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22-12-2010
Mots clés
Société
France
Interview

Thierry Paquot

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Thierry Paquot
(Crédit photo : Mat Jacob - Tendance Floue)
 
58 ans. Ce philosophe et urbaniste propose de créer « des maisons des temps ».
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Article publié dans le

N° 21 - janvier 2011

2011 : les 100 qui vont changer le monde

Qu’est-ce qui vous a poussé en 1998 à défendre « L’Art de la sieste » (1) ?

D’abord déculpabiliser le siesteur, parce que tout autour de lui invite à la performance, à l’efficacité, au mépris des temps morts. Puis, redonner à la chronobiologie – l’accord entre son mode de vie et ses propres rythmes biologiques –, sa place essentielle dans la singularité de chacun. Enfin, résister au temps homogène qui nous est imposé par la société, avec ses horaires contraints, ses découpages stricts entre jour et nuit, travail et loisirs. La sieste représente ce dernier moment intime non encore contrôlé. Elle s’apparente à la rêverie, au temps pour rien, au détour, à la vacance, à la paresse. C’est dire si elle est précieuse !

Doit-on inventer de nouveaux rythmes de vie ?

C’est une obligation vitale ! Pour soi d’abord, il est indispensable d’être satisfait de son emploi du temps pour vivre pleinement chacun de ses instants, avec gourmandise. Pour la collectivité, l’harmonisation des temps individuels me paraît cruciale. Pour cela, créons des « Maisons des temps », à l’échelle des agglomérations, qui visent à favoriser la concordance des temps dissemblables, ce qui réduira la facture énergétique et déstressera bien des citadins tendus !

Vous reprenez et développez la notion d’« écologie temporelle ». De quoi s’agit-il ?

Tout être humain est à la fois temporalisé (il a un rythme cardiaque spécifique, une respiration particulière, un certain besoin en sommeil, une attention aux saisons…) et « temporalisateur » (il s’adapte plus ou moins bien aux rythmes collectifs, crée des habitudes temporelles, etc.). Contre la dégradation temporelle – la productivité pour la productivité – génératrice de fatigue nerveuse et les systèmes chronophages – attentes aux guichets, déplacements inutiles, démarches redondantes –, je prône l’écologie temporelle qui associe les rythmes biologiques, sociaux, naturels en privilégiant le toujours mieux au toujours plus ! —

(1) L’Art de la sieste (éditions Zulma, 1998).

Sources de cet article

A paraître en 2011 : Philosophie de l’ennui.

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