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20-12-2013
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Cinéma

Notre top 10 des meilleurs films en 2013

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Notre top 10 des meilleurs films en 2013
(Crédit photo : DR)
 
Du féministe « Wadjda » au très poignant « Entrée du personnel », voici une sélection de dix DVD à mettre sous le sapin.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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- « Bestiaire », de Denis Côté, DVD Contre-Allée

Dans un zoo canadien, hommes et animaux s’observent au fil des saisons. Hiver : les fauves, oiseaux, cervidés, tournent en rond dans leurs cages. Eté : une file de voitures fait la queue pour un safari entre girafes, zèbres et autruches, dans une savane de pacotille. Bestiaire est un documentaire fascinant, quasi muet, qui laisse le champ libre à l’interprétation. On se prend à scruter tout ce qu’il y a d’humain chez la bête et à observer le troupeau de touristes venus chercher le grand frisson devant des lions en cage. Pris dans un jeu de regards entre les hommes et les bêtes, le spectateur n’a d’autre choix que d’interroger la frontière. —


- « Mud », de Jeff Nichols. DVD France Télévisions Distribution

L’Amérique est, par excellence, le continent où la nature, jamais totalement domestiquée, en impose. Filmé sur les rives du Mississippi, Mud est le récit initiatique d’une rencontre entre deux gamins et un homme en fuite, réfugié sur un îlot inhabité. L’homme, qui se fait appeler Mud, attend des nouvelles de la fille qu’il aime depuis l’enfance. Théâtre des espoirs et des déchirements amoureux des personnages, le fleuve, imprévisible, imprime son rythme au film, qui puise dans la tradition américaine des grands romans d’aventure et la renouvelle, à travers le regard sensible d’un adolescent, à l’âge où tout bascule. —


- « Promised Land », de Gus Van Sant. DVD Universal Studios.

Quand Steve Butler, représentant commercial pour une compagnie gazière, débarque, avec sa collègue Sue Thomason, dans un village de Pennsylvanie, aux Etats-Unis, l’affaire semble pliée d’avance. Pour ces petits propriétaires, louer leurs terres pour exploiter des gaz de schiste sera une rédemption. « Je ne vends pas du gaz naturel, je leur vends la seule façon de s’en sortir », se justifie Steve. C’est sans compter sur l’intervention de Frank Yates, professeur de sciences respecté, qui expose les enjeux de la fracturation hydraulique et invite au débat public. Autre grain de sable, l’arrivée impromptue d’un jeune activiste environnemental, justicier solitaire qui saisit le micro, un soir au bar du village, pour livrer une plainte rageuse sur les ravages du forage dans sa ferme. Le doute s’installe.

Promised Land, coécrit par Matt Damon, qui joue également le rôle principal du film, s’attaque au sujet brûlant de l’exploitation des gaz de schiste, mais ne se veut pas clairement politique. Dans ce portrait d’un vendeur paumé, on peut lire une métaphore de l’Amérique en crise, raconte le réalisateur, Gus Van Sant.

Retrouvez ici l’interview de Gus Van Sant


- « Jean de la Lune », de Stephan Schesch, 1 DVD France Télévisions

Adapté d’un conte du dessinateur Tomi Ungerer, capable de passer avec le même brio du dessin érotique aux histoires pour enfants, Jean de la Lune est un magnifique dessin animé, fidèle à l’esprit de son auteur, humaniste et facétieux. Coincé dans l’espace, un petit bonhomme s’accroche à une comète pour découvrir la Terre. Le foisonnement du monde le fascine : fleurs, animaux, humains, pas toujours gentils. Conte qui ne prend pas les enfants pour des imbéciles, Jean de la Lune s’attaque, l’air de rien, à des questions essentielles : Qu’est-ce qu’un ami ? Qu’est-ce que la confiance ? De la philo lunaire pour faire réfléchir les adultes et enchanter les enfants. —


