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Sommes-nous trop nombreux sur la planète ?

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6,7 milliards d’humains aujourd’hui, et peut-être plus de 9 milliards en 2050. La Terre sera-t-elle capable de nous accueillir tous, comment et où ?
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n°7 - octobre 2009

Faut-il arrêter de faire des enfants ?

L’assiette, d’abord. Les projections fournies par l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) montrent l’ampleur du défi. Les besoins en nourriture de l’Asie et de l’Amérique du Sud doubleront d’ici au milieu du siècle. L’Afrique – qui pourrait voir sa population doubler – devra quintupler ses récoltes pour espérer nourrir chacun décemment. La grande majorité des quelque 900 millions de Terriens qui souffrent de malnutrition vivent sur ces trois continents, où les nations autosuffisantes se comptent sur les doigts d’une main. L’agriculture et la déforestation sont déjà responsables de près du tiers des émissions humaines de gaz à effet de serre.

L’énergie ensuite. Le scénario de référence de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit qu’il faudra augmenter la production énergétique planétaire de plus de 50 % d’ici à 2030, et presque doubler la production d’électricité. Sans une transformation radicale de notre manière de fabriquer et de consommer l’énergie – révolution très hypothétique –, l’AIE souligne que l’essentiel de cette croissance sera alimenté par les trois énergies les moins chères, les plus faciles à mettre en œuvre et… les plus polluantes : le pétrole (+ 41 %), le gaz naturel (+ 68 %) et le charbon (+ 103 %). Trois sources, bien entendu, non-renouvelables. Si ce chemin est suivi, l’AIE table sur un doublement des émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie dans moins d’une génération.

Petit rappel : « l’empreinte écologique » des humains excéderait déjà de 30 % la capacité biologique de la Terre à se régénérer. Si toute l’humanité adoptait le mode de vie des pays les plus riches, il faudrait entre 3 et 5 planètes pour subvenir aux besoins de tous. Moi qui me trouvais à l’étroit dans mon deux-pièces... Avec 2,5 milliards d’habitants supplémentaires dans moins de cinquante ans – dont il y a fort à parier que la plupart aspirera bêtement à manger de la viande tous les jours, à prendre l’avion quand ça la chante, à disposer d’une automobile et d’une résidence secondaire –, comment l’état de la planète pourrait-il ne pas empirer ? Peut-être jusqu’à une rupture.

MALTHUS AVAIT-IL RAISON AVANT TOUT LE MONDE ?

Depuis plusieurs décennies, un très grand nombre de spécialistes de l’environnement considèrent la surpopulation comme le danger n° 1. « Vous prenez tous les problèmes que l’humanité pose à la planète aujourd’hui, et vous augmentez leur intensité de 50 %, soit l’équivalent du passage de 6 à 9 milliards d’habitants », résume le Britannique James Lovelock, 90 ans, l’un des pères de l’écologie. Avec beaucoup d’autres, ce monsieur prêche le retour aux thèses d’un autre Britannique, mort au début du XIXe siècle : le révérend Thomas Malthus, qui défendait une politique de sévère contrôle des naissances, pour répondre aux limites des ressources de la Terre. « Je pense que Malthus avait raison, soutient Lovelock aujourd’hui. A l’époque où il écrivait, en 1800, il n’y avait qu’un milliard d’habitants sur Terre. Si on avait suivi ses conseils, on n’aurait pas tous les problèmes auxquels nous devons maintenant faire face. »

Logique déboussolante

James Lovelock dirige l’Optimum Population Trust, un groupe de réflexion qui s’applique à démontrer à quel point nous serions déjà trop nombreux sur le navire. Attention, la démonstration fait froid dans le dos. Si l’on part du constat que l’empreinte écologique de l’humanité est de 30 % trop élevée, alors cela signifie, calculette en main, que la population optimale de la planète se situerait aux alentours de 3,6 milliards d’habitants, CQFD. En fait, plus un pays est riche, plus sa population aurait « intérêt » à être plus faible. Dans les chiffres de cette répartition de population idéale, cela donnerait 659 millions d’habitants pour l’Inde contre un peu plus d’un milliard aujourd’hui, ou 47 millions d’habitants pour les Etats-Unis, soit six fois moins qu’aujourd’hui.

