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28-05-2015
Mots clés
Alimentation
France

J’ai testé : une semaine sans plastique

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J'ai testé : une semaine sans plastique
(Crédit illustration : Julien Couty pour « Terra eco »)
 
Une cure choc anti plastoc ? De la théorie à la pratique, il y a un océan ! Car ce bougre se la joue franchement envahissant.
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N° 68 - juin 2015

Bébé sur commande

Il intoxique nos poumons, étouffe les animaux marins et épuise le pétrole. Le plastoc a beau être bon marché, imperméable, flexible et léger, son CV n’est pas tout rose ! Avant d’entamer ma mission, j’établis un état des lieux. Dans ma cuisine, les faux tupperwares, le presse-agrumes, la cafetière, les moules en silicone, la poubelle et le sac qu’elle contient… tout est en plastique. Dans le salon, je cache des crayons, deux bibelots et c’est bon. Mais dans la salle de bains… Shampooing, gel douche, brosse à dents, dentifrice, rien pour me sauver. Je déterre un vieux mascara bio au packaging en carton. Sauf que sa brosse est en toc. Face à mon placard bourré de fripes synthétiques, j’abdique et revois mes ambitions : si je ne peux sortir le plastique de ma vie, je n’en ferai pas entrer davantage pendant une semaine. Fastoche ?

Je troque gel douche et shampooing contre une savonnette et un shampooing solide. Ma chevelure tire la tronche, mais j’ose me rendre au travail. Entre-temps, j’ai touché mon pass de métro, mes écouteurs, mon porte-clés… J’hésite entre pleurer et crier à l’invasion. Pause déj’ : je mise sur le magasin bio. Les choix sont limités, tout est plastifié. Un espoir du côté des samoussas, mais sous le carton, les triangles aux légumes ont été mis sous vide. Reste l’option salade à composer. Au rayon vrac, je trouve noisettes, amandes… Mais le stock de sacs en papier pour les fruits et légumes s’est évaporé.

Je me rabats sur la boulangerie. Un midi, au cœur de Paris, les spécialistes du jambon-beurre dépotent. J’ai à peine passé commande et mentionné ma plasticophobie qu’une armée de bras s’agitent en cuisine. Mon casse-croûte a été emballé contre son gré. A la première bouchée, je fulmine. Mes deux bouts de pain sont aussi coincés dans une robe de papier kraft à laquelle le créateur a cru bon d’ajouter une fenêtre en polypropylène. Comme si on devait voir à travers pour être sûr d’emporter la baguette et pas le bras de la boulangère.

Marché inondé

Demain, ce sera popote maison dans ma boîte en acier inoxydable. Je n’aurai qu’à transvaser mon plat dans une assiette pour éviter le feu d’artifice dans le micro-ondes. Car oui, d’habitude, j’y passe mon faux tupperware. Un sacrilège pour les antipolymère. Je ne m’étais jamais intéressée aux trois flèches et au chiffre gravés sur certains contenants, qui permettent d’identifier la résine utilisée. Parmi les sept types de plastique qui inondent le marché, on me conseille de boycotter les numéros 1, 3, 6 et 7. Ma bouteille d’eau est classée 1 ; son bouchon, 2 ; mon faux tupperware, 5. Me voilà à guetter les flèches sur tout ce que je touche.

Pour cuisiner maison, encore faut-il des provisions ! Dans mon supermarché, je zappe le coin primeur. Oubliés, aussi, les rayons poisson, viande, fromage et leurs barquettes recouvertes de cellophane. Au rayon confiserie : cas de conscience. Puis-je faire semblant de ne pas savoir que sous leur carton, ces délicieuses galettes suédoises ont aussi un film et un présentoir en matière interdite ? Non. Je tâte les paquets pour détecter le couinement de mon ennemi et finis par jeter mon dévolu sur des biscuits moins séduisants, mais dont je devine en les broyant qu’ils n’ont pas eu droit à leur barquette à deux ou trois compartiments.

Dernière étape de ma semaine : le marché du dimanche. J’ai mon étal fétiche, d’où on repart avec ses fruits et légumes dans des sacs verts, jaunes, violets ou bleus. Les vendeurs me connaissent, mais ils ne me font pas de cadeau. « Comme les gens se servent eux-mêmes, la couleur des sacs nous permet de savoir si ce qu’ils emportent vient de chez nous. Prends-les, tu t’en serviras pour les poubelles ! » Un arc-en-ciel de pochons en main, je m’enfonce. « Le plastique, c’est fantastique », d’accord, mais « le plastique, c’est pas automatique », ça rimait aussi. —



Full metal barquette

Vous préférez le métal au plastique ? Dans le film The Lunchbox (2013), Ritesh Batra raconte pourquoi nous devrions tous avoir une boîte en acier pour nos pauses déjeuner (et faire des rencontres).

Une chasse au long cours

Se débarrasser du plastique prend du temps. Embarquez un sac en tissu pour le shopping imprévu et privilégiez l’électroménager en verre et en métal dès qu’un de vos appareils en plastique rend l’âme.

Ils l’ont fait !

Au Canada, Chantal et Jay ont relevé le défi de la vie sans plastique. Ils donnent leurs bons plans sur le site Internet Lifewithoutplastic.com (en anglais) et ont ouvert une boutique en ligne (en français et en anglais).

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