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28-02-2013
Mots clés
Agriculture
France

Moi, le barde de l’herbe

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Moi, le barde de l'herbe
(Crédit photo : Louise Allavoine pour « Terra eco »)
 
André Pochon, 81 ans, à Saint-Mayeux (Côtes-d’Armor).
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N° 45 - mars 2013

Paysans, la nouvelle idylle

« J’aurais pu être instituteur, mais j’ai voulu être paysan, comme mes parents. Je revois la tête de mon directeur d’école, quand je lui ai annoncé que moi, enfant de l’école publique, je rentrais dans la Jeunesse agricole catholique (JAC) ! “ Mais Dédé, tu vas avec les curés ! ” La JAC a été un mouvement formidable, encadré par des aumôniers progressistes. On a appris à expérimenter collectivement, avec des chercheurs de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique, ndlr). C’est toute une jeunesse qui s’est levée pour amener le progrès dans les campagnes et les sortir de leur état d’infériorité. »

« La JAC a fortement contribué au modèle productiviste, qui a vidé les campagnes, et que j’ai tant combattu par la suite. Mais, par son intermédiaire, l’Inra m’a fait découvrir qu’en nourrissant mes vaches à l’herbe je pouvais en mettre deux fois plus à l’hectare et tripler ma production de lait, tout en travaillant moins. En passant à l’herbe, je suis devenu le plus gros producteur de lait de la commune de Saint-Mayeux, dans les Côtes-d’Armor, alors que j’avais la plus petite ferme ! Puis, j’ai réalisé que mon herbe se portait mieux sans engrais azoté, grâce au trèfle blanc qui s’y développe. Pour la première fois, je suis allé à l’encontre de ce qui était recommandé par l’Inra. Et même celui-ci a admis que ça marchait. Dans les années 1970, l’herbe est passée à la trappe au profit du maïs-fourrage pour nourrir le bétail. J’ai succombé à ce “ progrès ”, avant de comprendre que le système devenait fou : la Bretagne était souvent déclarée sinistrée pour le maïs, mais on nous donnait des super-primes pour continuer ! En 1981, date de parution de mon livre (1), j’étais revenu à mes prairies de trèfle blanc. Et mes résultats étaient toujours incontestables ! »

« Dans les Côtes-d’Armor, où les nitrates et les algues vertes sont un sacré problème, les associations écolos s’appuient sur mon expérience pour montrer que les agriculteurs peuvent polluer moins et changer de méthodes, tout en gagnant de l’argent. A l’avenir, le modèle pourrait changer très vite, à condition que la politique européenne encourage les agriculteurs en répartissant mieux les aides : les supprimer aux céréaliers au profit des éleveurs. Quant aux consommateurs, il leur faut aussi tirer la machine dans le bon sens ! Aujourd’hui, je suis à la retraite, mais on m’invite toujours à exposer ma méthode, en France et à l’étranger. Mais bon, faut que je freine. J’ai quand même 81 ans ! » —

(1) La prairie temporaire à base de trèfle blanc (Cedapa, 1981).

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