Et la France ? La logique déboussolante de Lovelock – et des démographes anglosaxons de premier plan qui collaborent avec lui – aboutit au chiffre de 20 millions de personnes, trois fois moins que la population actuelle. Oups. Tout s’explique en fait : d’après les calculs d’empreinte écologique, 3 planètes seraient nécessaires si toute l’humanité consommait autant que les Français… Les « mises en garde » de James Lovelock ont des échos en France. Déjà en 1992, dans les colonnes du Nouvel Observateur, notre commandant Cousteau national jugeait qu’il eût été heureux que la population mondiale puisse être ramenée à « 600 ou 700 millions de personnes, d’un coup de baguette magique ». Aujourd’hui, c’est le député vert Yves Cochet qui tient la tête d’affiche parmi les Cassandre qui ont le culot de donner des chiffres.

Aux Etats-Unis, ce rôle est occupé depuis maintenant plusieurs décennies par Lester Brown. Le président du World Watch Institute, 75 ans, estime que la population n’atteindra jamais 9 milliards d’habitants. « Les sytèmes vont commencer à s’effondrer bien avant », lance cette figure mondiale de l’écologie politique, « et peu importe si c’est d’abord à cause de l’eau, du changement climatique, des agrocarburants ou du déclin prochain des réserves de pétrole. Chacun de ces facteurs est capable de précipiter une crise alimentaire globale et durable ».

Point de départ du raisonnement : si le nombre d’humains a doublé depuis 1945 – une croissance sans précédent dans l’histoire –, c’est grâce à la mécanisation de l’agriculture, qui a permis de tripler les récoltes mondiales de céréales. Alors qu’est-ce qui empêchera la population mondiale de prendre le chemin inverse, à coup de famines, d’épidémies et de guerres, si l’eau ou le pétrole commencent à manquer, questionne Lester Brown. Il est difficile de lui dénier un certain crédit. En effet, l’agronome américain fut l’un des organisateurs de la « révolution verte », qui a mis un terme à la plupart des grandes famines endémiques dans les années 1960, grâce à l’introduction des machines agricoles et les engrais chimiques dans les pays du Sud.

Une population mondiale vouée au déclin ? Terrain glissant. Bien entendu, ni Lovelock ni Brown, ni Cochet ni ses alliés de la décroissance n’agitent le spectre de l’holocauste. L’Optimum Population Trust se donne pour but de « sensibiliser le public à la question de la surpopulation ». N’empêche. Ses calculs font le délice des zozos californiens du « transhumanisme », qui appellent à l’avènement d’une race supérieure génétiquement améliorée. Et les fascistes du British National Party en sont également friands. En France, Serge Latouche, l’un des piliers de la décroissance, signait en 2005 une tribune inquiète dans Le Monde diplomatique. Son titre : « Ecofascisme ou écodémocratie, vers un programme politique de la décroissance »…

TOUS CONVERTIS A LA POLITIQUE DE L’ENFANT UNIQUE ?

La politique de « l’enfant unique », lancée par la Chine en 1978, est la plus belle des réussites en matière de contrôle de la natalité. Grâce à elle, Pékin affirme s’être « évité » la naissance de 400 millions d’enfants. Zhang Weiqing, responsable du planning familial chinois, s’en réjouit : « L’objectif d’assurer au peuple chinois une vie relativement confortable n’aurait pas pu être réalisé si nous avions 400 millions de personnes supplémentaires. » Mais à quel prix ? Plusieurs rapports d’ONG ont fait état de campagnes de stérilisations forcées. Et puis la politique de l’enfant unique entraîne un grave effet secondaire : elle pousse des millions de Chinoises à avorter lorsqu’elles sont enceintes d’une fille, car les enfants mâles sont seuls garants de la transmission de l’héritage. Aujourd’hui, la Chine compte 124 naissances de garçons pour 100 bébés filles.

