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16-07-2015
Mots clés
Emploi
France
Monde

Troque comptable contre webdesigner

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Troque comptable contre webdesigner
(Crédit photo : milosdizajn / fotolia.com)
 
Quand les carnets de commandes sont raplapla, pourquoi ne pas envoyer temporairement les employés – volontaires – d’une boîte dans une autre ? Novateur, le concept se développe en France.

Economie collaborative - « C’est le Meetic des entreprises », lance Samuel Cohen. B2B en-trade et France Barter, les plates-formes de troc de services entre PME qu’il a cofondées en 2010 et 2014, proposent d’échanger la force de travail des salariés d’une société contre celle des employés d’une autre. Un moyen de faire face à une activité faible en période de crise. Ainsi, un cabinet de comptables peut faire créer son site par une entreprise numérique… qui fait expertiser ses comptes en échange. Pour ses projets, Samuel Cohen s’est inspiré d’une tendance forte aux Etats-Unis, pays où il a travaillé en début de carrière. « Là-bas, le “ barter ” – ou troc de services – s’est développé à l’échelle des Etats ou des villes depuis 2008. »

Demande des jeunes générations

Comment ça marche ? Sur les sites, les boîtes se créent un compte, décrivent leurs compétences, leurs offres et leurs besoins. La plateforme les classe et les met en relation grâce à une technique de matching. Pour coller à 100 % au cadre légal, il y a une procédure à respecter : les entreprises doivent remplir des factures classiques, et les échanges se font à somme équivalente ou dans une monnaie virtuelle, le « barter », de manière à ne jamais utiliser d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Samuel Cohen présente la démarche comme une alternative aux Systèmes d’échanges locaux (SEL), parfois accusés d’inciter au travail au noir. Différence de taille avec les SEL, le concept n’est pas gratuit : lors de la transaction, B2B en-trade prend une commission de 5 % à chaque entreprise impliquée. Ces services ont déjà séduit 2 600 adeptes.

« L’objectif de ce genre de services est de rendre plus flexible la masse salariale en fonction de la période de l’année et des carnets de commandes », explique Antonin Léonard, cofondateur de la communauté OuiShare, spécialisée dans l’économie collaborative. Selon lui, « c’est aussi une manière de s’adapter à une demande forte des jeunes générations : celle de ne plus occuper un emploi à plein temps dans la même entreprise ». Des mutations décrites dans le dernier ouvrage de OuiShare, Société collaborative, la fin des hiérarchies.

Coup de main à des associations

Ces jeunes start-upers ne sont pas les premiers à chercher à mieux utiliser la main-d’œuvre. Il existe beaucoup d’autres méthodes censées combattre les rigueurs du contrat de travail, intérim en tête. La rhétorique est libérale, les initiatives, pas toujours. Les SSII (sociétés de services en ingénierie informatique) ont pour habitude d’envoyer des ingénieurs dans des boîtes différentes à chaque mission.

Le « mécénat de compétences » fait des heureux en permettant à des consultants de géants du CAC40 d’aller donner un coup de main à des associations. Plus proche de l’économie de fonctionnalité, Flexojob permet depuis 2013 aux TPE et aux PME de se « prêter des salariés ». Un service toujours d’actualité, mais qui demande des démarches juridiques lourdes. La loi Poisson de 2009 exige une convention personnalisée et signée par les entreprises, un avenant au contrat de travail et une assurance de la volonté des salariés à être « prêtés ». Quel modèle l’emportera donc dans le cœur des PME ?


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