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23-02-2012
Mots clés
Economie
Brésil
Interview

« Nous avons créé 67 banques communautaires dans les favelas »

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« Nous avons créé 67 banques communautaires dans les favelas »
(Crédit photo : DR)
 
En 1998, João Joaquim de Melo Neto Segundo a lancé le « palmas », une monnaie valable seulement dans un quartier de Fortaleza, dans le nord-est du Brésil. Un succès.
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N°34 - mars 2012

Aux banques, citoyens !

João Joaquim de Melo Neto Segundo dirige la première banque communautaire brésilienne, qui a créé depuis 1998 sa propre monnaie : le palmas. Cette devise est uniquement échangeable au sein d’une favela de 35 000 habitants, dans la ville de Fortaleza. L’établissement a créé une méthodologie qui permet de répliquer l’exemple dans le reste du pays.

Pourquoi les banques communautaires au Brésil ont pris cet essor en quinze ans ?

Dans ce pays, 52 % de la population n’a aucun accès aux services bancaires. Il s’agit là de données du gouverne- ment. Donc, pour la moitié de la population brésilienne, la seule solution est la banque communautaire. Et si vous choisissez une région où vivent environ 50 000 personnes et que vous incitez la production et le commerce locaux, via la possibilité d’échanger des services dans une autre monnaie et de permettre le crédit – même minime – à la production, vous créez les conditions d’une vraie trans- formation sociale, qui va bien plus loin que le rôle d’une simple banque. Il s’agit de créer ce que nous nommons les « produ-acteurs », c’est-à-dire des personnes qui produisent et consomment localement et deviennent ainsi les acteurs d’une nouvelle économie.

Comment ces banques sont-elles prises en compte par l’Etat brésilien ?

Depuis 2009, nous travaillons avec le ministère du Travail pour développer plus efficacement ce réseau de banques. Nous avons réussi à créer 67 banques communautaires qui appartiennent toutes à des quartiers. Mais il faudrait en créer au moins 2 000 pour répondre à la demande. Nous réclamons le vote d’une loi qui réglemente les banques communautaires, car pour l’instant elles n’ont pas un statut qui permet de bénéficier des lignes de crédit de l’Etat.

Est-ce que l’Etat pourrait aller plus vite ?

Bien sûr. Cela s’est déjà fait avec succès. En 2006, nous avons commencé un partenariat avec le Venezuela : des fonctionnaires sont venus découvrir notre travail à Fortaleza ; ils ont compris l’importance de ces structures et ont fait voter une loi rapidement pour réglementer les banques com- munautaires. En à peine deux ans, le Venezuela avait déjà créé 3 600 banques. Au Brésil, il nous a fallu quatorze ans pour en fonder 67 !

La banque communautaire est-elle un levier efficace contre la pauvreté ?

Sans aucun doute. Nous l’avons prouvé à Fortaleza et nous continuons de le faire. C’est une idée simple qui répond à un besoin vital pour les populations pauvres. Et de fait, une banque communautaire stimule une énergie créatrice, surtout chez ceux que l’on pensait perdus.

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