Souvenirs de campagne de stérilisation

A l’opposé, l’Inde, l’autre poids lourd de la démographie mondiale, n’a jamais réussi à maîtriser l’expansion de sa population. Dans la démocratie indienne, l’idée de limiter les naissances et de recourir à la contraception passe mal. L’opinion publique conserve un souvenir effaré des campagnes de stérilisations forcées décrétées par Indira Gandhi à la fin des années 1970. Du coup, la politique de maîtrise de la fécondité prônée par New Delhi est aussi douce qu’inefficace aujourd’hui. Dans les bureaux du planning familial, on se contente souvent d’offrir des fascicules. Un responsable du planning familial de l’Etat du Maharashtra, dans l’ouest du pays, expliquait récemment à la BBC : « Il faut des années de dialogue constant avec une famille pour espérer la convaincre qu’elle a intérêt à recourir à la contraception.  »

La Chine – 1,275 milliard d’habitants – a à peu près stabilisé la croissance de sa population. Les Indiens, eux, devraient être 500 millions de plus en 2050, d’après l’ONU, et atteindre une population supérieure à 1,5 milliard d’habitants. Le démographe Hervé Le Bras, de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, ne brocarde pas New Delhi pour son incapacité à maîtriser les naissances : « En démocratie, en Inde ou en France, les politiques publiques ont un impact très restreint, qu’elles soient anti ou pro-natalistes. A part les Chinois, personne au monde ne choisit de faire ou de ne pas faire d’enfants en fonction de la réglementation en vigueur. »

ET SI LA CROISSANCE DE LA POPULATION RALENTISSAIT D’ELLE-MÊME ?

Les humains font de moins en moins d’enfants. Partout, la fertilité décroît rapidement, plus rapidement que les démographes ne l’avaient prévu. Dans plus de la moitié des pays du monde, on compte aujourd’hui moins de 2 enfants par femme. Le Brésil, l’Indonésie, le Mexique ou encore l’Iran sont passés d’une moyenne supérieure à 5 enfants dans les années 1960 à un peu plus de 2 aujourd’hui. « C’est une surprise, note le démographe Hervé Le Bras, et il est aujourd’hui vraisemblable que la population mondiale se stabilise avant 2050 plutôt autour de 8 milliards d’habitants, et non 9 milliards comme on le prévoit jusqu’ici. » Seule l’Afrique conserve une moyenne de 5 enfants par femme. Mais là aussi, la fertilité est en baisse rapide, et pourrait être inférieure à 3 enfants par femme en 2050, d’après l’ONU.

LES PÉNURIES ACTUELLES SERONT-ELLES LES GUERRES DE DEMAIN ?

Résumons. Les écologistes hurlent que nous sommes déjà trop nombreux. Les démographes répondent qu’on n’y peut rien. Pour les seconds, la population mondiale se stabilisera d’elle-même, mais à un niveau que les premiers estiment totalement insoutenable. Insoutenable, vraiment ? Où sont les preuves ? Existe-t-il aujourd’hui des signes montrant que la croissance de la population heurte la limite des ressources naturelles ? Dans leur vaste majorité, les 2,5 milliards de Terriens supplémentaires attendus pour le milieu de notre siècle seront issus de régions du globe où les réserves en eau et en terre cultivables s’amenuisent déjà de façon inquiétante.

Il y a une génération, en Inde, les paysans du grand Etat agricole du Gujarat se servaient de seaux pour remonter l’eau de leurs puits à quelques mètres sous terre. Aujourd’hui, ils ont recours à des pompes électriques pour aller puiser l’eau à 300 mètres de profondeur. Dans le nord du Gujarat, les nappes phréatiques baissent de 6 mètres par an, parfois plus. Les petits paysans indiens ont installé 21 millions de pompes électriques dans tout le pays, et 1 million de plus seraient mises en service chaque année. « Le phénomène échappe à tout contrôle », prévient Tushaar Shah, directeur du centre d’étude de l’Institut international de management de l’eau. Cet expert indique qu’au moins un quart des terres agricoles indiennes sont irriguées par des réserves souterraines surexploitées qui pourraient se retrouver à sec dans les prochaines décennies. « Dans de nombreuses zones, l’eau récupérable devrait être épuisée dans moins de dix ans, insiste l’hydrologue. Quand on atteindra la limite, une anarchie sans nom se répandra dans l’Inde rurale », prophétise Tushaar Shah.

Dans les plaines céréalières du nord de la Chine, l’agriculture pompe chaque année 30 km3 d’eau souterraine que les pluies ne remplacent pas. Le niveau des nappes phréatiques plonge aussi au Penjab pakistanais, une région qui fournit 90 % de la nourriture à ce pays au bord de la guerre civile, où vivent 140 millions de personnes, et qui est censé abriter 348 millions d’habitants en 2050.

