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L’autre leçon d’Egypte

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L'autre leçon d'Egypte
(Photo : Entre le Nil et la lisière du désert, la fertile plaine de Thèbes. Crédit : dalbera / Flickr)
 
Du temps de Pharaon, l'Egypte savait gérer les récoltes et nourrir les hommes. Mais aujourd'hui, dans l'économie mondialisée, qui veille au grain ?
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Pharaon régna 3 000 ans sur l’Egypte en gouvernant un peuple qui divisait l’année en trois saisons : inondation (akhet), germination (peret), et chaleur (shemou).

Autrement dit, un peuple organisé autour du Nil et de l’agriculture. Un peuple qui cultivait bien sûr, mais savait aussi stocker, compter, gérer, répartir. Le grand Râ, dieu du Soleil, aurait pu être comptable. Aujourd’hui, qui mesure la nourriture des hommes ? Qui anticipe les aléas du climat, les stratégies des spéculateurs ? Nous faisons terre commune, mais où sont Pharaon et ses scribes ? Où est ce vieux savoir de la régulation dans un monde où il y a des prix mondiaux de l’alimentation, des cours du blé qui fluctuent à la Bourse de Chicago en fonction des crises climatiques et des spéculations ? Pharaon savait que l’arme alimentaire était la première arme des guerres et que nourrir son peuple est le premier devoir du politique. N’oublions pas que la Révolution française a commencé une année de mauvaise récolte.

Aujourd’hui encore, le déclencheur premier des révoltes arabes est la hausse des prix alimentaires dans des sociétés de maigres salaires, de chômage et de dictatures militaires. Mais en Israël aussi, la centrale syndicale Histadrut annonce des grèves contre la hausse des prix de l’eau, du pain et de l’essence. Quand les ventres sont vides, naissent de nouvelles solidarités.

Alors nous devons gérer la mondialisation comme Pharaon l’Egypte, avec des investissements dans l’agriculture, des stocks et des régulations. Notre système actuel est insupportable : les paysans sont souvent pauvres ; 90% des produits agricoles sont consommés dans la proximité mais ce sont les 10% qui voyagent qui font les prix mondiaux ; les investissements sont totalement insuffisants, tout particulièrement en Afrique. Chaque Européen mangera dans sa vie 9 vaches, 32 cochons et 1 412 poulets. Que se passerait-il si les autres peuples voulaient nous imiter ? La vie des hommes n’est décidément pas une marchandise comme les autres.

- Retrouvez les chroniques de Jean Viard sur le site internet du Journal du Dimanche.

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Sociologue et directeur de recherches au Centre d’étude de la vie politique française (Cevipof)

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  • C’est le chômage, et la faim dus à la surpopulation qui poussent les gens dans la rue
    Ce problème de l’Egypte sera bientôt celui de la planète.

    25.02 à 12h33 - Répondre - Alerter
  • On ne peut pas tout avoir, le grain ou le coton. Le coton aussi a beaucoup monté en valeur. Par ailleurs l’Egypte a une armée puissante et peut-etre qu’elle poussera un peu vers l’ouest pour se débarasser de la clique Kadhafi et consort !

    21.02 à 13h46 - Répondre - Alerter
  • Le problème de l’Egypte c’est qu’elle compte aujourd’hui 80 millions d’habitants, quelque chose comme 50 fois plus (?)qu’au temps des pharaons alors que les surfaces de terre arable ont diminué au profit des zones urbaines.

    18.02 à 15h16 - Répondre - Alerter
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