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Présence, heures de cours : faut-il demander aux profs de travailler plus ?

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Présence, heures de cours : faut-il demander aux profs de travailler plus ?
(Flickr, Céline Nadeau)
 
Nicolas Sarkozy milite pour augmenter le temps de travail des enseignants, tandis que d'autres comme Eva Joly préfèrent repenser l'organisation des tâches. Que faut-il en penser ? Est-ce une solution pour redresser l'école ?
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C’est un vieux reproche fait aux enseignants français : ils ne travaillent pas assez, ne consacrent pas suffisamment de temps aux élèves. En 2012, la question est revenue sur le tapis de la campagne présidentielle avec l’homme du « travailler plus pour gagner plus », Nicolas Sarkozy. En échange d’une augmentation de salaire de 500 euros, il propose aux enseignants qui le souhaitent de travailler huit heures de plus donc 26 heures.

Aujourd’hui, nos professeurs donnent 18 heures de cours par semaine, une base qui date de 1950. Le calcul est simple : pour assurer ces 18 heures, on estime qu’il en faut autant de préparation et de participation à la vie de l’établissement. Les élus de droite militent depuis longtemps pour favoriser les heures supplémentaires, comme le montre cette émission de « Mots croisés » en 1997. Le libéral Alain Madelin et Claude Allègre, à l’époque ministre de l’Education et pourfendeur de l’absentéisme du personnel éducatif s’opposaient sur un point, aujourd’hui encore au coeur du problème : faut-il augmenter le volume de cours ou de présence ? Ségolène Royal avait aussi fait scandale en 2006, en déclarant dans une table ronde du PS qu’il fallait mettre les profs aux 35 heures, « pour faire du soutien scolaire ». Malaise à l’époque au sein du Parti socialiste, qui n’avait pas retenu la proposition dans le programme de 2007. Pourtant, la répartition entre heures de cours et temps de présence n’était même pas détaillée. Preuve que le sujet est à prendre avec des pincettes.

70% des Français opposés au « travailler plus pour gagner plus »

Mais attention, le contexte aujourd’hui n’est pas le même qu’il y a cinq ans. Le recours aux heures supplémentaires n’est plus une nouveauté. Celui-ci a augmenté de 10% depuis 2008, lit-on dans un rapport du Sénat du 17 novembre dernier. Être présent 26 heures dans l’établissement ? « C’est déjà le cas », témoignent plusieurs professeurs.

Face à la proposition de Nicolas Sarkozy, tous les candidats tirent à boulets plus ou moins rouges. Certains, comme François Bayrou au Modem, lancent des pistes plus modérées. Qu’en disent les Français ? Moins d’un quart approuve le président de la République, selon un sondage CSA/Les Echos publié le 1er mars.

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Les enseignants doivent-ils assurer plus d’heures de cours ? Être plus présents ? Réduire leurs heures de cours et compenser par plus de présence ? Est-ce un moyen de valoriser le métier d’enseignant ? Serait-ce profitable pour les élèves ?  

Voici ce que chacun des candidats propose [1] :  

- Nicolas Sarkozy (UMP)

« Travaillez plus et gagnez plus ». En recyclant son slogan phare de 2007 pour les enseignants, le candidat Nicolas Sarkozy a créé un tollé dans le monde politique et éducatif. « Je propose que tout enseignant qui voudra travailler plus puisse le faire avec 26 heures de présence dans l’établissement au lieu de 18 heures de cours (NDLR : pour un professeur certifié), avec en contrepartie une augmentation de son traitement de 25 %, soit près de 500 euros net par mois », a-t-il déclaré. La proposition reste floue. Il ne dit pas si le temps supplémentaire concernera des heures de cours ou de simple présence dans l’établissement. « L’idée est de passer à 3 heures de cours et 5 heures de temps de présence en plus », a précisé la porte-parole du candidat Nathalie Kosciusco-Morizet dans Dimanche+ le 4 mars. Soit 21 heures de cours. Sachant qu’une heure de cours compte pour deux heures de travail, cela représente 11 heures supplémentaires par semaine. Pour de meilleures conditions de travail, les enseignants auront un bureau à leur disposition au sein de l’établissement scolaire.

- François Hollande (PS)

Très prudent, le candidat du Parti socialiste souhaite ménager le personnel éducatif et ne pas recréer la même polémique que Ségolène Royal (voir plus haut). Il veut réformer le statut et le métier d’enseignant, revoir l’organisation du temps de travail. En tout cas, l’approche serait moins quantitative qu’à l’UMP, si l’on en croit Vincent Peillon dans un entretien à Mediapart : « Ce n’est pas un débat intelligent que de poser tout cela simplement en retranchant ou en additionnant des heures. » Le projet prendrait forme seulement après une vaste négociation avec les syndicats durant l’été 2012.

- François Bayrou (Modem)

Le candidat centriste n’est pas aussi catégorique sur l’augmentation du volume horaire mais sa proposition ressemble à celle de Nicolas Sarkozy : « La définition du temps de travail est légitime. Il peut être réaménagé sur la base du volontariat. On peut faciliter, si on le souhaite, une présence plus importante dans l’établissement par exemple en construisant des bureaux, mais les procès perpétuels contre les enseignants sur le temps de travail doivent cesser. »

- Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)

Sa proposition consiste à « valoriser (financièrement, NDLR) les enseignants motivés, faciliter les heures supplémentaires pour faire du soutien scolaire ». Similaire à l’idée de Nicolas Sarkozy, même si ce n’est pas chiffré.

