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Négociations sur le climat : des raisons d’espérer ?

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Négociations sur le climat : des raisons d'espérer ?
(Crédit photo : Miguel Tovar - AP - Sipa)
 
Un an après l’échec de la conférence internationale de Copenhague, les Nations unies se retrouvent sous le soleil mexicain. Ambiance glacée autour des objectifs chiffrés de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.
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N° 20 - décembre 2010

Homme-femme : qui est le plus écolo ?

« COP16 à Cancún » : ça ressemble à un titre de James Bond, non ?

La rencontre devait avoir lieu à Mexico en juillet. Mais les autorités mexicaines ont décidé de déménager le sommet dans la célèbre station balnéaire du sud-est du pays pour des raisons de logistique. Lieux des réjouissances : le Centre des congrès et le Moon Palace, un complexe hôtelier en bord de mer. C’est donc Cancún qui accueillera, du 29 novembre au 10 décembre, la 16e Conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). L’enjeu est le même qu’à Copenhague : fixer les règles de l’après-Kyoto. Entré en vigueur en 2005, le traité arrive en effet à échéance le 31 décembre 2012. A Cancún, ministres et officiels vont donc plancher sur les bases d’un nouvel accord, couvrant la période 2013-2020.

Mais qui va débarquer sur la plage des négociations ?

On prend les mêmes qu’à Copenhague et on recommence. Sont donc attendues les délégations des 194 pays membres de la CCNUCC. Mais conduites par les ministres de l’Environnement, cette fois. Un gage de sérénité, selon Sylvain Blavier, du Réseau Action Climat (RAC) : « A Copenhague, on a attendu les chefs d’Etat et de gouvernement comme des messies et personne n’a pris la responsabilité de défaire le sac de nœuds qu’étaient devenues les négociations. » Moins de pression pourrait donc faciliter les débats. La ministre mexicaine des Affaires étrangères, Patricia Espinosa, jouera les maîtresses de cérémonie. Elle sera aidée de la Costaricaine Christiana Figueres, nouvelle secrétaire exécutive de la CCNUCC, qui succède au Néerlandais Yvo de Boer. A la tête de la délégation européenne : Joke Schauvliege, la ministre flamande de l’Environnement.

Qu’ont-ils fait depuis un an et ce « bad trip » à Copenhague ?

La COP15 a douloureusement accouché d’un petit texte de trois pages, négocié en catimini entre les Etats-Unis et un groupe de pays émergents. L’accord politique, sans contrainte juridique, réitère la nécessité de contenir la hausse des températures mondiales sous la barre des deux degrés. Cent quarante pays s’y sont ralliés. Mais on est encore loin du compte. « La volonté politique, qui faisait défaut à Copenhague, n’est toujours pas présente », regrette Karine Gavand, de Greenpeace.

En avril, les négociations multilatérales ont péniblement repris à Bonn. En septembre, les délégués se sont encore retrouvés deux fois en Allemagne, puis une fois en Chine. La présidente d’un des deux principaux groupes de travail a été chargée de préparer un texte qui servira de base aux négociations de Cancún. Elle en a présenté une première version en juin. On y retrouve les principales décisions de l’accord de Copenhague, concernant les objectifs de réduction d’émissions (de 25 % à 40 % d’ici 2020 pour les pays développés, sans précision sur l’année de référence), ainsi que les sommes à débloquer : 21,5 milliards d’euros entre 2010 et 2012 et 72 milliards d’euros entre 2012 et 2020. Depuis, on patine.

Sur le terrain, quelles équipes risquent de s’affronter ?

- Les pays industrialisés

Les Etats-Unis se sont engagés à réduire de 17 % leurs émissions en 2020, par rapport à 2005. Mais cet été, le Sénat américain a reporté sine die l’examen du projet de loi. Le président Barack Obama a les mains liées. « Autant dire que rien ne se passera avant 2012 », déplore Sylvain Blavier, du RAC. L’UE est-elle prête à prendre l’initiative ? L’offre de réduction des émissions de 30 % d’ici à 2020 est toujours conditionnelle. « On ne va pas s’arrêter, mais il faut créer une impulsion et maintenir la pression pour que les autres s’engagent aussi », dit-on à la Commission européenne, où l’on rappelle que Bruxelles s’est engagée à verser 7,2 milliards d’euros sur trois ans aux pays pauvres.

- Les grands pays émergents 

Le Brésil, l’Afrique du Sud, la Chine et l’Inde (le groupe « Basic ») défendent le principe d’une « responsabilité commune mais différenciée ». D’accord pour réduire leurs émissions, mais à condition de bénéficier de transferts financiers et technologiques. Et surtout : pas question de compromettre leur développement.

- Les pays en développement

A Copenhague, le groupe des 43 Etats insulaires – Tuvalu en tête – a enfin réussi à se faire entendre. Mais sans grands résultats. Ces pays réclament toujours que la hausse des températures du globe soit maintenue entre 1 et 1,5 degré. Il en va de leur survie.

Pourquoi ça risque de coincer ?

« On a les mêmes points de blocage qu’à Copenhague », observe Sylvain Angerand, des Amis de la Terre. Un désaccord sur le poids des responsabilités, d’abord. Pays industrialisés – Etats-Unis en tête – et pays émergents s’accusent l’un l’autre et aucun ne semble prêt à céder. On attend donc toujours des promesses de réduction d’émissions qui permettront de tenir l’objectif des deux degrés. Autre impasse : les financements. A Copenhague, les pays développés se sont engagés à fournir 21,5 milliards d’euros aux pays pauvres d’ici à 2012. Ceux-ci craignent un « recyclage » de l’aide au développement et réclament donc que le « Fonds vert » qui doit financer l’adaptation au changement climatique soit établi sous l’égide des Nations unies et non de la Banque mondiale.

Que doit-il se passer à Cancún pour espérer un accord lors de la prochaine conférence en Afrique du Sud ?

Tout le monde semble reconnaître qu’il n’y aura pas d’accord à Cancún. Mais des décisions concrètes sont attendues, par exemple sur la déforestation, les mécanismes de vérification des émissions, le transfert de technologies, les mesures d’adaptation… Pourquoi ne pas découpler les négociations, propose Karine Gavand, de Greenpeace : « Cela empêcherait certains pays de paralyser l’avancée des négociations dans certains domaines qui ne les concernent pas. » Pour les objectifs de réduction des émissions, il faudra patienter. Dans l’entourage de la Commissaire européenne Connie Hedegaard, on assure que « l’important est de ne pas revenir en arrière par rapport à Copenhague ». Et surtout, pour une fois, de parler d’une seule voix. —

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