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29-12-2011
Mots clés
Société
Consommation
France
Monde

Vainqueurs et vaincus du litre de super à 3 euros

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Vainqueurs et vaincus du litre de super à 3 euros
(Crédit photo : quentin bertoux - vu)
 
Producteurs d'agrocarburants et paysans bio d'un côté, grande distribution et citadins de l'autre, que se passerait-il dans un monde au pétrole hors de prix ?
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N°32 - janvier 2012

Fin du pétrole... ça commence maintenant !

Les vainqueurs

  • « Big Oil » Même après le pic pétrolier, les géants de l’or noir continueront à faire de belles affaires pendant longtemps, puisque « ce qui est rare est cher » (à moins que la lutte contre le changement climatique ne les oblige à changer de business…).
  • Les producteurs d’agrocarburants 40% de la récolte de maïs américaine (avant tout OGM) a fini l’an dernier dans les raffineries d’agrocarburants. Et ce n’est sans doute qu’un début.
  • Les marchands de canons Des rapports récents du département américain de la Défense et de l’armée allemande soulignent que la raréfaction du pétrole va accroître le risque de guerres.
  • Les fabricants d’éoliennes, de panneaux solaires et de véhicules hybrides Bien entendu. Sauf que… ces technologies dépendent de l’accès à des métaux rares (gallium, indium ou encore germanium pour les panneaux photovoltaïques, « terres rares » pour les aimants permanents des éoliennes, lithium et cobalt pour les batteries des voitures électriques). Or, leur extraction est vorace en énergie et les réserves sont concentrées dans des pays lointains : Chine, Australie, Afrique du Sud et Chili, notamment.
  • Les paysans bio en circuit court Ils ne suivent pas exactement la même stratégie que les producteurs d’agrocarburants, mais ça marchera aussi, autrement…
  • Les artisans et les commerces de proximité Comme pour leurs cousins agriculteurs, leur succès est garanti. Fini les samedis après-midi au supermarché avec la grosse berline !
  • Les maîtres voiliers Oubliez les avions et les cargos qui dévorent du carburant. Et puis ce serait beau de voir renaître la marine à voile, non ?




Les vaincus

  • La grande distribution Carrefour, Walmart, etc. : les boîtes à chapeaux géantes où nous avons pris l’habitude de tout acheter vont souffrir, c’est sûr, puisque leur modèle économique repose sur le transport à bas coût de leurs marchandises… et de leurs clients.
  • Le tourisme de moyenne et de longue distance Le pic pétrolier fera évidemment très mal au transport aérien. Déjà en 2008, lorsque le baril a frôlé les 150 dollars (115 euros), de nombreuses compagnies aériennes occidentales sont passées tout près du crash. Maintenant que le baril de Brent se maintient – malgré la crise – au-dessus des 100 dollars (77 euros), les plans sociaux et de compression des coûts se multiplient à nouveau, par exemple chez Air France.
  • Les industries délocalisées Depuis un quart de siècle, on délocalise tout et n’importe quoi afin d’aller chercher à l’autre bout de la planète une main-d’œuvre moins chère. Ce phénomène – en partie responsable du chômage de masse en Europe – n’est possible que parce que les transports ne représentent toujours qu’une part infime du coût des produits. Si le prix du pétrole grimpe franchement, adieu sans doute le made in China, et même les fruits hors saison venus du sud de l’Espagne ou de l’Italie dans de jolis camions.
  • Les habitants des villes Et plus particulièrement ceux des mégapoles des pays du Sud… sauf peut-être s’ils ont des poules, font pousser des légumes ou ont « un flingue dans les toilettes [ce qui] est une source de grand réconfort » (1), comme le note l’auteur James Howard Kunstler. Si la population mondiale a pu être multipliée par deux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et si cette population vit désormais en majorité dans les villes, c’est avant tout à cause de l’amélioration extraordinaire des rendements agricoles obtenus grâce au pétrole et à la mécanisation. Si le pétrole se raréfie, chacun devra nécessairement se rapprocher de la terre.

(1) Extrait de The Long Emergency (Grove Press, 2006).

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Chargé de la prospective et du lobbying au Shift Project, think tank de la transition carbone, et blogueur invité du Monde

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  • Il faut étudier le Peak Oil pour comprendre qu’on n’atteindra jamais ces prix. L’économie s’effondre bien avant ça : Le prix du pétrole n’augmente pas, c’est le nombre de pauvres qui augmente.
    Et c’est exactement ce qui se passe depuis 4 ans !!!