- Eva Joly (EELV)

La candidate d’Europe Ecologie-Les Verts souhaite repenser l’organisation du temps de travail sur le modèle scandinave, en réduisant le nombre d’élèves par classe et en favorisant le suivi individuel. Elle souhaite que les heures de soutien ou de rencontre avec les parents par exemple soient comptabilisées dans le temps de service. Enfin, Eva Joly veut équiper les professeurs de bureaux et d’ordinateurs personnels.

- Corinne Lepage (Cap21)

Pas de proposition là-dessus mais la deuxième candidate écologiste souhaite soulager les enseignants en confiant des tâches administratives à d’autres membres du personnel.

- Philippe Poutou (NPA)

« Oui aux 35 heures qui seraient réparties entre temps de travail devant élèves et hors présence des élèves », affirme simplement le candidat du Nouveau parti anticapitaliste.

- Marine Le Pen (FN), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Dominique de Villepin (République solidaire) :

Pas de propositions sur le sujet. Tous les quatre donnent la priorité à la fin des non-remplacements d’enseignants et au recrutement pour les deux candidats d’extrême-gauche.

[1] certaines citations ou idées sont issues du livre « Qui va sauver l’école ? 10 questions pour 14 candidats », de Sylvain Grandserre et Emmanuelle Daviet, ESF Editeur dans lequel les candidats à la présidentielle ont exposé leur programme éducatif.

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  • Professeur dans le lycée, je suis outrée quand je vois certains se poser des questions ! Moi, j’aimerai déjà réussir à travailler 39h ! car en réalité, je suis plus dans la fourchette 45-50 h par semaine !!!et malgré 20 ans d’expérience...sans compter que ce temps n’est pas effectué sur place car pas de bureau (ou vont-ils créer les centaines de milliers de bureaux nécessaires ? Donc une intrusion de mon métier dans ma vie familiale (je travaille le soir en rentrant de 18 à 19 h, puis de 21 à 23 h) + les we , et dans mon domicile puisque le bureau est un lieu indispensable et qui prend de la place....
    Alors faire du travail en plus, je trouve le temps à quel moment ? à moins que pour ce faire, on me dispense de préparer mes cours ou de corriger mes copies (environ70 par semaine) ? alors là, si en plus c’est payé , je suis preneuse...mais ne rêvons pas !!!

    12.03 à 18h51 - Répondre - Alerter
  • Je suis d’accord avec echo ginger et je rajoute qu’en tant que professeur de français, avec 21 ans d’expérience en collège, lorsque je fais 18 heures de cours mon temps de travail hebdomadaire est au moins de 50 h et que je travaille aussi pendant les petites vacances scolaires (une semaine sur les deux) pour corriger mes copies et préparer mes cours. Les néo titulaires travaillent encore plus, bien sûr...

    10.03 à 16h23 - Répondre - Alerter
  • Moodle est une plate forme d’enseignement a distance qui est gratuite à l’exception près des frais d’hebergement sur un serveur. Mais si vous transformez votre PC pour en faire un serveur ou bien si vous travaillez dans une institution qui a son propre serveur vous pouvez par votre propre énergie developper un enseignement pas correspondance qui vient en soutien de l’enseignement dit présentiel que vous donnez a vos élèves. C’est ainsi qu’il existe peut-etre 3000 moodle dans les structures d’enseignement publiques et privées en France et que ca fait pas mal de professeurs qui hypocritement sans bruit ont mis en pratique le principe de Nicolas Sarkozy sans le crier trop fort pour ne pas heurter les structures syndicales et hierarchiques qui s’opposent a l’accompagnement informatique. Non seulement ces professeurs augmentent leurs heures sans etre payé puisque le principe le suplement horaire n’a pas été encore adopté mais encore il arrive qu’ils payent eux-même de leur propre poche les frais d’hebergement dans un serveur. On peut imaginer des quantités d’écoles et des quantités de formations professionnelles grace a cette virtualisation de l’enseignement. En general en Europe c’est un mouvement considéré comme faisant parti de l’AGCS c’est a dire l’agrement de liberalisation qui domine l’Europe et a fait hurler la gauche traditionnelle parce qu’il met fin a des services publics comme la poste et l’enseignement,....Pour acquerir le droit de faire a la fois de l’enseignement en presentiel et de l’enseignement a distance et parce que ca a commence a cause de l’ecologie qui n’etait pas reconnue comme une matiere d’enseignement il n’y a qu’un moyen c’est de voter massivement pour EVA.

    9.03 à 19h19 - Répondre - Alerter
  • Comparons avec l’école primaire, en raccourcissant le temps scolaire des élèves ont été dégagées des heures pour l’aide personnalisée. Conséquence directe, le réseau d’aide tend à disparaître, les élèves en difficultés ne sont plus pris en charge par des enseignants spécialisés et une structure qui avait le temps et les moyens d’analyser l’origine des difficultés et ainsi de tenter d’y répondre au mieux. Autre expérience dans écoles des réseaux de réussite scolaire, un enseignant de plus dans l’école pour une co-intervention dans les classes. Là aussi, on a envie d’applaudir. Hélas on constate, dans des écoles qui relèveraient plus de ZEP, des effectifs de classe de 30 élèves ! Donc dans ces projets de plus grande présence des professeurs dans les établissement, non seulement je vois un moyen de faire baisser tous les salaires, mais aussi un moyen de se désengager en matière d’enseignement spécialisé comme les SGPA... Seule Eva Joly présente un projet qui se soucie des élèves.

    7.03 à 19h13 - Répondre - Alerter
  • Je vois dans la plus part des propositions des candidats, un bon moyen de faire la guerre aux salaires comme l’explique Annie Lacroix Riz dans cette conférence http://www.dailymotion.com/video/xl...

    7.03 à 18h43 - Répondre - Alerter
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