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5-07-2012
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Développement Durable
Cinéma
Monde

Les dix films à voir cet été

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Les dix films à voir cet été
(Crédit photo : DR. Extrait de «La Piscine », de Jacques Deray)
 
C’est les vacances. Enfin du temps pour aller voir en salles ou regarder les DVD des films chroniqués chaque mois dans « Terra eco » depuis le début de l'année.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Il fait trop chaud au bord de l’eau ? Le baromètre est, au contraire, en berne ? Pas de panique, vous pouvez respirer. Et choisir de foncer vers votre lecteur de DVD préféré ou dans une salle obscure bien accueillante. Allez, avouez, depuis le début de l’année 2012, vous avez bien manqué quelques premiers films inspirés ou quelques beaux docus chroniqués dans les colonnes de Terra eco ? Voici la séance de rattrapage. Chut, chut, ça commence…

EN SALLES

Des saumons dans le désert, de Lasse Hallström

Comme le laisse présager son titre, ce film est un désastre environnemental. Et c’est précisément pour ça qu’on l’aime. Inspirée d’un best-seller british, l’intrigue situe une bluette sentimentale sur les terres – arides – d’un cheik yéménite passionné de pêche au saumon, sport qu’il pratique dans ses résidences secondaires écossaises. Un jour, l’envie lui prend d’employer ses pétrodollars à l’introduction du poisson rose au Yémen, histoire de faire partager sa passion aux habitants et de transformer une vallée désertique en pays où coulera le lait, le miel et les légumes bios ! Harriet, jolie brune campée par Emily Blunt, chargée des affaires du cheik au Royaume-Uni, fait appel au Pr Jones (Ewan McGregor), scientifique émérite qui s’étouffe devant l’absurdité du projet.

Là-dessus, un attentat en Afghanistan vient gâter les relations diplomatiques entre la Grande-Bretagne et le Moyen-Orient, et la responsable du service de presse du Premier ministre (Kristin Scott Thomas) décide de faire diversion avec cette histoire saumonée. Le Pr Jones doit donc s’y atteler et imagine un scénario de faisabilité à 50 millions de livres, qui implique la création d’un barrage, le transport de 20 000 saumons dans des conteneurs et leur acclimatation. Conclusion : « C’est possible comme envoyer des hommes sur Mars. » Tout cela est follement drôle et s’achève en happy end amoureux sur fond de projet pharaonique, in fine fédérateur, car même le scientifique récalcitrant se convertit. La morale – non exprimée – de cette histoire est que la rationalité scientifique et la faisabilité technique ne sont pas des guides suffisants pour l’action, surtout secondées par des décisions politiques absurdes. L’avantage, ici, c’est qu’on a surtout envie d’en rire. —



La Petite Venise, d’Andrea Segre

Li, jeune Chinoise récemment débarquée en Italie, est trimbalée d’un travail à un autre, au gré des besoins de ses compatriotes mafieux, qui gèrent usines et restaurants. Résignée, elle attend de rembourser sa dette aux passeurs, qui feront venir son fils de 8 ans resté au pays. Un jour, elle est envoyée à Chiogga, petite bourgade de la lagune vénitienne, pour tenir l’Osteria Paradiso, repaire des pêcheurs du coin racheté par la pègre chinoise. Parmi les clients, Bepi, retraité et poète de comptoir, arrivé il y a trente ans de Yougoslavie, se lie peu à peu d’amitié avec cette serveuse qui déchiffre à peine ses vers. Construit entre deux lieux, le bar et la lagune, terrains communs aux deux personnages – l’un y travaille, l’autre s’y ressource, et inversement –, le film analyse finement les mécanismes de cette relation. Avant de devenir cinéaste, Andrea Segre était chercheur en sociologie de la communication. C’est l’angle de ce très beau premier film, où les enjeux de l’immigration s’expriment dans les modulations subtiles d’un dialogue entre deux déracinés. —



