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26-05-2010
Mots clés
Consommation
Recyclage, Déchets
Europe

Suremballage : un militaire fait l’appel sur Facebook

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Suremballage : un militaire fait l'appel sur Facebook
(Pascal Vuylsteker/Flickr)
 
Pour s'élever contre les emballages excessifs, un caporal-chef du sud de la France a lancé au début de l'année un groupe sur le réseau social. Quatre mois et 136 000 membres plus tard, il espère réunir 1 million de signatures et soumettre un projet de loi à la Commission européenne.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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L’histoire commence – comme toute bonne histoire – à l’aube de la nouvelle année. Le 1er janvier 2010, Frédéric Crepin, militaire de Montauban, apprend de la bouche de sa télé que toute pétition signée par 1 million de personnes devra être examinée par la Commission européenne. Coup de chance, il n’est pas sourd et 24 heures plus tard, il tient son idée : il va lancer un appel contre le suremballage. « J’avais regardé les sujets abordés sur Facebook. Il y avait des gens qui s’attaquaient aux enseignes lumineuses allumées la nuit mais je me suis dit que ça aurait moins d’impact. D’autres réclamaient une étiquette énergétique modifiée sur l’électroménager mais c’est difficile de s’attaquer aux industriels. Le problème du suremballage me semblait dans l’air du temps et susceptible d’être formulé dans un texte acceptable par la Commission européenne », explique-t-il.

Le 2 janvier, vers midi, à l’heure où d’autres digèrent encore leur réveillon, le caporal-chef Crepin plonge sur son ordinateur. Avant de lancer la pétition, il crée un groupe Facebook. La première semaine, 400 personnes le rallient. « Le 8e jour, c’était un dimanche de pluie, explique, toujours précis, Frédéric Crepin, j’ai demandé aux 400 personnes de relayer l’invitation auprès de leurs propres contacts Facebook. » En 4 heures, le groupe se retrouve avec 800 membres. Et tout s’accélère. En un mois et demi, la page franchit le seuil des 100 000 adeptes. Au détour du succès, un juriste offre ses services pour rédiger la pétition tant attendue.

La question des emballages devait être intégrée au Grenelle…

L’exercice se doit d’être précis. « Pour présenter un projet devant la Commission, il faut faire valoir l’absence de législation ou la violation du droit communautaire sur cette matière », explique Pierre-François Morin, l’avocat spécialisé dans les questions d’environnement qui s’est attelé à la tâche. L’homme commence par définir le suremballage. Soit tout ce qui n’est pas nécessaire « à la protection du produit contenu, à sa conservation, son transport, son stockage, son identification ou l’information du consommateur ». Et appelle à supprimer tout ce superflu en précisant que le « droit de l’Union européenne ne propose pas de critères pour limiter la mise sur le marché des emballages ».

« Il y a bien des conventions tripartites entre les producteurs, les distributeurs et Eco-emballages mais pas de règlement contraignant », opine Sébastien Lapeyre, directeur du Centre national d’information indépendante sur les déchets (Cniid). Mais guère davantage. Pourtant, il y a encore quelques temps, la France semblait bien décidée à intégrer la question des emballages dans son Grenelle. Las, l’ambition a été réduite à peau de chagrin. « Le texte permet seulement d’installer des plateformes de désemballage à la sortie des caisses dans les supermarchés de plus de 2500 m2 », précise Sébastien Lapeyre.

« La pétition peut rester en ligne plusieurs années. La planète sera encore là »

Frédéric Crepin entend bien changer les choses. Le 12 mai, sa pétition a été mise en ligne. En deux semaines, elle a déjà recueilli 10 000 signatures. Certes, on est encore loin du million nécessaire mais le militaire est confiant. Et planche déjà sur l’offensive. Aux membres de chacune des pages Facebook – il y en a désormais neuf, chacune dans une langue spécifique–, il rappellera de diffuser le message, enverra aux médias des communiqués de presse, lancera peut-être une autre pétition pour raviver l’attention. Et si ça traîne ? « Peu importe. La pétition peut rester en ligne plusieurs années. La planète sera encore là pour quelques temps et le suremballage restera un problème. » Et si la démarche échoue, elle pourra au moins servir d’exemple. « C’est important de le faire, comme c’est important d’aller voter, souligne Frédéric Crepin. On a la possibilité de faire cette démarche citoyenne, autant l’utiliser. »

Sources de cet article

- La pétition
- La page Facebook en français
- Le site du Cniid

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Rédactrice en chef à « Terra eco ».

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  • Et 6 ans après même les bananes et les POMMES sont emballer (oui oui, les pommes !) dans du plastique le rayon fruits et légumes de chez aldi fait peur.

