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29-06-2012
Mots clés
Société
France

La crème solaire en cache un rayon

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La crème solaire en cache un rayon
(Crédit photo : meyer - tendance floue)
 
Impossible d’échapper au tube de l’été ! Et c’est tant mieux quand il protège des ultraviolets. Mais le flacon a ses zones d’ombre. Les voici en pleine lumière.
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N° 38 - juillet août 2012

Vivre autrement

Pour se protéger du soleil, il faut en connaître un rayon. Primo, commencer par définir son type de peau – claire, mate ou noire – et les conditions d’ensoleillement – altitude, durée et horaire de l’exposition. Deuzio : décoder l’étiquette. L’indice, signalé par le facteur de protection solaire (FPS), informe le consommateur du niveau de protection contre les ultraviolets B (UVB). Ce sont eux qui nous permettent de bronzer mais qui, en brûlant l’épiderme, sont aussi responsables des coups de soleil. Un produit qui présente un FPS de 20 laisse passer 1/20 d’UVB dans le derme. Autrement dit, il bloque 95 % de ces rayons. Un FPS 50 en coince 98 %. A ce jour, aucun filtre n’est efficace à 100 %. Raison pour laquelle la mention « écran total » est désormais interdite.

Tartinage trop parcimonieux

Encore faut-il appliquer généreusement la crème. Les laboratoires évaluent l’efficacité du bouclier anti-rayons sur la base d’une application de 2 mg de produit par cm2 de peau. Or, se barbouiller d’une telle quantité reviendrait à vider, toutes les deux heures, le quart d’un tube de 125 ml ! En réalité, d’après le professeur de photodermatologie Pierre Thomas, on se tartine avec bien plus de parcimonie : 0,5 mg de produit par cm2 de peau en moyenne. Ce qui réduit l’efficacité de la protection : « Il faut alors diviser par quatre le chiffre de l’indice et son efficacité », précise-t-il. Mieux vaut donc choisir une crème avec un FPS de 20 ou de 30 et s’en badigeonner copieusement et souvent, plutôt que de prendre de la 50 + – indice recommandé pour les personnes intolérantes au soleil –, plus chère et donc étalée du bout des doigts.

« D’autant que les hauts indices de protection peuvent avoir un effet pervers, ajoute le professeur. Pensant être correctement protégé, on se surexpose. Mais si on peut rester au soleil sans jamais avoir de coup de soleil, à terme, c’est un coup de vieux qu’on attrape, à cause des UVA. » Car le FPS ne vaut que pour les UVB. Leurs cousins UVA traversent, eux, le derme en profondeur et sont responsables du vieillissement cutané, ainsi que des allergies au soleil. Et peuvent également être à l’origine de cancers.

Le bio oublie les traces blanches

Depuis 2006, la réglementation européenne impose que la protection aux UVA soit au moins égale au tiers de la protection aux UVB. Mais il est recommandé de choisir des produits avec le plus fort indice de protection aux UVA possible. Seul souci : cette information n’est pas obligatoire sur l’étiquette ! Un autre facteur peut peser dans le choix d’une crème : le type de filtres utilisés pour empêcher la pénétration des UV. Il en existe deux, qui peuvent cohabiter dans un même tube : les filtres chimiques, qui absorbent les UV, et les écrans minéraux, qui les réfléchissent. Les premiers utilisent des substances allergènes, soupçonnées d’être des perturbateurs endocriniens, notamment l’octocrylène et le 4-méthylbenzylidène.

« L’innocuité, surtout à long terme, de ces deux produits est loin d’être prouvée tant que l’essentiel des études se feront sur des rats », déplore le professeur Didier Gourier, de l’Ecole nationale supérieure de chimie de Paris. Quant aux conséquences sur l’environnement, elles sont connues : pollution de l’eau, féminisation des poissons, blanchiment des coraux, etc. Les écrans minéraux sont, eux, biodégradables. Ils sont notamment utilisés dans les produits solaires bios. Depuis toujours, ces crèmes s’étalaient mal et laissaient des traces blanches. Récemment, les fabricants ont trouvé la parade : réduire à l’échelle de nanoparticules le dioxyde de titane (TiO2) qui les compose. L’Oréal utilise ainsi ce procédé « depuis plus de vingt ans », d’après la firme. Qui se félicite : « La forme nanoparticulaire permet à la crème d’être transparente, ce qui incite nos consommateurs à mieux utiliser les produits et donc à mieux se protéger contre les rayons UV. »

Premier problème : le Centre international de recherche sur le cancer a classé en 2007 le TiO2 comme cancérigène possible. Deuxième hic : les nanoparticules sont si fines qu’elles peuvent traverser la barrière cutanée et se balader dans notre organisme ! Avec quels effets ? A vrai dire, personne n’en sait trop rien. En 2010, l’Agence nationale de sécurité sanitaire relevait « qu’étant donné les incertitudes sur le potentiel de pénétration cutanée et sur l’activité phototoxique, les risques ne peuvent être exclus ». En application de la loi Grenelle 2, les fabricants de substances à l’état nanoparticulaire seront tenus de les déclarer à partir du 1er janvier 2013. La présence de nano-TiO2 dans les crèmes sera donc mentionnée. En attendant d’en connaître les effets, la meilleure protection contre le soleil reste l’ombre, le chapeau à larges bords et les vêtements couvrants. Bon été quand même ! —


D’un été à l’autre, le recyclage impossible

Nous sommes en juillet et vous souhaitez ressortir le tube de crème solaire de l’été dernier. Oubliez. Même si l’emballage indique que le produit est efficace pendant un an, en réalité, le filtre solaire s’est altéré. « Il ne résiste pas à la chaleur, explique Claire Geoffroy, dermatologue. Si vous laissez votre tube en plein soleil, sur la plage, considérez qu’à la fin de l’été, au lieu d’avoir un indice 50, vous avez désormais un indice 15. » Petite consolation : vous pouvez recycler votre produit en crème hydratante. En revanche, un tube entamé sur les pistes de ski en février ne subira pas les affres de la chaleur. Vous pourrez le ressortir l’été venu ! —

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