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18-07-2013
Mots clés
Politique
Société
France

Ultime débat sur la transition énergétique : l’impossible synthèse

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Ultime débat sur la transition énergétique : l'impossible synthèse
(La centrale nucléaire de Tricastin, dans la Drôme. Crédit photo : jean-louis zimmermann - flickr)
 
Le Medef, FO ou WWF peuvent-ils tomber d'accord sur l'énergie ? Pendant neuf mois, ils ont tenté. Le débat sur la transition énergétique a pris fin ce jeudi, mais les divergences persistent. Récit d'une journée tourmentée.
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La seule chose sur laquelle ils sont tombés d’accord, c’est qu’ils ne sont pas d’accord. Ce jeudi, une dernière réunion sur la transition énergétique devait clore neuf mois de discussion. En jeu : le poids du nucléaire, des énergies fossiles et renouvelables dans le mix énergétique français. Mais aussi la sobriété énergétique et la fiscalité écologique. L’idée ? Faire discuter syndicats, patronat et ONG pour dégager de grandes orientations sur la question énergétique. Le gouvernement s’est engagé à suivre les recommandations qui en découlent pour, à l’automne prochain, élaborer son futur projet de loi de programmation énergétique.

Le Medef joue les trouble-fête

« La transition énergétique doit être une chance écologique et industrielle pour notre pays », claironne Philippe Martin, le ministre de l’Ecologie et du Développement durable à l’ouverture de la séance. L’assemblée opine. Jusque-là tout va bien. Ou presque. Car les 112 participants ont déjà tous en tête le coup de force du Medef. La veille, l’organisation patronale a annoncé qu’elle ne signerait pas un texte, à ses yeux, non consensuel. Dès l’ouverture des auditions, Michel Guilbaud, son directeur général, persiste et signe en rappelant les points de désaccords. « Les objectifs en matière d’énergie renouvelable sont irréalistes », souligne-t-il. La promesse de François Hollande de faire passer la part du nucléaire de 75% à 50% du mix énergétique français à l’horizon 2025 non plus ne lui plaît pas. Philippe Martin vient pourtant de souligner qu’il est « fondamental d’avoir le plus de monde dans la barque ».

En jouant les trouble-fête, le patronat a lancé la tendance. Les syndicats lui emboîtent le pas. Force ouvrière rappelle qu’elle ne veut « être engagée par aucune des recommandations » et la CGT déplore la timidité du texte sur la question des transports. « On est dans le temps de la clôture du débat », se sent obligé de préciser Philippe Martin en quittant temporairement l’assemblée. Dans la salle, ONG, patronat et syndicats ne l’entendent pas de cette oreille. Premier point d’accrochage : le titre du texte. Le mot « recommandations » ne convainc pas. Le Medef préfère parler de synthèse afin qu’on ne s’y trompe pas : les acteurs du débat ne parlent pas d’une seule voix.

Chacun veut rajouter sa note de bas de page

Quelques optimistes tentent tout de même de saluer le chemin parcouru. C’est le cas de la fondation Abbé Pierre qui « se retrouve globalement dans la synthèse ». Matthieu Orphelin, de la fondation Nicolas Hulot, estime pour sa part que « 95% du rapport est consensuel » et exhorte le gouvernement à agir dès maintenant. Pourtant, au fil des interventions, de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) à l’association des maires de France, chacun y va de sa nuance et veut rajouter sa note de page. Alors la liste des désaccords s’allonge. « Il va falloir qu’on trouve une méthode pour recueillir les dissensus », lâche Laurence Tubiana, la facilitatrice du débat.

Laurence Tubiana, c’est la madame Courage de la journée. Après la pause déjeuner elle revient prête à en découdre point par point. Derrière elle, le titre du texte a changé sur l’écran. On parle désormais de synthèse et les 15 recommandations sont devenues « enjeux ». Auront-ils le même poids devant le gouvernement ? Philippe Martin de retour dans la salle ne commente pas. Le contenu du texte, lui, devient plus timoré – « Certains pensent que... d’autres non ». Sur les énergies renouvelables, la taxe poids lourds, les différences d’ambition sont soulignées.

« Un texte de principe »

Lorsque vient la question de la fiscalité écologique, Dominique Olivier, secrétaire confédéral de la CFDT, perd patience « on est en train de dénaturer le texte ». Mais c’est sur la question du nucléaire que les discussions se font les plus houleuses. « Je souhaite juste qu’on ne rouvre pas tout le débat », soupire Laurence Tubiana. A coup « de notamment » et de « entre autres » la synthèse est lissée. Au final, que reste-t-il de neuf mois de débat ? « Un texte de principe », soupire Morgane Créach, présidente du Réseau action climat.

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  • Déjà l’automobile française souffre parce qu’elle n’a pas pris le tournant des énergies propres assez tôt et de façon assez tranchée, mais ça ne suffit pas aux grands patrons, qui préfèrent rester dans leur conservatisme plutôt que de viser l’avenir. Dommage. Pourtant la Banque Mondiale a bien dit que plus tard on fera la transition, plus elle coûtera cher !
    http://web.worldbank.org/WBSITE/EXT...

    22.07 à 08h30 - Répondre - Alerter
  • Le refus du MEDEF d’accepter des recommandations exprimant un tronc commun de organisations représentatives de la société civile, fait que le débat sur la transition énergétique débouche sur une simple synthèse : évidemment le Parlement et le gouvernement aurait eu plus de mal à suivre des recommandations qu’à prendre en compte une synthèse laissant davantage d’arbitrages à trancher. De son côté la CFDT qui préconise une politique énergétique alternative depuis les années 1980 aurait évidemment souhaité un texte commun plus fort, comme pouvait le laisser espérer le document "reinventer la croissance" signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC d’une part, le MEDEF, la CGPME et l’UPA d’autre part. Et pourtant la transition énergétique, avec ce qu’elle implique notamment dans les politiques de l’habitat et des transports, est une composante majeure d’une transition écologique exprimant une logique de développement soutenable, socialement équitable et au service de l’emploi.
    Pourtant la société civile est capable de montrer aux politiques le bon cap comme on le voit sur le dossier de la Ligne Nouvelle Montpellier Perpignan oubliée dans les investissements pour la France du premier ministre, où il y a convergence entre les analyses et propositions de la CFDT et de la Coordination Régionale Inter-associative LNMP, en lien avec celles de FERRMED, puissante association européenne pour un corridor européen ferroviaire de Scandinavie et à la Méditerranée Occidentale, pour des propositions de réalisation immédiate d’une ligne ferroviaire polyvalente et interconnectée accordant au moins autant d’importance au fret (214 trains transfrontaliers entre la péninsule ibérique et le reste de l’Europe via l’est de Pyrénées à faire circuler en 2025 pour limiter à 40 % au lieu de 100 % la progression du trafic autoroutier depuis 2005)... Ne laissons pas le MEDEF et le Premier Ministre affaiblir la mise en oeuvre si nécessaire d’un autre type de développement !

    20.07 à 19h08 - Répondre - Alerter
  • Une note de bas de page à ajouter :

    http://energeia.voila.net/nucle/sans_nucleaire_co2.htm

    Car on entend depuis 30 ans que "le nucléaire protègerait du CO2". Poudre aux yeux des camelots de cette industrie.

    18.07 à 21h38 - Répondre - Alerter
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