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16-02-2004
Mots clés
Marques, Marketing
Société
Monde

Piratage musical : le coupable idéal

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Depuis trois ans, les majors de l'industrie musicale entonnent le même refrain. Si le marché du disque va mal, c'est uniquement la faute à l'internaute, qui télécharge gratuitement ce qu'il avait pris l'habitude d'acheter. Mais cette rengaine fait l'impasse sur d'autres problèmes qui expliquent aussi la chute des ventes de CD.
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Tout condamne le suspect. D’abord le mobile du crime : se procurer très facilement et quasi instantanément des millions de morceaux musicaux gratuitement... mais en toute illégalité. Ensuite, le lieu du larcin : Internet, et plus particulièrement les sites d’échanges de fichiers musicaux numériques (MP3) aux noms aussi improbables que KaZaA, eMule ou Grokster. Enfin, les preuves du délit : au mois d’octobre, plus de 9,3 millions d’européens se seraient rendus sur le seul système d’échange KaZaA. Pis encore, les chiffre de vente de l’industrie musicale sur l’année 2003 sont en chute de 14,6% en valeur, soit une perte de 2,1 milliards d’euros.

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Cette baisse du marché correspondrait justement à l’explosion des abonnements à Internet haut débit en France, jurent les industriels. "Les fournisseurs d’accès font leurs campagnes de promotion sur le haut débit en sous-entendant que cela permet le téléchargement de musique. Il y a un pillage des œuvres par leur mise à disposition gratuite sous forme de fichiers numériques téléchargeables, souligne Jean-François Dutertre, secrétaire général de l’Adami (Administration des droits des artistes et musiciens interprètes). Cela touche les producteurs mais aussi les artistes avec des répercussions sur leurs revenus ".

La liberté de payer

Après cette présentation des faits, les réquisitions de l’industrie musicale tombent. Le coupable, baptisé "pirate", doit payer. Le plan d’action se décline sur trois axes. En premier lieu, poursuivre les internautes voleurs afin de faire cesser le téléchargement illégal. Ensuite, équiper les CD audio de systèmes anti-copies et promouvoir des systèmes de téléchargement payants, tels que l’iTunes Music Store d’Apple ou la nouvelle version de Napster. Enfin, militer à Bruxelles pour bénéficier d’une baisse de la TVA sur le disque afin de relancer les ventes.

A la poursuite des clients !

Aux Etats-Unis, ces trois demandes ont déjà presque toutes abouti. L’association représentant l’industrie du disque américaine, la RIAA (Recording industry association of America) a décidé de poursuivre en justice les internautes qui téléchargent illégalement. Dernière opération en date : 532 Américains ont été poursuivis à la fin du mois de janvier. En France et Angleterre, de telles opérations pourraient avoir lieu dans les prochains mois. Pourtant, prévient Laurent Colombani, chef de projet de l’équipe Médias du cabinet de conseil en stratégie Booz Allen & Hamilton, "poursuivre ses clients devant les tribunaux n’est pas une bonne opération commerciale. La bataille des majors contre KaZaA est légitime, il s’agit de confiner le marché pirate à un niveau le plus confidentiel possible. Mais attaquer les utilisateurs, c’est plus un effet d’image, ce n’est pas viable à terme. C’est une transition".
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Reproduction interdite

Deuxième axe d’attaque : faire cesser la copie. Les systèmes de protection de contenus sur les CD sont monnaie courante outre-Atlantique. Ils sont apparus l’année dernière en Europe. Une directive européenne, l’EUCD (European union copyright directive), prévoit même de sanctionner de délit de contrefaçon toute personne tentant de contourner ces systèmes anti-copies. Peine encourue : jusqu’à deux ans de prison. Pourtant, en France, la loi Lang de 1985 autorise la copie, limitée à l’usage privé. En contrepartie, producteurs, auteurs-compositeurs et interprètes perçoivent une redevance prélevée sur les supports vierges (CD, DVD, cassettes, baladeurs MP3, etc.).

Une cagnotte de 135 millions d’euros

Cette redevance s’est élevée à 135 millions d’euros en 2002. "L’industrie musicale veut par principe limiter la copie. Ses dirigeants évitent donc de parler de ces sommes. L’explication est simple : la vente de disques physiques rapporte davantage au producteur, alors que l’auteur touche davantage en copie privée. L’industrie a donc intérêt à privilégier la vente des CD et à contrôler, voire à faire interdire, la copie privée", estime Christophe Espern, porte-parole de EUCD, une filiale française de la Free software foundation (FSF)...

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