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12-07-2007

Actionnaires ou militants ? Les deux, mon Capitaine !

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Actionnaires ou militants ? Les deux, mon Capitaine !
 
L’activisme actionnarial est une forme émergente d’action d’influence et de revendication auprès des entreprises cotées. Objectif : infléchir de manière responsable leur stratégie et dénoncer certaines pratiques.
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L’activisme actionnarial (également appelé « engagement actionnarial ») peut se définir comme le fait pour un actionnaire, dans le cadre de l’exercice de ses droits de vote liés à la détention de ses titres, de s’opposer à une résolution mise à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale des Actionnaires (AGA) d’une société cotée, ou même de faire inscrire une résolution à cet ordre du jour. C’est devenu un moyen pour certaines parties prenantes (ONG et gérants de fonds essentiellement) de l’entreprise d’agir sur elle.

Ces différents acteurs, au nom de leur statut d’actionnaire, multiplient en effet les résolutions proposées aux entreprises américaines : les questions de gouvernance d’entreprise et de rémunération des dirigeants ont ainsi été les grands sujets de l’année 2006. L’année 2007 a vu elle une forte augmentation du nombre de résolutions sociales et environnementales : le gérant de fonds Trillium a ainsi soumis une proposition à Halliburton (géant américain de l’armement et du pétrole) visant à adopter une politique contre la discrimination liée à l’orientation sexuelle.

Un moyen complémentaire des autres formes d’actions

L’activisme actionnarial ne signifie pas dire que les autres formes d’actions menées par les associations pour influer sur la stratégie ou la gestion de l’entreprise. Il reste au contraire une action complémentaire aux traditionnelles lettres envoyées aux PDG ou aux manifestations publiques se déroulant le jour des AGA et organisées à l’extérieur des bâtiments.

Souvent considérés comme des fauteurs de troubles, les activistes jouent, en tant qu’actionnaires, un rôle plus visible et plus efficace de moteur de changement : ils ne sont plus seulement un groupe de pression extérieur déconnectée de l’entreprise mais l’une de ses véritables parties prenantes.

L’exemple d’Amnesty International

Amnesty International est un exemple marquant d’ONG investie dans l’activisme actionnarial : les militants d’Amnesty International achètent des titres en bourse et déposent des projets de résolution lors des assemblées générales. Un fonds spécifique (distinct de la trésorerie de l’association) est même dédié à l’activisme actionnarial.

Grâce à l’existence de ce fonds, en 2006, trois sociétés ont été la cible des actions d’Amnesty : Dow Chemical, Chevron Texaco et Yahoo. Cette dernière a été attaquée pour sa collaboration avec les pratiques répressives du gouvernement chinois.

Des résultats encore mitigés

Les différents activistes représentent en général une très faible part de l’actionnariat des grandes entreprises : leur principal objectif (et difficulté) est de réussir à sensibiliser les autres actionnaires et de tenter de mener avec eux des actions coordonnées. L’action de coalition menée avec des actionnaires « classiques » de Dow Chemical à permis de mettre à l’ordre du jour de l’AGA de l’entreprise le cas de Bhopal (explosion d’une usine chimique indienne appartenant à Dow et ayant entraîné depuis des milliers de morts). La résolution a été très largement rejetée par l’ensemble des actionnaires (7% d’approbation), ce qui démontre tout le travail de sensibilisation qui reste à faire…

Les résultats sont faibles également car on confond trop souvent activisme actionnarial et activisme social : l’activisme actionnarial, pour être efficace, doit prouver que les changements qui sont demandés à l’entreprise auront aussi un impact positif sur la profitabilité de l’entreprise, afin de réussir à influencer les actionnaires non-militants.

Le sujet émerge progressivement en France, chez Amnesty et ailleurs, avec une contrainte supplémentaire chez nous : le nombre d’actions minimum à détenir pour déposer une résolution à l’ordre du jour de l’AGA y est plus élevé qu’aux Etats-Unis… D’où l’intérêt de sensibiliser au quotidien les actionnaires non-encore activistes (votre entourage), voire devenir vous-même actionnaire !

Crédit photo : Amnesty International

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28 ans, à Paris et curieux de la vie...

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