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6-06-2011
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Energies
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Jeremy Rifkin : « Le nucléaire est mort »

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Jeremy Rifkin : « Le nucléaire est mort »
(Crédit photo : Heinrich Böll Stiftung)
 
Le nucléaire c'est dépassé, annonce tout simplement Jeremy Rifkin, essayiste et président de la Fondation pour les tendances économiques. Une théorie qu'il déroule en 5 arguments au micro de Terre.tv.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Les 5 arguments de Jeremy Rifkin :

1) Peu d’impact : Pour avoir un quelconque effet sur les émissions de gaz à effet de serre, il faudrait construire 1500 réacteurs nucléaires d’ici à 25 ans, à coups de milliers de milliards de dollars.

2) Le casse-tête des déchets : 60 ans que nous faisons du nucléaire et toujours pas de solution durable pour les déchets.

3) La pénurie menace : L’uranium est une ressource de plus en plus rare et son prix ne cessera d’augmenter.

4) Le danger des solutions alternatives : Certes, on peut remplacer l’uranium par du plutonium mais à l’heure du terrorisme, est-ce vraiment une bonne idée ?

5) Le problème de l’eau : « 40% de toute l’eau douce consommée dans toute la France est utilisée par l’industrie nucléaire pour refroidir les réacteurs » avant d’être relâchée à une température supérieure. On risque donc de manquer cruellement de ressources hydriques. La solution ? Refroidir les centrales à l’eau de mer. Mais c’est bien sur les côtes que les risques de tsunami et les densités de population sont les plus grands.

« Une nouvelle conscience pour un monde en crise », par Jeremy Rifkin, éd. Les Liens qui libèrent, 29 euros.

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  • CQFD = ce qu’il fallait démontrer

    1er.07 à 14h12 - Répondre - Alerter
  • Ciron : Homo empathicus

    Le nucléaire n’est pas au centre du discours de Rifkin !

    Que dit il vraiment ? :

    <<
    ... L’ère du pétrole est déjà condamnée. ...

    ...une nouvelle civilisation .... qui consomme moins d’énergie...

    ... la population augmente trop vite pour permettre de couvrir tous les besoins.

    ..... Si l’on ne change rien, on siffle la fin de la partie. L’extinction de notre espèce. ....

    ...Nous sommes à une étape qui pourrait mettre en danger la capacité de notre espèce à survivre. C’est le début d’une longue, dangereuse voie sans issue. Nous ne l’avons simplementpas encore réalisé. ...
    >>

    En 1948, deux Américains Vogt et Osborn faisaient déjà une analyse (un "état des lieux") similaire sur la surconsommation et la surpopulation... et eux pointaient sur la science, la diffusion des connaissances, et faisaient confiance à l’intelligence de l’humanité pour prendre les décisions que la raison impose.
    60 ans ont passé : connaissances et intelligence ont été utilisées pour un pillage plus scientifique/ méthodique des ressources.

    Aujourd’hui, Rifkin fait confiance au naturel empathique de l’humanité.

    Dans les deux cas, l’analyse est bonne.
    Mais la solution est incantatoire.

    Car nous n’avons pas encore compris clairement pourquoi, dans toutes les grandes cultures, l’homme fait l’inverse de ce que son intelligence lui suggère. Quand nous l’aurons compris, nous pourrons espérer modifier son comportement. A défaut, nous entraînerons un grand nombre d’autres espèces vers l’Extinction.

    10.06 à 23h17 - Répondre - Alerter
  • Il est dommage dans le domaine du nucléaire comme dans beaucoup d’autres que nous soyons soumis au syndrome du thermostat qui veut que nous ne raisonnions qu’en prenant en compte que des positions extrêmes ainsi que nous le faisons trop souvent avec cet instrument.
    Cette application du tout ou rien dans le raisonnement enlève une grande valeur à celui-ci.

