qui se fait remarquer. Avec un objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici à 2020, ses ambitions dépassent celles de l’Union européenne.

  • Ceux qui avancent à petits pas ..

On trouve là les pays émergents qui peinent à combiner croissance économique et volontarisme écologique. C’est le cas de la Chine. Après un bond en avant en 2011 caractérisé par l’adoption d’objectifs chiffrés – arriver à 11,4% d’énergies non fossiles dans la consommation d’énergie primaire du pays et viser une augmentation de 21,6 % de l’étendue des forêts à l’horizon 2015 – les législateurs chinois marquent le pas. Une loi nationale sur le changement climatique est censée être à l’étude mais elle ne devrait pas entrer en vigueur avant 2015. A l’inverse, le Brésil peut se prévaloir de son nouveau code forestier. Adopté après des débats houleux, le texte doit contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 38,9% à l’horizon 2020 mais est jugé contre-productif car moins rigoureux que le précédent. Du côté des pays développés, les législateurs de l’Union européenne, pourtant forts de 27 textes sur la question, ne sont pas parvenus à fixer un objectif à 30% de réduction des GES pour 2020. L’adoption d’une directive sur l’efficacité énergétique leur permet de sauver la face. Quant aux Etats-Unis, à défaut de pouvoir faire adopter une loi sur le climat, l’administration Obama utilise un texte sur la qualité de l’air, le Clean air act, pour s’en prendre indirectement aux gaz à effet de serre.

  • Ceux qui stagnent ...

Les Européens, pris séparément. En pointe sur l’élaboration de plans nationaux de lutte contre le réchauffement dès le début des années 2000, puis très actifs dans la foulée du sommet de Copenhague de 2009, ils sont désormais champions de l’inertie. En 2012, que ce soit au Royaume-Uni, en Pologne, en Allemagne, en France ou en Italie, rien n’a bougé. En Italie, le plan d’action pour le climat le plus récent remonte à 2007 tandis qu’en France, le dernier fait marquant reste le Grenelle de l’environnement. Cet essoufflement ne s’explique pas seulement par l’avance prise par les européens. Les auteurs du rapport y voient aussi un symptôme de la crise de la zone euro : « Certains ont repoussé leurs investissements de long terme, préférant des mesures moins coûteuses qui stimulent la croissance sans augmenter les prix de l’énergie », écrivent-ils.

  • Ceux qui reculent...

Des pays développés toujours. Le Canada, qui figure pourtant dans le Top 10 des pays émetteurs, est sorti du protocole de Kyoto en 2012 et n’a pas de législation fédérale sur le réchauffement climatique. Il est le seul a être clairement identifié par Globe International comme un pays en régression. L’Australie et le Japon s’apprêtent à le rejoindre. Ces deux pays ont beau figurer dans les pays en progrès pour l’année 2012, leur bonne appréciation ne résistera pas à l’examen de 2013. A peine arrivé au pouvoir, le gouvernement conservateur australien a abrogé, le mois dernier, les outils de lutte contre le réchauffement mis en place par ses prédécesseurs. Contraint de lever le pied sur le nucléaire, le Japon a lui aussi rétropédalé. Censé réduire de 25% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’année 1990, il a abandonné cet objectif se fixant pour seule limite une hausse de 3%.

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  • Les USA sont les champions du monde de la réduction des émissions de CO2, grâce au développement du gaz de schiste qui fait reculer le charbon. Et il ne s’agit pas de promesses vides, d’un projet pour telle ou telle date, mais de réalité concrète, aujourd’hui. Dommage que cet article fasse l’impasse sur ce fait essentiel.

    4.01 à 22h45 - Répondre - Alerter
  • Les USA sont les champions du monde de la réduction des émissions de CO2, grâce au développement du gaz de schiste qui fait reculer le charbon. Et il ne s’agit pas d’un plan, d’un projet pour telle ou telle date, mais de réalité concrète, aujourd’hui. Dommage que cet article fasse l’impasse sur ce fait essentiel.

    4.01 à 22h44 - Répondre - Alerter
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