Off World, de Matéo Guez

Lucky, adopté par une famille canadienne, retourne à Manille, aux Philippines, pour tenter de renouer avec son passé et découvre qu’il vient de Smokey Mountain, décharge à ciel ouvert de plus de 20 hectares face à la mer, où viennent s’agglutiner dans des conditions atroces des familles de paysans déracinés. Complètement déprimé, se sachant ni d’où il vient, ni où il va, Lucky pleure, se drogue, erre dans ce cloaque, d’où il espère faire jaillir un sens. Ce à quoi il parviendra en retrouvant son frère, homosexuel grimé en femme (le meilleur acteur du film), puis sa mère. Le réalisateur Matéo Guez choisit de se concentrer sur cette quête délirante, tout en glissant des informations sur le prix du kilo de plastique ou les conditions de vie dans ce bidonville. Malheureusement, la réconciliation du héros avec lui-même ne parvient qu’à souligner le gouffre entre ce monde misérable et celui où il s’en retourne, rasséréné. —



EN DVD

Waste Land, De Lucy Walker. 1 DVD, Zylo, 19,90 euros.

Le 1er juin, Jardim Gramacho, la plus vaste décharge d’Amérique latine – 130 hectares et 60 mètres de haut – a été définitivement close (lire aussi ici). Ouverte en 1976 sur une mangrove au bord de la baie de Rio de Janeiro, au Brésil, elle menace de s’écrouler dans la mer. Pendant des années, un ballet de camions a déversé, chaque jour, 700 tonnes de déchets, que les catadores, les chiffonniers de la décharge, triaient. Ils revendaient ensuite les matières premières – plastiques, métaux, papiers – à des intermédiaires. Ils étaient 1 603 à Jardim Gramacho, et certains y ont passé leur vie entière. Waste Land, tourné en 2006, raconte le projet sur place de Vik Muniz, artiste brésilien installé à New York, aux Etats-Unis.

Connu pour ses œuvres réalisées à partir de matières organiques (sucre, ketchup, confiture…), il décide d’explorer la fin du cycle de vie des matériaux et, pendant un an, investit Jardim Gramacho. Le documentaire retrace toute l’aventure, depuis la rencontre de Vik Muniz avec les catadores dont il tire le portrait (pour reproduire ensuite leurs traits à partir de déchets !) jusqu’à la salle des ventes, où l’un d’entre eux est adjugé plusieurs milliers de dollars, reversés au modèle. Ce recyclage artistique est un geste à la fois humanitaire et militant. Tel un alchimiste, l’artiste métamorphose la boue en or, sur une terre lunaire et stérile où tout le monde est en survie. Au-delà du projet artistique, le documentaire narre l’histoire des catadores présents dans les œuvres de Muniz : le jeune militant syndical, lecteur des livres de Machiavel qu’il a trouvés parmi les déchets, la cuisinière qui nourrit les travailleurs grâce aux ordures, la jeune femme coquette qui préfère la décharge à la prostitution… Autant de résistants en milieu hostile. —



Take Shelter, de Jeff Nichols.

Après la bombe atomique dans les années 1950, la catastrophe naturelle est devenue un motif cinématographique de fin du monde. Mais ici, la tempête est intérieure. Curtis LaForche, père de famille aimant, est peu à peu envahi par les visions obsédantes d’une tornade dévastatrice. Les oiseaux tombent du ciel et la pluie, poisseuse, a la couleur du pétrole. Terrorisé, il se lance dans la construction d’un abri souterrain pour protéger les siens. Magnifiquement interprété, ce film pousse la résistance de nos (infra)structures, mentales et matérielles, à leurs limites.



La Colline aux coquelicots, de Goro Miyazaki. 1 DVD, Disney, 19,99 euros.

S’il a d’abord étudié la sylviculture pour sortir du sillon familial, Goro Miyazaki, fils du maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki, signe finalement ici son second film, d’après un scénario de son père. Dans le Japon des années 1960, une histoire d’amour naissante entre deux ados est contrariée par la découverte d’un secret sur leurs origines. On retrouve, forcément, les motifs et la minutie du trait chers à Myazaki père. Si l’on quitte la veine des contes écologiques, comme Ponyo sur la falaise ou Princesse Mononoké, La Colline aux coquelicots, en dépeignant un pays en voie de modernisation accélérée, appelle au respect des anciens et des traditions. —



Suite normande, d’Ariane Doublet. 4 DVD, Éditions Montparnasse, 45 euros.

