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15-03-2012
Mots clés
Géopolitique
Moyen-Orient

« Tous unis pour la Syrie : Arrêtons un an de massacre »

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« Tous unis pour la Syrie : Arrêtons un an de massacre »
(Photos de balles tirées par l'armée syrienne sur des manifestants à Saraqib, dans le nord du pays, le 9 juin 2011 - DR)
 
Le 15 mars 2011, les Syriens descendaient pour la première fois dans la rue. Un an plus tard, une cinquantaine de personnalités internationales signent une texte pour exhorter le Conseil de sécurité de l'ONU à trouver une solution.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Un an après le début du soulèvement populaire en Syrie, nous sommes attristés de constater que des divisions au sein du Conseil de Sécurité empêchent l’élaboration d’une réponse internationale unifiée et proactive à la crise. L’ultime responsabilité des violences revient à ceux qui ont, en Syrie, commandité, permis ou directement commis ces crimes horribles. Cependant, les divisions au sein de la Communauté Internationale ont donné au gouvernement d’Assad un permis de tuer. Ce permis doit maintenant lui être retiré.

Le recours continu à la force meurtrière par le gouvernement d’Assad à l’encontre de son propre peuple compte parmi les pires cas de violences délibérées contre une population civile que nous connaissions dans l’histoire récente. Rien ne peut justifier de tels agissements. A la vue des bombardements massifs dans les zones civiles et de l’accroissement du nombre de victimes parmi les femmes et les enfants, nous rappelons les conclusions du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies : des crimes contre l’humanité auraient été commis et les responsables de ces crimes devront répondre de leurs actes.

Nous craignons que l’impasse actuelle paralysant la stratégie internationale n’entraîne une augmentation des initiatives, telles que l’armement du régime et de l’opposition, qui risqueraient de prolonger le conflit et les souffrances. Pour débloquer la situation, nous devons voir la Russie travailler à nouveau avec les autres partenaires internationaux. Nous appelons le gouvernement russe à se joindre aux efforts collectifs pour mettre un terme rapidement au conflit et restaurer la paix et la stabilité en Syrie et dans la région. Nous saluons sincèrement la nomination de Mr Annan comme émissaire conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie. La Communauté internationale doit maintenant le soutenir unanimement, avec force pour qu’il puisse développer une étroite relation de travail avec tous les gouvernements, incluant la Russie et la Chine, ainsi que les acteurs non étatiques, afin de dépasser les dissensions paralysantes. Bien que nous comprenions qu’il n’y a pas de sortie facile à cette crise, l’obligation morale de trouver un terrain d’entente pèse sur les membres du Conseil de Sécurité. Ne faisons pas d’erreur. La crédibilité et la position internationale de tout Etat qui resterait inactif face à cette tragédie évitable seraient sévèrement endommagées.

Nous exhortons les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unie à s’unifier et à adopter par consensus une résolution qui doit inclure : 1. Un appel adressé aux autorités syriennes pour qu’elles cessent toutes attaques contre la population, retirent les forces armées et de sécurité des villes et zones habitées, garantissent que les manifestations pacifiques ne soient pas ciblées et relâchent tous les prisonniers politiques et détenus emprisonnés depuis le début de la révolte. Tous les acteurs armés doivent également stopper l’utilisation de la violence. 2. Des pressions sur le gouvernement syrien pour qu’il facilite la mise en oeuvre d’une aide humanitaire d’urgence indépendante et impartiale, proportionnée aux besoins, qu’il permettre l’évacuation des blessés se trouvant dans les zones de violences et qu’il soutienne un accès effectif pour les organisations humanitaires. Une attention toute particulière doit être portée à l’obtention pour ceux qui en ont besoin d’un accès sûr aux hôpitaux civils et à la livraison de matériel médical adéquate, conformément au droit international. A l’occasion de l’anniversaire du soulèvement syrien, nous rendons hommage à la mémoire des milliers de civils qui ont perdu la vie au cours de leur quête pacifique pour un avenir plus juste et prometteur. Aujourd’hui nous incombe la responsabilité d’agir sans délai pour éviter la mort prochaine de milliers d’autres hommes, femmes et enfants.