    Visitez ce forum pour comprendre : http://www.oleocene.org

    25.08 à 13h47 - Répondre - Alerter
  • Le plus grand obstacle à une transition existentielle, demeure principalement à cause du refus de changer de mentalités et de mode de vie, que ce soient de la part des décideurs politico-économiques, ou de celle de leurs clients/électeurs. Au lieu de réviser leurs responsabilités et leurs empreintes écologiques, ils poursuivent leurs surenchères et n’investissent qu’en pensant à l’abondance des denrées...Le pétrôle était encore 1 denrée "illimitée", il y a 1 siècle. L’on ose évoquer le coût de la main d’oeuvre, sans tenir compte de la dégradation et de l’empoisonnement des sites d’extractions diverses...L’on continue à investir dans l’armement ( que faire des mirages invendus, n’est pas la question...mais acheter des drones, est la réponse, n’est-ce pas ?!), cependant que l’on prévoit plus de centres de détention pour mineurs délinquants, au lieu de développer plus de qualité d’enseignement à portée de toutes les bourses. Les rallyes, formule 1 et autres sports à grand spectacle, concurrencent avec le tout plastique et tout jetable pour satisfaire la gloutonnerie énergivore et la vénalité ! De quelle crise me parlez vous donc ? Certainement pas de celle de votre Conscience que vous continuez à étouffer à qui mieux, mieux, afin de perdurer les illusions à court terme, plutôt qu’à vous corriger pour du long terme !

    10.01 à 09h36 - Répondre - Alerter
  • Hugo78 : Pas si simple !

    D’accord avec Carzounet, le super dépend des taxes, le titre manque de précision, le bon titre ne serait pas plutôt le litre de carburant (moyen) à 3 euros ?

    Ensuite sur certains vainqueurs, laissez moi en douter ?
    Les big Oils ? Sous pression entre les pays producteurs et consommateurs, avec des marchés qui se réduisent...
    Les marchands de cannons : les pays endettés vont faire des coupent claire. Un exemple, nous qui construisons le "meilleur avion du monde", en a t on vraiment besoin de plus de 300 ? Pourquoi 150 ne seraient pas suffisant ?
    Les agro carburants, il faut presque autant d’energie pour les produire que ce qu’ils contiennent. Sans les subventions que les états ne pourront plus financer....
    Idem pour les panneaux solaires ou batteries lithium : energievore.....
    Donc, sauf rupture technologique, c’est perdants !
    D’accord pour pour les autres, agriculture, artisants et commerce de proximité.
    Les cargos à voiles, c’est possible, mais les voiles sont encore loin d’être le système de propulsion principale.

    Et pour les vaincus :
    La grande distribution commence à réinvestir dans les supérettes de proximité, et les galeries marchandes se développent dans ou à proximité des gares, et de moins en moins au milieu de nulle part ! Donc à voir ...
    L’avion, il y aura surement des changement, mais peut être pas de disparition.
    Pour les moyens courriers, les touristes pourront prendre des avions à turbopropulseurs (à hélices), 2 fois plus lents mais 2 fois plus économes, mais en vacances, on a le temps.... Cela favorisera aussi les vacances de longues durées...
    Les industries délocalisées, peut être pour certains produits, mais avec le réchauffement climatiques et la fonte des glaces du pôle nord, les cargos (à propulsion auxiliaires à voiles ?!) venant d’Asie prendront le passage du Nord Ouest l’été et économiseront un tiers du trajet !
    Les habitants des villes ? A voir, les villes ne se créent pas par hazard, elles sont le plus souvent en bord de mer ou bien desservie par voie maritime. Ce n’est pas le cas des grandes banlieues pavillonnaires....

    8.01 à 19h01 - Répondre - Alerter
  • Je ne comprends pas bien le lien entre le texte des conséquences de l’augmentation du prix du pétrole, inéluctable et le prix de l’essence.En effet, ce dernier ne coûte pas 3 euros hors taxe.Ce sont les taxes, plus de 75% qui font ce prix.D’autre part, l’evolution du prix de l’essence en 40 ans a évolué moins vite que le Smic.Ainsi,en 1971, le prix du litre était de 1,21franc/l pour un smic à 3,63francs/heure.Si le pris de l’essence avait suivi le smic, il serait aujourd’hui à 3 euros.

    8.01 à 16h39 - Répondre - Alerter
  • mouais....

    1) le made in spain peut etre, le made in China surement pas, s’il est produit pres des oceans, le cout de transport maritime est, et restera marginal... Et oui... Le transport routier, en revanche c’est une autre histoire

    2) les terres rares et le lithium ne sont pas... rares.... et oui. Il y a un pb de monopole pour le premier liée a du docmatisme economique, les terres rares sont abondantes ... aux us par exemple... mais les exploitations ont ete arretees parceque la maind ’oeuvre coutait plus cher qu’en Chine... Le Lithium est tres abondant, mais les infrastructures permettant l’exploitation ne sont pas encore en place.

    6.01 à 17h17 - Répondre - Alerter
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