- « Entrée du personnel », de Manuela Frésil, DVD Shellac Sud

Il a fallu sept ans à Manuela Frésil pour tourner ce documentaire dans les grands abattoirs industriels de l’Ouest de la France. Sept ans de négociations et de patience pour que les portes s’ouvrent. La réalisatrice a voulu filmer et recueillir les témoignages à découvert. Mais pour protéger les cadres qui l’ont laissée entrer et les ouvriers qui parlent, elle a choisi de mettre en avant des personnages, dont le témoignage – récité par des acteurs – est façonné par le montage de propos recueillis auprès de dizaines de salariés. Toutes les phrases prononcées l’ont été, mais pas toutes par la même personne. Manuela Frésil est monteuse et, sur ce plan, son film est un tour de force. En préservant l’anonymat, elle dresse un tableau glaçant des conditions de travail dans les abattoirs. Aux images brutes des ouvriers sur la chaîne, couverts de combinaisons uniformes, se succèdent des scènes jouées, dans lesquelles ils miment, à la Charlot, le geste de dépeçage qu’ils pratiquent des milliers de fois par jour. Au départ, c’est la chaîne qui fascinait la réalisatrice, le caractère monstrueux de l’usine, où le rendement, pour le porc, par exemple, est de 7 000 bêtes par jour, soit une toutes les quatre secondes et demie. Mais les travailleurs, eux, lui ont plutôt raconté comment le travail usait leurs corps. « Les corps des animaux sont démembrés par la chaîne de production ; celui des hommes aussi. Les ouvriers souffrent de là où l’on coupe les bêtes. Et c’est pour parler de cette violence qu’ils étaient venus me rencontrer », souligne-t-elle, dans sa note d’intention. Les enjeux éthiques soulevés par l’usine à viande n’en sont pas moins présents, portés par l’image qui accompagne le récit des ouvriers, témoignage collectif des temps modernes. —

Retrouvez ici l’interview de la réalisatrice Manuela Frésil : « Je voulais qu’on voie la violence industrielle des abattoirs »


- « Wadjda », de Haifaa Al Mansour, 1 DVD M6 interactions, 20 euros.

Premier film réalisé en Arabie saoudite, Wadjda porte un regard ironique et mordant sur la condition des femmes saoudiennes et la vie quotidienne à Riyad, la capitale. Wadjda, douze ans, a beau être née dans un milieu conservateur, elle ne se résout pas à adopter les manières et la retenue qui siéent aux jeunes filles. Son obsession : à vélo, battre à la course son ami Abdallah, même si la bicyclette est interdite aux femmes. Pour s’en offrir une, Wadjda décide de concourir à un prix de récitation du Coran. Autour de ces petits contournements, le film dépeint avec justesse, parfois drôlerie, le carcan de la société saoudienne et comment quelques insoumises tentent d’y résister. —


- « The Land of Hope », de Sion Sono. DVD HK Vidéo

« C’est un accident industriel majeur, où les installations sont détruites, l’environnement immédiat risque une contamination importante, et les intervenants sur site risquent peut-être leur vie, mais rien de tout cela ne distingue cet accident d’un incendie d’usine chimique ou d’une raffinerie, sauf… ce malaise lié à la présence d’un processus invisible », écrivait l’expert en énergie pronucléaire Jean-Marc Jancovici, dans Le Figaro, en avril 2011, à propos de la catastrophe de Fukushima. Le nucléaire effraie parce qu’on ne le voit pas. Mais pour cette même raison, l’on peut faire abstraction du danger. L’articulation entre la peur et l’oubli, c’est ce qu’explore The Land of Hope, à travers des destins croisés.

L’histoire se déroule après Fukushima, à Nagashima – contraction de Nagasaki, Hiroshima et Fukushima –, victime d’un accident atomique. Un agriculteur, dont la maison se trouve à la frontière de la zone évacuée, décide de rester sur place avec sa femme, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Tous les jours, elle apprend, puis oublie, qu’une centrale a explosé à quelques kilomètres. Parce qu’elle oublie, elle continue à cultiver ses fleurs, à rire, à vivre. On peut lire là la conscience du Japon post-Fukushima : il faut se forcer à oublier pour survivre, parce que le mal est permanent et la peur insupportable. « Votre femme souffre d’une phobie de la radioactivité », diagnostique le médecin à propos d’Izumi, future mère qui, pour protéger son enfant, se promène en combinaison dans une ville non évacuée, où les habitants préfèrent ne pas voir les risques. Ses craintes sont justifiées, mais elles l’empêchent de vivre. Ce mal invisible fait la différence, non parce qu’il est surestimé, au contraire, mais parce qu’il condamne à fuir ou à oublier. —


- « Le Bonheur… Terre promise », de Laurent Hasse, 1 DVD Docks 66.