Veuillez agréer l’expression de nos salutations distinguées,

Andreas van Agt, Ancien Premier Ministre des Pays-Bas

Lyudmila Alexeyeva, Chef du Groupe d’Helsinki de Moscou, Russie

Kwame Anthony Appiah, Ecrivain, Ghana

Hon Lord Paddy Ashdown, Ancien Haut Représentant des Nations-Unies pour la Bosnie-Herzégovine, Royaume-Uni

Lloyd Axworthy, Ancien Ministre Affaires étrangères du Canada

Bertrand Badie, Professeur Sciences-Po Paris, France

Robert Badinter, Ancien Ministre de la Justice, France

Pascal Boniface, Directeur de l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégiques), France

Rony Brauman, Ancien Président de Médecins Sans Frontières, France

Sir Tony Brenton, Ancien Ambassadeur britannique en Russie (2004-8)

Hans van den Broek, Ancien Ministre Affaires étrangères des Pays-Bas ; Commissaire Européen aux Relations Extérieures

Fernando Henrique Cardoso, Ancien Président de la République Fédérative du Brésil

Lt-Gén l’Honorable Roméo Dallaire, Ancien Commandant de la MINUAR, La Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda, Canada

Basil Eastwood, Ancien Ambassadeur britannique en Syrie (1996-2000)

Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix (2003), Iran

Umberto Eco, Ecrivain, Italie

Jan Egeland, Ancien secrétaire général Adjoint des Nations-Unies aux Affaires Humanitaires, Norvège

Ali Fakhro, Président de l’Arab Democracy Foundation, Bahreïn

Leymah Gbowee, Prix Nobel de la Paix (2011), Liberia

Justice Richard Goldstone, Ancien Procureur du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, Canada

David Grossman, Ecrivain, Israël

Jean-Claude Guillebaud, Fondateur de Reporters Sans Frontières, France

Jürgen Habermas, Philosophe, Allemagne

Stéphane Frédéric Hessel, ancien Ambassadeur auprès des Nations-Unies, France

Bianca Jagger, Ambassadrice de bonne volonté du Conseil de l’Europe, Nicaragua

Kamal Jendoubi, Président Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme, Tunisie

Baroness Glenys Kinnock, Ancien Ministre britannique pour l’Afrique et les Nations-Unies

F W de Klerk, Ancien Président d’Afrique du Sud

Zaki Laïdi, Professeur, Sciences-Po Paris, France

Mairead Maguire, Prix Nobel de la Paix (1976), Irlande

Clovis Maksoud, Ancien Ambassadeur de la Ligue Arabe, Liban

Rigoberta Menchú Tum, Prix Nobel de la Paix (1992), Guatemala

Pierre Micheletti, Ancien Président Médecins du Monde, France

David Miliband, Ancien Secrétaire d’ Etat britannique aux Affaires Etrangères

Marwan Muasher, Ancien Premier Ministre adjoint et Ministre des Affaires étrangères de Jordanie

C.S.R. Murthy, Professeur, School of International Studies, Jawaharlal Nehru University, Inde

Ana de Palacio, Ancien Ministre espagnol des Affaires étrangères

Rt Reverend Stephen Platten, Evèque de Wakefield, Royaume-Uni

Hans-Gert Pöttering, Ancien Président du Parlement Européen, Allemagne

Reubens Ricupero, Ancien Secrétaire Général du CNUCED ; Ancien Ministre des Finances du Brésil

Peter Singer, Philosophe, Australie

K.C. Singh, Ancien Secrétaire Indien aux Affaires étrangères

Aleksander Smolar, Président de la Fondation Stefan Batory, Pologne

Pär Stenbäck, Ancien Ministre des Affaires étrangères de Finlande

Richard von Weizsäcker, Ancien Président de la République Fédérale d’Allemagne

Jody Williams, Prix Nobel de la Paix (1997), Etats-Unis

Mokhtar Yahyaoui, Président du Centre Tunisien pour l’Indépendance de la Justice, Tunisie

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  • Vous ne voyez donc pas que les médias passent leur temps à manipuler les opinions pour annexer des pays sans passer pour des monstres.Irak, Afghanistan, Libye maintenant Syrie demain l’Iran et quoi encore ?

    23.03 à 11h31 - Répondre - Alerter
  • Depuis le début de la semaine c’est au Royaume Uni que ça se passe. Nos intellectuels auraient du le savoir et le mentionner. Voici par exemple le lien qui analyse la position particulière du beau père de Assad qui est un chirurgien du coeur très connu.
    C’est aussi au Royaume Uni que les mails de Assad ont été craqué. C’est incomprehensible que cette fuite sensationnelle sur le net (beaucoup plus puissante que celle de wikileaks) ait été systématiquement sous-estimée par la presse qui donne en général a Assad le droit de continuer de tuer et de torturer. Y compris dans le Guardian ici cités ces informations n’ont paru qu’une journée et son soigneusement remisée en arriere page pour ne pas gener la visite du premier ministre Cameron aux USA. La fuite des e-mails d’Assad et de sa femme l’analyse de la torture pratiquée a grande echelle devrait occuper la une de la presse libre jusqu’a ce que ca cesse. La remontée insidieuse de la torture dans les pratiques internationales depuis un an est en train de faire basculer le monde dans une situation d’impuisance .

    17.03 à 06h17 - Répondre - Alerter
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