Des prairies devenues désert

Au Nigeria, la surexploitation des terres transforme en désert les prairies et les champs de l’Etat le plus peuplé d’Afrique – 114 millions d’habitants aujourd’hui, 258 millions en 2050 d’après l’ONU. Est-ce un hasard si les tensions entre éleveurs musulmans et cultivateurs chrétiens sont de plus en plus fréquentes et meurtrières ? Le correspondant du New York Times témoigne : « Au cours des dernières années, le désert s’est étendu, les arbres ont été abattus à mesure que les populations d’éleveurs et de cultivateurs grimpaient en flèche. La concurrence pour la terre n’a fait que s’amplifier. »

Autre exemple, effrayant, hautement polémique : le Rwanda, où les massacres interethniques ont fait 800 000 morts en 1994. Lester Brown, le mentor de l’écologie aux Etats-Unis, l’affirme : « Le Rwanda est devenu un cas d’école prouvant comment une pression démographique croissante sur un territoire peut dégénérer en tensions politiques, en conflits, en tragédies. » En appui de sa thèse, le président du World Watch Institute cite un ex-ministre de l’Agriculture rwandais. En 1990, James Gasana déclarait que sans « de profondes transformations de son agriculture, [le Rwanda] sera incapable de nourrir convenablement sa population, compte tenu de son taux de croissance actuel ». En 1950, la population rwandaise s’élevait à 2,4 millions d’habitants. En 1993, elle avait triplé pour atteindre 7,5 millions, faisant du Rwanda le pays le plus densément peuplé d’Afrique. Lester Brown développe : « Dès 1989, presque la moitié des terres cultivées du Rwanda se situaient sur des pentes de 10 à 35 degrés. Des pentes aussi fortes sont universellement considérées comme incultivables. »

Faire de la pression démographique la seule et unique cause de l’un des pires génocides du XXe siècle serait imbécile. Mais comment exclure qu’elle en ait été l’un des ressorts ? Depuis, le conflit du Darfour est venu rappeler quelles atrocités peuvent être commises afin de s’approprier les terres qu’occupe le voisin. Alors comment ne pas redouter que l’expansion de la population mondiale produise de nouveaux Darfour, de nouveaux Rwanda ?

Où IRONT LES HEURES SUPPLÉMENTAIRES ?

Il y a aujourd’hui autant d’urbains que de ruraux sur Terre : 3,35 milliards de personnes, c’est-à-dire plus que la totalité de la population mondiale lorsque le général De Gaulle était élu président de la République. La Terre comptera 2,5 milliards d’êtres humains en plus d’ici à 2050, selon les Nations unies. Et ce sont les villes qui absorberont la TOTALITÉ de l’accroissement... et même plus. Elles pourraient gagner 3,1 milliards d’habitants d’ici à 2050. Dans le même temps, les régions rurales devraient se vider, et compter 600 millions de personnes de moins qu’aujourd’hui. D’après l’ONU, sur 9,2 milliards de Terriens en 2050, 6,4 vivront dans des villes. Urbains, trop urbains. Pour la majorité des nouveaux habitants des villes, en Asie (+ 1,8 milliard), en Afrique (+ 900 millions), et en Amérique latine (+ 200 millions), il y a gros à parier que ces cités soient des bidonvilles. En Chine, 37 % de la population urbaine habite dans des taudis, 55 % en Inde, 84 % au Bangladesh, 73 % au Pakistan, 39 % en Egypte, 79 % au Nigeria, 36 % au Brésil ou encore 68 % au Pérou. Près d’un Mexicain sur cinq habite la ville de Mexico.