A plusieurs égards, le projet était risqué. Au creux de l’hiver, Laurent Hasse, jeune réalisateur renversé par une voiture quelques années auparavant, décide de traverser la France à pied, de la frontière espagnole à la mer du Nord. Kilomètre après kilomètre, région après région, il apprivoise son corps en le mettant à l’épreuve de la marche et récolte, par bribes, des propos sur le bonheur. A ceux qui lui ouvrent la porte et l’accueillent, il pose une question abyssale : « Qu’est-ce que c’est, pour vous, le bonheur ? » Ouvriers, paysans, marginaux, moine, banlieusards, personne n’a de réponse toute faite. On doit se recueillir un moment, aller chercher en soi-même avant d’esquisser des pistes. « Se suffire à soi-même », « être ensemble », « avoir des rêves », « regarder par la fenêtre et se ressourcer ».

Les définitions défilent, les paysages hivernaux aussi. Le choix de la saison confère au projet une gravité et une intensité qu’il n’aurait peut-être pas eu au printemps, temps de la renaissance. Si beaucoup disent que le bonheur est intérieur, la force de ce périple est de montrer que ces définitions sont toutes ancrées quelque part. Qu’il s’agisse d’un jeune habitant d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), attaché à sa « favela » au point de vouloir y faire sa vie, ou d’un couple de néoruraux délibérément retiré dans la campagne corrézienne. Dans la Beauce, cette agricultrice, débordée par l’émotion, pleure le temps des fermes familiales. Par la fenêtre, la plaine morne s’étend à perte de vue, et l’on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec sa tristesse. Intérieur, le bonheur est aussi une façon d’habiter le monde et de le modeler, réalise-t-on en traversant le pays de part en part. —


- « Pierre Rabhi, au nom de la terre », de Marie-Dominique Dhelsing. DVD Les Films du Paradoxe

« Je suis parti dans les bois parce que je voulais vivre intentionnellement, me confronter à l’essentiel de la vie et voir si je pouvais apprendre ce qu’elle avait à enseigner pour ne pas découvrir, au moment de mourir, que je n’avais pas vécu », écrit Henry David Thoreau, en 1845, depuis sa cabane au bord de l’étang de Walden, dans le Massachusetts, aux Etats-Unis. Entre le père de la désobéissance civile, qui appelait, en pleine révolution industrielle américaine, à se concentrer sur le « nécessaire de la vie » et Pierre Rabhi, philosophe paysan, qui invite à la « sobriété heureuse », les correspondances sont nombreuses. Ce dernier, né dans le désert algérien en 1938 et élevé par une famille française dans la région parisienne, fut l’un des pionniers, dès 1960, du retour à la terre. Figure poétique et intellectuelle majeure de l’agroécologie, il défriche et ensemence inlassablement des terres arides. Ce docu fait la récolte des fruits produits.

D’abord le Hameau des Buis, un village global en Ardèche, avec une ferme-école et des logements intergénérationnels. Il y a aussi le premier centre de formation à l’agroécologie d’Afrique, à Gorom-Gorom, au Burkina Faso, ou encore les Amanins, une exploitation drômoise qui accueille enfants et adultes lors de vacances éducatives, pour apprendre à concilier économie et agriculture. Tous ces lieux sont habités par la pensée du paysan. Quiconque a entendu Pierre Rabhi en conférence connaît ses bons mots – « Avant de commencer un repas, il faudrait dire ‘‘ bon courage ’’, plutôt que ‘‘ bon appétit ’’ » –, mais le docu donne aussi à entendre la musicalité de ses écrits, avec des extraits lus. Pour lui, cultiver la terre et contempler la nature n’est pas un mantra zen, mais un acte « de légitime résistance » face au désordre du monde. —


- « Himalaya, à hauteur d’homme », de Marianne Chaud. Coffret 3 DVD, Zed productions

Ethnologue, Marianne Chaud observe depuis douze ans la vie des habitants de l’Himalaya, dont elle comprend la langue et partage la vie. Des bergers nomades, des paysannes des villages reculés et un enfant moine du monastère de Phuktal sont les héros de ces trois documentaires qu’elle a tournés seule, à la manière d’un carnet de notes en images. Cette immersion fait la singularité de son regard, à hauteur d’homme. Rien de folklorique ici. Elle parvient à montrer l’absorption de ces gens dans un environnement rude qui a forgé leur identité, mais aussi à recueillir leurs doutes et aspirations. —

Et vous, quels sont vos coups de cœur cette année ? N’hésitez pas à donner votre avis au bas de cet article.

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