    Sur les cinq points évoqués sans être spécialiste on peut rétorquer :

    1. Le problème n’est pas d’avoir un impact sur les émissions de gaz à effet de serre dont il apparaît de plus en plus qu’elles n’ont pas beaucoup sinon pas du tout d’effet sur le changement climatique, lui-même incontestable par ailleurs.
    Le nucléaire est par contre une alternative sérieuse aux énergies fossiles qui s’épuisent et dont il n’est pas certain que les énergies renouvelables puissent les remplacer dans le contexte de consommation croissante où nous sommes entrés et dont on ne voit pas bien comment nous pourrons sortir même si on peut le déplorer.
    Personne ne parle par contre du recyclage du CO2 , en singeant par exemple la photosynthèse, n’oublions pas que ce CO2 st composé d’un carburant : C et d’n comburant : O2.

    2 .Sur les déchets et à propos d’eux deux positions extrêmes : Allemagne, on abandonne le nucléaire parce qu’il présente trop de risques du fait que l’épuisement des déchets prendra des siècles. France on continue dans le nucléaire en jouant un peu les apprentis sorciers en considérant qu’en prenant des pércautions de stockage il n’y aura pas trop de risques pour les générations à venir qui se débrouilelront avec ces déchets.
    Personne, si quelques spécialistes que l’on se garde d’écouter, n’évoque la solution intermédiaire consistant à trouver les moyens d’utiliser le combustible jusqu’à son épuisement complet, voire à reprendre les déchets stockés afin d’assurer leur épuisement.

    3. La pénurie menace. Seul argument sérieux, raison de plus pour aller jusqu’à l’épuisement de la ressource.
    L’épuisement est cependant en grande partie de nature politique, voir Niger pour la France.
    Le problème sera le même pour le photovoltaïque, on prétend en effet et des projets allemands sont en cours que la couverture de 3% du Sahara en panneaux photo voltaïque permettrait de couvrir les besoins en énergie de l’Europe, mais quid des exigences des pays sous développés concernés ?

    4. Le danger des solutions alternatives, lié au point précédent.

    5. Le problème de l’eau. 40 % semble beaucoup, de toute façon l’eau ne disparaît pas et s’agissant de refroidissement elle n’est pas en contact avec les éléments radioactifs donc pas polluée.
    Il s’agit en général d’eau de rivière qui de toute façon partira à la mer à moins ce qui est de moins en moins vrai qu’elle ne soit utilisée pour l’irrigation des cultures ce qui au passage permet de capter et de recycler du CO2 via la photosynthèse.
    Le vrai problème de l’eau est ailleurs, il ne faut pas oublier qu’en France 4 % seulement des précipitations pluviales sont récupérés pour l’arrosage.

    7.06 à 14h49 - Répondre - Alerter
  • C’est une bonne synthèse des arguments anti-nucléaire. Et le fait qu’il préside un groupe d’entreprises rend assez optimiste.

    Mais il parle de partager l’énergie "entre les continents". Et là ça me dépasse. Ou alors il parle seulement des connaissances de nos systèmes énergétiques.
    Et justement, le fait qu’il prenne des données mondiales ("6% de l’énergie mondiale provient du nucléaire") m’embête. Le transport de l’énergie est limité, on le sait. Si ça ne représente que 6% c’est (à vérifier, je m’avance) en partie parce que l’hydraulique prend de la place. Mais l’hydraulique ne peut pas être développé partout.
    Et puis les énergies renouvelables ne prennent pas encore beaucoup de place, moins que ces 6% si on enlève l’hydraulique. Donc puisqu’on parle de décentralisation, ne centralisons pas les statistiques non plus, ça me semble ne pas tenir debout.

    Et puis si, Mr Rifkin, on a parlé de Fukushima... Mais peu importe. Interview intéressante, personnage précieux.

    7.06 à 12h05 - Répondre - Alerter
  • Oui je pense que l’analyse est bonne. nous allons trainer un fardeau immense pour le démantellement de nos centrales... et la solution fusion n’est pas mieux placées, les défis sont immenses, à la limite de nos savoirs technolgiques. Le pb c’est que ITER pompera au bas mot 20 à 30 milliards d’€ qui auraient pu être investis dans la recherche de solutions ENR plus efficientes. Ainsi nous n’avons toujours pas compris le fonctionnement exacte de la chlorophile qui arrive à optimiser la capture du flux solaire sans perte. Inspirons nous de ce que la nature a su faire de mieux pour se développer et arrêtons ces vieilles chimères sur le nucléaire.

