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24-10-2011
Mots clés
Climat
Monde

La France importe du CO2 russe

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La France importe du CO2 russe
(Le CO2 échangé à travers le monde. Crédit photo : DR)
 
Trois chercheurs livrent un outil inédit qui invite chaque pays à remonter la chaîne de son CO2, de l'extraction et la fabrication des produits à leur consommation.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Calculer le carbone émis sur son territoire, c’est bien. Compter les émissions intégrées dans les produits consommés, c’est mieux. Quand il fait son bilan carbone, un pays comptabilise les émissions de ses centrales, de ses autos, de ses maisons. Mais se garde bien d’indiquer le CO2 embarqué dans les produits qu’il importe. En clair, les émissions dégagées par la fabrication d’un téléphone en Asie, de l’extraction d’un litre de pétrole en Arabie Saoudite ou de la culture d’une tulipe en Hollande.

Un rapport change la donne. Signé de trois chercheurs (deux travaillant à l’Institut américain Carnegie et le troisième au Centre international pour la recherche sur le climat et l’environnement d’Oslo), il se charge de suivre le CO2 à la trace : depuis les puits où l’on extrait le pétrole, le gaz et le charbon vers les pays où ces énergies sont utilisées pour fabriquer les produits et services jusqu’aux nations où ces derniers sont goulûment consommés.

Selon les chercheurs, 6,4 milliards de tonnes de CO2 (23% des émissions globales) seraient ainsi intégrées dans les produits qui s’importent et s’exportent à travers le monde. Tandis que 10,2 milliards d’autres (37% des émissions mondiales) proviennent plus directement des énergies fossiles vendues et achetées par les nations.

Prenons l’exemple de la France. A en croire le second graphique, elle assume principalement les émissions des biens qu’elle consomme. En clair, les émissions liées à la fabrication des produits et des services fournis à la population ont principalement été rejetées dans l’atmosphère hexagonal. A plus de 55%. Seule une minorité d’émissions vient s’ajouter à la facture de la Chine, des Etats-Unis et de l’Allemagne. Bonne élève la France ? Oui, si on oublie que pour élaborer ces biens, elle utilise des ressources fossiles venues d’ailleurs. Et là, c’est la Russie qui paye le prix fort du confort français, en endossant 26,8% des émissions liées aux extractions de gaz, pétrole ou charbon utilisées pour les produits français. Viennent ensuite le Moyen-Orient (11,9%) ou la Norvège (9,2%) pour le pétrole, la Chine, l’Australie ou l’Afrique du Sud pour le charbon.

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  • L’article présente comme une innovation une méthodologie très classique : celle des Analyse de Cycle de Vie d’un produit ou d’un service, qui identifie et comptabilise les impacts environnementaux ", depuis l’extraction des matières premières, jusqu’à leur recyclage ou leur mise en décharge.

    Par ailleurs, l’auteur semble méconnaître les principes de la comptabilité des émissions de gaz à effet de serre ...

    A l’international, la norme de référence est sans surprise celle définie et mise en avant par l’ISO (International Standardization Organization) depuis 2006, à savoir ISO 14064. ISO 14064 a également été conçue autour de 3 périmètres, ou scopes en anglais, pragmatiquement nommés 1, 2, et..3. Concrètement, cela donne :

    ISO 14064 Scope 1 inclut les sources fixes et mobiles (ex. véhicules) possédées par l’organisation (ou sur lesquelles l’organisation a un contrôle opérationnel), en tenant compte des émissions Gaz du Protocole de Kyoto uniquement. C’est-à-dire que par exemple, le R22, gaz réfrigérant couramment utilisé couvert par le Protocole de Montréal (sur protection de la couche d’ozone) et non par Kyoto, n’est pas comptabilisé dans une approche Scope 1 selon ISO 14064.

    ISO 14064 Scope 2, c’est le Scope 1 auquel il faut ajouter les consommations d’électricité, de vapeur, de chauffage central, d’hydrogène, et de toutes autres formes d’énergies dont les émissions sont générées en dehors du cadre de contrôle opérationnel.

    ISO 14064 Scope 3 consolide quant à lui toutes les émissions de Gaz à Effet de Serre (ou GES) du Protocole de Kyoto.

    Ceux-ci sont basés sur la méthodologie formalisée par la norme ISO 14064.

    En France, la méthodologie de comptabilité carbone de référence est indubitablement celle du Bilan Carbone. Co-conçue par Jean-Marc Jancovici, scientifique-vulgarisateur auteur de l’excellent site Manicore sur les enjeux climat - énergie, et l’ADEME, le Bilan Carbone et sa base de facteurs d’émissions forment une base méthodologique tout à fait solide et rigoureuse dès lors qu’il s’agit de mettre en place une comptabilité carbone. On distingue 3 périmètres (ceux des 3 cercles concentriques du logo Bilan Carbone de l’ADEME sur ce même blog post) dans un bilan carbone de type ADEME, périmètres qui comprennent :
    Les émissions directes, émanant exclusivement de sources fixes (installations, équipements, bâtiments,…ce que les Anglo-Saxons nomment Fixed Assets pour faire court et simple)
    Les émissions intermédiaires, qui incluent les sources fixes augmentées de la plupart des sources mobiles, à savoir :
    - le fret interne (ex. un service interne de courrier ou un acheminement de biens semi-finis vers une usine d’assemblage, ou d’un produit vers un centre de distribution)
    - le fret vers les clients
    - le fret depuis les fournisseurs (p. ex. livraison de matières premières)
    - les déplacements domicile-travail et professionnels (déplacements de visiteurs qui sont dans le périmètre global)
    Les émissions globales qui incluent tout le reste, sauf les émissions dites “évitées”.

    Les émissions de GES "cristallisées" dans la production des biens et services (notamment dans l’énergie "grise") sont pris en compte dans cette méthodologie.

    De ce point de vue, il n’y a rien de nouveau dans la méthodologie américaine présentée dans l’article.

    Il conviendrait plutôt de dire que les américains respectent ENFIN une norme internationale de calcul des gaz à effet de serre ...

    La question à se poser est "pourquoi donc ne l’ont ils pas fait plutôt ?" Je vous laisse trouver la réponse ...

    25.10 à 08h22 - Répondre - Alerter
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