    28.04 à 17h00 - Répondre - Alerter
  • S’il y à un point sur lequel en général je milite fortement c’est sur le rassemblement des actions. Hors dans ce cas une fois de plus, je trouve dommage de diviser, de scinder, de morceler... les actions. Je m’explique !

    En janvier 2008 je lançais une pétition visant à faire obtenir une législation contre le Suremballage, cette pétition existe toujours et a été signé par environ 1500 parsonnes réparties sur 42 départements (c’est comparablement peu j’en conviens). Seulement, si je suis alléer camper devant une centre d’enfouissement au mois de janvier, et si j’ai mené ma vie depuis plus de 6 ans pour faire avancer mes objectifs, ce n’est pas pour dire "j’essaie et on vera si ça marche au moins j’aurais éssayé". Non si je fais ça c’est pour atteindre certains objectifs, entre autres celui de regler le problème des déchets à leur source. C’est à dire dès leur conception dans le cas des emballages.

    Je me désole que tous à présent se servent de sujets écologiques pour surfer sur la vague, juste dans le but de faire parler. L’écologie n’est pas de la com mais d’abord des convictions. Il aurait été plus judicieux selon moi de tirer tous dans le même sens que de refuser des partenariats. SImtof, président de l’association Simohé. http://pagesperso-orange.fr/simtof

    9.06 à 16h56 - Répondre - Alerter
  • fred.c : signez !!!

    Ne pas vous fier aux 138.000 membres. C’est le groupe qui a servi à monter le projet depuis le 2 janvier 2010. Le temps de trouver un super webmaster pour monter un site et un avocat pour rédiger la pétition. Tout cela bénévolement, ainsi que des traducteurs. La pétition a été mise en ligne le 12 mai. 12.000 signatures en 18 jours. Pas mal non ? actuellement 9 groupes sont en train de prendre sur facebook, dans les 9 langues déja traduites. Et les gens signent, la progression des groupes et des signatures semblent se correspondre. Nous allons récupérer au passage les 138.000 pour qu’ils signent. Un plus plus de 4 mois pour monter cette pétition. Alors pas de septiscisme, merci. Nous sommes motivés. Reste plus qu’à signer.
    Note : Le groupe anglais devrait avoir beaucoup de succés. 138.000 membres c’était avec un titre francais. Je m’attend à une réussite. SIGNEZ !! ET PARTAGEZ !!

    31.05 à 11h52 - Répondre - Alerter
  • Lisafany : BRAVO !!!!!

    Je suis très touchée par le respect de l’environnement et je vous dis un GRAND BRAVO !!!!!!

    28.05 à 16h02 - Répondre - Alerter
  • a voté ! pfff au moins dix caractères !

    28.05 à 00h10 - Répondre - Alerter
  • Diogene Laerce : Cherchez l’erreur

    Le prix du produit non emballé à t’il baissé ?

    En bonne logique industrielle lorsque l’on supprime un élément dans une chaine de production le côut de production baisse, là, nous avons le prix du carton, le prix du faconnage, le prix de l’impression, le côut du processus d’emballage et bien sur tous les côuts salariaux induits.

    De quoi faire baisser le prix du produit à la vente, non ?

    Devinez à qui profite la Pseudo ECO ?

    Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ; pétitionner oui, mais pas que d’un oeil.

    27.05 à 16h35 - Répondre - Alerter
    • Le prix du produit non-suremballé n’a pas baissé ?

      Ben, c’est comme le remplacement des factures papier par des factures en ligne : j’accepterai le jour où le prestataire fera apparaitre sur ces factures la baisse de coût (pour lui) qu’entraine l’économie de papier, d’impression, de mise sous pli, d’enveloppe, d’affranchissement. Sans compter qu’en outre, généralement, les factures sur internet sont... imprimées en local par leur destinataire, qui dépense donc en plus de l’encre et du papier !

      28.05 à 12h06 - Répondre - Alerter
      • C’est surtout que, la plupart du temps, pour payer en ligne, il faut avoir un prélèvement automatique... voir EDF...Chercher l’erreur ! Pour résilier sans y perdre, bonjour le casse tête...

        29.05 à 15h51 - Répondre - Alerter
    • J’ai personnellement essayé des produits de soin (de qualité très correcte d’ailleurs) qui se vendaient en recharges. Au départ, on pouvait acheter, ou pas, une boîte ou un flacon.
      Le prix des recharges ? Aussi cher, sinon plus, que les produits de soin vendus en pharmacie sous des marques connues, avec suremballage.
      Alors ?