Dans l’ordre chronologique, cette suite normande, qui rassemble sept films, s’ouvre sur La Petite parade, court métrage réalisé en 1995 avec les habitants de Vattetot-sur-Mer (Seine-Maritime), village de la réalisatrice, perché sur les falaises du pays de Caux. Ce premier geste cinématographique contient déjà les motifs essentiels de l’œuvre d’Ariane Doublet, qui, depuis quinze ans, réalise des variations sur le même thème, la vie des agriculteurs cauchois, qu’elle filme en voisine, avec une complicité amusée. « Il y avait quinze fermes quand j’avais 14 ans, aujourd’hui, il n’en reste qu’une. Je trouvais qu’on enterrait le monde paysan un peu vite, c’est ce qui m’a poussée à faire ces films, un peu comme une tentative de retenir quelque chose. »

C’est ainsi qu’elle explique le choix de son sujet. En 1999, l’éclipse totale de soleil est le prétexte pour une chronique de la vie des agriculteurs de Vattetot, terriens qui n’attendent pas les phénomènes naturels hors du commun pour observer les mouvements de la lune et prêter une attention particulière à leur environnement. D’un film à l’autre, on retrouve des figures connues, comme Philippe Olivier, qui cultive 40 hectares avec sa femme et sa fille. Entre Les Terriens et La Maison neuve, tournée cinq ans plus tard, il est devenu veuf et abandonne son exploitation pour s’installer dans une petite maison. Le style d’Ariane Doublet, enthousiaste et volubile, tranche avec la nostalgie qui habite souvent les documentaires sur le monde paysan. Sans imposer d’ordre du jour, la réalisatrice laisse les mots venir, au fil de discussions et de situations quotidiennes. Hommage aux gens de la terre, cette suite joyeuse et entraînante raconte, l’air de rien, les transformations d’un monde en crise. —



La Clef des terroirs, de Guillaume Bodin. 1 DVD, Montparnasse, 15 euros.

En 1924, Rudolf Steiner posait les principes de la biodynamie, considérant chaque exploitation agricole comme un organisme vivant dont il faut comprendre la composition et l’équilibre. Dans le vin, où la notion de terroir est essentielle, de jeunes vignerons explorent cette philosophie pratique, après avoir vu leurs parents devenir des « supertractoristes » grâce aux progrès de la chimie, dont les méfaits sur les écosystèmes se mesurent aujourd’hui. Guillaume Bodin, viticulteur lui-même, réalise un docu informé et gouleyant sur la révolution agricole menée par ses comparses, qui cherchent à produire du bon vin en préservant une terre millénaire. —



Chronique d’un été et Madame l’eau, de Jean Rouch. 2 DVD, Editions Montparnasse, 25 euros chacun.

Belle nouvelle que cette réédition de deux films de Jean Rouch. Coréalisé avec Edgar Morin, Chronique d’un été, tourné dans Paris en 1960, filme des tranches de vie de Parisiens de toutes classes sociales, qui discutent et tentent de répondre à cette question : « Etes-vous heureux ? » Une radiographie passionnante de l’époque. Madame l’eau, sorti en 1993, est, lui, un récit poétique et ethnographique sur les aventures, aux Pays-Bas, d’un trio de chercheurs nigériens à la recherche de solutions contre la sécheresse. Et qui finissent par ramener dans leurs bagages un ingénieur néerlandais inventeur d’un moulin démontable…



Freakonomics, de Morgan Spurlock, Seth Gordon et autres

Un prénom forge-t-il un destin ? Quel est le lien entre le droit à l’avortement et la baisse de la criminalité ? L’économiste américain Steven Lewitt consacre sa carrière à déconstruire des idées reçues autour des faits sociaux, en montrant les calculs sous-jacents qui guident les comportements individuels. Après le best-seller écrit avec le journaliste Stephen Dubner, cette adaptation réalisée par « des documentaristes rebelles » – dont l’auteur de Super Size Me –, est bordélique et stimulante, comme cette « économie saugrenue ».

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