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1-07-2013
Mots clés
Energies
France

Fin de l’éclairage nocturne : noir, c’est (vraiment) noir ?

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Fin de l'éclairage nocturne : noir, c'est (vraiment) noir ?
(Crédit photo : Rémi Jouan - Wikimedia commons )
 
Ce 1er juillet est entré en vigueur l'arrêté relatif à l'éclairage nocturne des bâtiments non-résidentiels : de 1 à 7 heures, il fera désormais nuit. Au menu : économies d'énergie et réduction des nuisances.
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Et l’obscurité fut. Dans la nuit de dimanche à lundi, vitrines de magasins, bureaux et façades de bâtiments se sont retrouvés toutes loupiotes éteintes. Panne générale d’électricité ? Lancement d’un nouveau concept : après la nuit blanche, lancement de la nuit noire ? Presque.

Ce 1er juillet est entré en vigueur un arrêté du 25 janvier dernier relatif à l’éclairage nocturne des bâtiments non-résidentiels. Objectifs ? Réaliser des économies et réduire les nuisances. En rendant obligatoire une extinction déjà pratiquée dans de nombreux centres-villes, le ministère de l’Ecologie met en œuvre des recommandations issues du Grenelle de l’environnement. Il espère ainsi épargner l’équivalent de la consommation annuelle de 750 000 ménages (2TWH), 250 000 tonnes de CO2 et 200 000 euros.

« Appuyer sur un bouton »

« Appuyer sur un bouton en quittant son bureau n’est quand même pas une chose incroyable à réaliser », indique Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement (FNE). Selon lui, il s’agit de « mesures de bon sens qui ont déjà commencé à être mises en place en 2010 avec les restrictions sur les enseignes lumineuses » (voir article 36 de la loi de 2010 portant engagement sur l’environnement).

Un pas supplémentaire est donc franchi vers la rationalisation de la consommation d’électricité. Pourtant, l’arrêté prévoit quelques dérogations à la règle : les veilles de jours chômés, la période de Noël, les événements locaux… 41 communes – dont Paris, Marseille, Lyon – auront même, n’importe quand, la possibilité de faire feu de tout bois pour illuminer les mirettes des visiteurs. En effet, certains quartiers de ces villes « dans les zones touristiques d’affluence exceptionnelle ou d’animation culturelle permanente » pourront rester éveillés. Une exception que Benoît Hartmann ne voit pas d’un mauvais œil : « L’idée n’est pas de plonger dans le noir l’ensemble des villes. C’est d’ailleurs encadré pour les lieux de vie nocturne qui peuvent éteindre une heure après la fermeture de leurs locaux. » 

L’Association pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (ANPCEN) a obtenu de la ministre de l’Ecologie Delphine Batho de faire le point dans six mois. Et ce, afin de contrôler la mise en place ou non de l’arrêté. « Nous sommes tout de même favorables à une certaine progressivité », tempère Anne-Marie Ducroux, présidente de l’ANPCEN.

Zones invisibles

La progressivité ? Ce n’est « pas suffisant », selon Lionel Brunet, du syndicat de l’éclairage. Et même si l’arrêté va dans le sens d’une « sobriété intelligente » qu’il appelle de ses vœux, « la mesure ne tient pas compte des zones qui ne sont pas visibles de la rue comme les sanitaires, les parkings ». Du coup, le syndicat a refait les calculs en faisant cas de ces oublis. Selon eux, ce ne sont ainsi pas 2 mais 0,5 TWH qui seraient simplement économisés.

« Le problème, c’est que l’arrêté ne s’intéresse qu’à 10% de la consommation d’énergie alors que 90% de la consommation globale d’électricité se fait de jour ou en dehors du cadre de l’arrêté », ajoute Lionel Brunet qui préconise plutôt le remplacement progressif du « système vétuste » d’électricité français. LED, détecteurs de présence, capteurs d’évolution de luminosité extérieure... « Occupons-nous d’abord de ce qui est simple, ne coûte rien à instaurer et rapporte directement », oppose Anne-Marie Ducroux.

« Qui peut être contre ce type de mesures ? »

Selon Benoît Hartmann, rien d’étonnant à l’insatisfaction du syndicat de l’éclairage : « Mais qui peut être contre ce type de mesures ? Les lobbies : l’union des commerçants et les fabricants d’ampoules ! », ironise-t-il. Et le porte parole de FNE d’apporter un contre-point à l’argument sécuritaire de certains commerçants, comme la présidente de l’ANPCEN Anne-Marie Ducroux : « 80% des vols se font le jour et dans les communes qui pratiquent déjà l’extinction des feux la nuit, la délinquance n’a pas augmenté », appuie Anne-Marie Ducroux . Laisser allumer, c’est « un moyen de faire de la publicité masquée », ironise Benoît Hartmann.

Enfin, si l’objectif premier de cette nouvelle obligation vise à faire des économies d’énergie mais aussi de réduire les factures, il s’agit également de réduire les nuisances. Un aspect essentiel selon Anne-Marie Ducroux : « C’est de la quantité de lumière dont il est question. » Car selon la présidente, l’augmentation de présence lumineuse dans les villes contribue à dérégler l’alternance jour/nuit, essentielle au bon développement du vivant. « La biodiversité est perturbée, le sommeil aussi, la pollution de l’air s’intensifie puisque les arbres dégagent des molécules polluantes à cause de la luminosité », abonde Benoît Hartmann. En clair, pour ses partisans, cet arrêté va permettre de rendre à la nuit son sommeil.

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