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24-04-2013

Le progrès à l’insu de notre plein gré

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Le progrès à l'insu de notre plein gré
(Crédit photo : us nara - wikimedia)
 
« Quoi de neuf ? » , de David Edgerton, (Le Seuil, 320 pages), 22 euros.
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Article publié dans le

N° 47 - mai 2013

Le mirage Notre-Dame-des-Landes

Quel est le point commun entre la capote, l’agriculture bio et le Titanic ? Rien de salace : selon David Edgerton, ils incarnent des techniques disparues qui ont refait surface. Le condom s’est effacé comme contraceptif devant la pilule, avant d’être utilisé contre le sida ; le bio réactualise des pratiques agricoles évincées par les engrais et pesticides chimiques ; et un paquebot Titanic 2 surfera en 2016 sur la vogue des croisières. « L’histoire de l’invention n’est pas l’histoire d’un futur inéluctable auquel nous devons nous adapter sous peine de disparaître, mais plutôt une histoire de futurs avortés, et de futurs fermement ancrés dans le passé », écrit l’auteur. Directeur du Centre d’histoire des sciences, de la technologie et de la médecine à l’Imperial College de Londres, il juge notre vision du progrès formatée : l’historiographie des sciences autorisée n’accorde de place qu’à quelques innovations : électricité, auto, avions, conquête spatiale, ordinateurs, Internet… Voiture vs vélo, atome contre bougie : les techniques nouvelles seraient supérieures, mais leur importance est rarement évaluée.

Inventions contre-productives

Or, « les fusées et l’énergie nucléaire, si populaires dans les années 1950 et 1960 pour leur capacité à transformer le monde, l’ont probablement davantage appauvri qu’elles ne l’ont enrichi, une fois calculés tous les coûts et bénéfices », estime l’historien britannique. Il démontre même que l’effort industriel considérable pour la bombe atomique a probablement « allongé la guerre et aggravé son coût en vies humaines ». Le mythe, largement réfuté aujourd’hui par les historiens, selon lequel Hiroshima a précipité la capitulation du Japon, visait à faire accepter l’armement nucléaire pendant la Guerre froide.

Gourous et gouvernements

L’ essai explose d’autres idées reçues. Une technologie peut-elle faire « disparaître les frontières » et générer « une citoyenneté mondiale » ? Ces propos datant des années 1930 sur l’aviation s’appliquent aujourd’hui à Internet, simple nouveau mode de communication pour l’auteur (un point plus discutable). L’innovation garantit-elle la croissance ? Dans les années 1980, l’Italie est devenue plus riche que la Grande-Bretagne, malgré des dépenses inférieures en recherche et développement. Inversement, le secteur de l’entretien a ses success stories – les petits réparateurs japonais de postes de radio importés, devenus poids lourds de l’électronique. Parce qu’il existe toujours « d’autres voies d’inventions », l’historien invite à « refuser les techniques que nous n’aimons pas, quand bien même des gourous et des gouvernements nous affirment de manière intéressée qu’il est primordial d’accepter, par exemple, les OGM ». Quoique parfois décousu, ce livre iconoclaste est bienvenu. —

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