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21-11-2013
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Société
Economie
France

Jouons à un autre monde

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Jouons à un autre monde
(Crédit photo : flore-aël surun - tendance floue)
 
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 53 - décembre 2013

La France se prend aux jeux

Les Français ne sont pas des petits joueurs. En 2012, ils ont misé 53,1 milliards d’euros, toutes catégories de jeu de hasard confondues : loteries, paris hippiques, jeux en ligne, casino, etc. Cela signifie que chaque Français mise 1 046 euros chaque année, en moyenne. C’est presque un Smic net, pour s’amuser ou rêver à une autre vie. Encore ce montant est-il sous-estimé, étant donné qu’une grande moitié « seulement » des Français adultes jouent réellement. L’impact de ces pratiques se mesure en espèces sonnantes et trébuchantes. D’abord pour la Française des jeux, qui engrange ainsi près de 12 milliards d’euros de recette par an (chiffre 2012), tandis que le groupe PMU aligne 10,5 milliards d’euros. L’essentiel de ces sommes est reversé aux joueurs selon un principe, totalement assumé, strictement non redistributif ! Selon une image volontiers provocatrice, l’on pourrait dire que tout a été fait pour que l’immense majorité des joueurs se situent au bas de l’échelle, tandis que les gains se concentrent entre quelques mains heureuses, fabriquant, par le jeu du hasard, quelques dizaines de millionnaires chaque année. Le système bénéficie aussi aux finances publiques : tous jeux confondus, près de 5,8 milliards d’euros tombent dans la cassette de l’Etat (chiffre 2012). C’est plus de quatre fois ce que rapportera (peut-être) un jour l’écotaxe et ce, sans le moindre portique routier ni le moindre « bonnet rouge ».

200 000 joueurs frappés d’addiction

Jusqu’alors, la France n’avait lancé aucune étude solide sur les conséquences sociétales du jeu. Des travaux sont en cours, qui devraient éclairer cette zone d’ombre. On sait tout juste que l’activité de jeu de hasard génère, côté pile, quelque 100 000 emplois et, côté face, pas mal de cas pathologiques. L’Observatoire des jeux recense 600 000 joueurs « problématiques », dont 200 000 « pathologiques », c’est-à-dire frappés d’addiction (1). Sans surprise, les populations les plus touchées sont celles qui présentent les plus faibles revenus et les moins diplômées. Les cas d’addiction se trouvent prioritairement dans la tranche d’âge de 25 à 34 ans : 6,9 % des joueurs actifs y sont « pathologiques ».Bien entendu, jouer ne se limite pas à l’argent. Dans une société qui passe son temps à s’invectiver plutôt qu’à chercher des solutions originales à ses maux, le jeu vidéo traditionnel et les jeux de plateau s’avèrent de formidables outils de pacification et de compréhension des enjeux du monde qui vient. C’est cette lueur d’intelligence et d’espoir que Terra eco veut faire briller en cette période de fêtes. —

(1) Enquête Baromètre Santé 2010, « Les niveaux et pratiques des jeux de hasard et d’argent en 2010 », Institut national de prévention et d’éducation pour la santé/Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

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