Seigneurs des taudis

L’exode rural n’a jamais été aussi intense. Il faudra des centaines de Dickens, de Hugo, de Gorki pour rendre compte d’un phénomène sans commune mesure avec celui qu’a connu l’Europe après la révolution industrielle. Le développement du Caire, en Egypte, avale 30 000 hectares par an. Une superficie équivalente à celle des terres irriguées grâce au barrage d’Assouan. Sur 500 000 personnes qui s’installent chaque année à New Delhi, au moins 400 000 échouent dans un bidonville. Dans une tribune publiée en août par le Telegraph de Calcutta, intitulée : « Proche du point de rupture : l’Inde doit faire face aux dangers de son hyper-population », on peut lire : « Puisque les habitations normales sont devenues inabordables pour les vagues de migrants qui débarquent dans la ville, un nombre énorme de taudis illégaux pousse partout (...) et une nouvelle classe de seigneurs des taudis peut exercer son pouvoir par la peur, l’extorsion et l’intimidation, devenant des pôles de pouvoirs alternatifs, en route pour être les leaders politiques de demain. »

Soutenable ? Au Congo, la mégapole de Kinshasa – 10 millions d’habitants – ne possède pas le moindre système de tout-à-l’égout. Au Kenya, une journaliste de Nairobi décrit ainsi la technique dite des « missiles Scud » : « Les gens mettent leurs déchets dans un sac plastique et les jettent par la fenêtre, sur le toit le plus proche ou dans la rue. » De loin en loin, autour des bidonvilles de New Delhi, de Bombay ou de Bangalore, ville symbole de l’Inde qui « brille » et s’enrichit, les autorités ont eu la prévoyance de construire des toilettes publiques. « Les gens défèquent tout autour des toilettes, parce que les fosses sont bouchées depuis des mois ou des années », raconte l’écrivain Suketu Mehta dans Maximum City.

BLAMER LA DÉMOGRAPHIE GALOPANTE OU LA DÉRAISON POLITIQUE ?

Le monde compterait plus de 200 millions de paysans sans terre. Les travailleurs informels – sans droits, mais pas sans patrons – représentent environ les deux cinquièmes de la population active des pays en voie de développement, d’après un rapport de l’administration des Nations unies chargée du logement. Les auteurs de ce rapport publié en 2003 sous le titre « Le défi des taudis » écrivent : « Au lieu d’être des centres de croissance et de prospérité, les villes sont devenues des décharges où l’on rejette une population excédentaire, travaillant dans des secteurs non qualifiés, non protégés. »

Peut-on extraire de la misère ce sous-prolétariat en pleine expansion grâce au marché mondialisé et à la croissance économique ? Le revenu mondial moyen s’est accru de 3,1 % par an entre 2003 et 2007, juste avant la crise. Un rythme sans précédent dans l’histoire. A Luanda, capitale de l’Angola (croissance économique de 16 % en 2008 grâce aux revenus du pétrole et une population qui pourrait tripler d’ici à 2050), les habitants les plus chanceux du bidonville de Boavista habitent les baraques du sommet, juste en dessous de la corniche du Miramar. Deux reporters européens, Serge Enderlin et Serge Michel, racontent pourquoi : « C’est parce que les ambassades alignées là-haut leur déversent chaque nuit leurs poubelles sur la tête, dans lesquelles il y a de quoi manger et récupérer. » 

Photos : Stringer Japan / Reuters ; Nina Berman - Redux-Rea ; Martin Alder - Panos-Rea ; Andrew McConnell - Panos-Rea


LA CONTRACEPTION TRÈS EFFICACE CONTRE LE CO2

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il serait 4 à 5 fois plus efficace d’investir dans le planning familial plutôt que dans les technologies peu émettrices de CO2. Ce résultat surprenant est avancé par l’Optimum Population Trust, un groupe de réflexion anglosaxon qui prétend calculer la population « optimale » de la planète. Selon ce think tank malthusien, réduire d’une tonne les émissions de CO2 coûte 7 dollars si on finance la contraception, contre 24 dollars si on investit dans l’éolien, 51 dollars dans le solaire ou encore 83 dollars dans la séquestration du gaz carbonique. C’est simple hélas, et ça coûte pas cher : moins on est nombreux à émettre, moins on émet… Le rapport a été publié en août par la prestigieuse London School of Economics. Le directeur de l’Optimum Population Trust, Roger Martin, conclut que « la question de la population doit maintenant être intégrée aux négociations du sommet de Copenhague sur le climat en décembre ». Par la voix de son ministre de l’Environnement, l’Inde a répondu immédiatement : pas question !

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Chargé de la prospective et du lobbying au Shift Project, think tank de la transition carbone, et blogueur invité du Monde

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