      9.06 à 22h08 - Répondre - Alerter
  • Les chemises pour hommes sont emballées avec de nombreux accessoires qui sont systématiquement jetés à la poubelle, et donc non valorisés. Quel gâchis !

    La jeune marque française Invent Your Planet propose de les recycler grâce à un système exclusif déposé à l’INPI. Une innovation au service de tous.

    Ces chemises sont également en coton biologique et fabriquées localement pour un meilleur respect de l’environnement.

    pour plus d’informations, consultez leur site internet : www.inventyourplanet.com

    27.05 à 13h23 - Répondre - Alerter
  • Édifiante, cette histoire.

    Car, la réalité, c’est bien la pétition signée, c’est elle qui sera (éventuellement) présentée au Parlement européen. Il faut s’engager (ici, donner son nom, son prénom, son adresse e-mail et son pays).
    10.351 signataires à ce jour pour la "Pétition contre le suremballage".

    Par ailleurs, le réseau social, c’est la page facebook ; il suffit (!) d’avoir soi-même une page facebook (d’être adhérent au réseau), même sous un pseudonyme, et de cliquer "j’aime" ou "partager" ou "devenir ami" ou autres suggestions (généralement peu claires, en vérité). On ne peut pas présenter au Parlement européen une liste des membres d’une page facebook !
    Or, ce matin, 136.457 membres de la page "Un million de personnes pour un texte de loi contre le suremballage".

    J’avoue que cet écart me laisse songeur...
    D’autant plus qu’on peut se demander à quoi cela sert d’être "membre" de la page facebook si on ne signe pas la pétition !
    (indépendamment de la question relative à ce que peut représenter le fait d’être un "membre d’une page").

    On nage là, me semble-t-il, en pleine absurdité et totalement dans le non-sens ; peut-être que le concept de "société du spectacle" peut aider à comprendre...

    27.05 à 12h48 - Répondre - Alerter
    • La page facebook ayant 138.000 membres a servi à monter le projet depuis le 2 janvier 2010. actuellement il y a un avocat qui a rédigé la pétition et un webmaster qui a monté un site. la pétition est traduite en 9 langues et d’autres sont en cours. La pétition a été mise en ligne le 12 mai. 12.000 signatures en 18 jours. Pas mal, non ? il est évident que nous ne présentons pas les membres facebook à la commission européenne des pétitions. Et des groupes facebook sont lancés dans les 9 langues (nous allons récupérer au passage les 138.000 membres et bien plus encore)...et les gens signent, ne soyez pas inquiets. Faites suivre, partagez sur facebook, envoyez le lien par mail et parlez en autour de vous. merci...

      31.05 à 11h41 - Répondre - Alerter
    • Quand en janvier 2008 je suis allé campé devant un centre d’enfouissement c’était pour montrer la réalité (et croyez moi être sous une tente le 5 janvier devant une décharge n’a rien de virtuel).
      On peut efectivement se poser des questions sur la valeur d’un réseau social internet, même si comme il l’est dit il a servi à constituer un groupe. La réalité est visible comme tu l’as précisé Toupidek, 10 000 sigatures pour 100 000 membres sur ce groupe, et encore on peut se demander comment vérifier la réalité de ces signatures et des membres. Je me souvient qu’à une époque je disposais de près d’une vingtaine d’adresses mails (j’aurai donc pu facilement signer 20 fois à moi tout seul).

      C’est pour ça que quand j’ai lancé ma pétition je l’ai voulu en version papier (en plus ça fais bosser mon facteur...) et puis ok pour le parlement Européen mais commençons par prendre nos responsabilités de citoyens Français, c’est peut être déjà un bon début que de réclamer une législation chez nous. L’action pourrait être conjointe mais j’ai reçu un coup de fil un jour de ce M. qui m’a dit qu’il avait pas besoin d’éllaborer de partenariat parce qu’il avait mis sur pied une plus grosse action que la mienne, il a cepandant ajouté qu’il ne pouvait pas trop s’exposer car a cause de sa profession. Aujourd’hui ça semble être un motif à communiquer.

      Bref tout ça est bien dommage et ne fais que reflèter l’idée même du suget abordé, quelle valeur pour quels objectifs ?

      Enfin terminons sur une note positive, ça sert au moins au débat et ça me fais des choses à dire aux gens que je rencontre tous les jours dans la vie...

      Ceux qui n’ont pas peur de s’engager pour défendre un intéret commun peuvent m’envoyer une pétition remplie par la poste en plus.

      Salut, Amicalement, Simtof

      31.08 à 18h24 - Répondre - Alerter
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