    Un autre pb vient du fait que nos élites françaises n’ont aucune culture technique (ENA, sc po, droit) et ne comprennent pas grand chose à la société hyper technique qui se développe depuis 1950. Elles sont ainsi d’autant pls influencable que les groupes de pression du monde de l’énergie (total, areva) sont puissants. Nous héritons également du modèle colbertiste qui ne favorise pas non plus la décentralisation des politiques et des moyens de production (400 ans de pratique c’est dur à oublier).

    Donc notre société est organisée avec des élites qui ne comprennent rien aux technologies, qui se laisse influencer par les lobbies défendant l’héritage du 20ème siècle, et qui dans une pensée toute colbertiste n’entretiennent des rapports avec l’autre que sous l’aspect centraliste. D’où une prédominence de Paris dans notre pays, une centralisation des emplois et des industries (et des nuisances) autour de Paris et donc une nécessaire alimentation énergétique centralisée du type nucléaire. Et je ne parle pas du centralisme qui s’insinue au coeur du management, ainsi ce fameux management à la française qui prédomine dans les grands groupes et qui engendre tant de négation sur l’autre en niant toute idée novatrice.

    Pour engendrer une société du type fédéral avec une relocalisation des ressources et des moyens de production il va donc falloir se débarrasser de tout cet immense héritage .... à moins d’une révolution citoyenne dans notre pays, je crois que le pb des déchets nucléaires est encore plus simple à traiter.

    7.06 à 08h47 - Répondre - Alerter
    • Félicitations pour votre commentaire. j’achète votre colbertisme et le management à la Française...
      Je vends moi-même du management et je lutte contre la prévalence cerveau gauche centralisé, séquencé et "raisonnable" alors que toutes les vraies décisions sont prises cerveau droit intuitif, holistique et créatif.
      Bien à vous.

      14.06 à 18h42 - Répondre - Alerter
  • Merci pour cette vidéo d’une grande clarté !

    Elle permet de ranger le nucléaire aux côtés des vieilleries du siècle passé sans gêne. Le plus intéressant à mes yeux est qu’elle ouvre également le champ des possibles en comparant tous les business models du 20ème siècles qui s’effondrent face aux initiatives "latérales" je dirai plutôt horizontales, bottom up, décentralisée qui sont en train de dépasser les anciens modèles. Malgré la résistance du politique main dans la main avec ces anciens puissants, l’évolution fait son chemin et ça fait plaisir à voir !

    Si je peux vous inviter à lire Erwin Laszlo qui avait donné une conférence à Paris. Il parlait du nucléaire en disant que ce n’était pas "naturel" dans le sens où nous dépassions les risques et le contrôle que nous pouvons faire de cette technologie, trop attirés par sa puissance et jouant avec les lois de la nature. J’ai reposté des bouts du dialogue qu’il a eu lors de son passage à Paris ici : http://emmapom.com/blog/2011/04/21/rencontre-entre-deux-createurs-du-futur-ervin-laszlo-et-andrew-cohen/

    Vive le mouvement !

    6.06 à 18h17 - Répondre - Alerter
    • L’argument qui m’a convaincu, moi qui étais pro nucléaire, est l’argument "facteur humain".
      Pour qu’une centrale soit sûre, il faut que les hommes qui la font fonctionner et l’entretiennent soient 100% sûrs.
      Or nous avons vu avec Fukushima que les responsables d’une centrale peuvent prendre des risques en les cachant. Et ce n’est pas l’apanage des Japonais : lors d’un petit documentaire passé sur je ne sais plus quelle chaîne, on nous a montré comment les sous-traitants qui entretiennent les centrales françaises obligent leurs techniciens à minimiser les anomalies qu’ils découvrent.
      Rien ne pointe à l’horizon qui indiquerait que le monde soit maintenant débarrassé de la cupidité aveugle.

      7.06 à 07h35 - Répondre - Alerter
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