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19-12-2013
Mots clés
Energies
Electricité
France

J’ai testé le changement de chauffage

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J'ai testé le changement de chauffage
(Crédit illustration : Julien Couty pour « Terra eco »)
 
Il peut neiger, venter, geler : 500 litres de fioul viennent de prendre leurs quartiers d’hiver chez moi. Problème, la planète va en prendre un sacré coup. Poêle, chaudière à granulés, pompe à chaleur… Me voilà à la recherche d’une solution plus écolo, calculette à la main.
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N° 54 - janvier-février 2014

Toilettes : l’invention du XXIe siècle

Bon ben on y est : c’est l’hiver et ça caille. Or, je l’ai déjà écrit, mon nouveau nid est doté d’une cuve à fioul. Pour me faire passer l’hiver au chaud, ma propriétaire a fait « rentrer » 500 litres, pour la modique somme de 490 euros. Lorsque j’ai mentionné l’installation d’une chaudière à granulés pour remplacer la cuve de 2 000 litres, j’ai senti que ma rombière défaillait. Pour le moment, je claviote donc avec des moufles et un plaid en poils de yack sur les épaules, car j’ai bien l’intention de faire stagner ce fioul au fond de sa cuve. Procédons par étapes.

Sortir sa calculette

Nous sommes dans une bâtisse typiquement bourguignonne accolée à d’autres maisons. Exposée plein sud (miam), elle est assise sur trois gigantesques caves voûtées que ne bouderait pas un amateur de petits crus. Il y a un jardin de 60 m2 (utile en cas de choix géothermique). Son diagnostic de performance énergétique n’est pas si atroce pour une centenaire : un C, c’est-à-dire de 91 à 150 kilowattheures (kWh) par mètre carré et par an.

A raison de 100 m2, on atteint tout de même 9 100 à 15 000 kWh à fournir. C’est pas avec du petit bois qu’on va arranger ça. La maison possède quatre cheminées, presque une par pièce. Mais voilà, les propriétaires les ont toutes condamnées… sauf une, qui me fait sacrément de l’œil pour que je lui fourre un poêle à bois dans l’âtre. Financièrement, je provisionne 150 euros par mois pour le chauffage, soit une facture annuelle prévue de 1 800 euros.

Traquer le pont thermique

Evidemment, l’énergie qu’on ne consomme pas n’a pas besoin d’être produite. Me voilà donc à traquer les ponts thermiques (1) de ma cossue bicoque. Toutes les fenêtres viennent d’être changées. R.A.S. de ce côté-là. Un ami me conseille néanmoins d’appliquer des films d’isolation sur mes fenêtres – déjà à double vitrage. Pas forcément utile. En revanche, la porte du jardin laisse passer un filet d’air. Pour éviter de chauffer toutes les pièces en même temps, je ferme les portes de la partie nord du bâtiment. Personne ne vit au premier. Ni dans la cave, je vous jure.

Choisir le bon système Pas la peine d’avoir un diplôme de chauffagiste pour diagnostiquer la solution qui vous conviendra le mieux. Sur Quelleenergie.fr, il suffit de répondre à un questionnaire assez détaillé pour obtenir différents devis et des solutions directement traduites en euros sonnants et trébuchants. Chouette ! Le site me propose trois possibilités intéressantes.

- La pompe à chaleur géothermique

Economies prévues : 1 300 euros par an, pour un investissement de 20 000 à 25 000 euros. Le principe ? La pompe capte l’énergie contenue dans le sol via des capteurs horizontaux ou verticaux. La terre fournit gratuitement 75 % du combustible. Sauf que voilà, défoncer le jardin où gît Framboise, caniche nain de son état, ne sera pas du goût de ma proprio, je le sais déjà. Pourtant, ce serait l’idéal. Elle peut même obtenir jusqu’à 16 000 euros d’aides cumulées.

- La chaudière à granulés

Le combustible est deux à trois fois moins cher que l’électricité, le fioul ou le gaz. Moyennant une cave ou une buanderie de 4 m2 pour installer le silo, le prix est de 8 000 euros minimum. Côté aides, ma propriétaire peut obtenir plus de 11 000 euros. De quoi l’adoucir.

- La pompe à chaleur air/eau

C’est la solution inattendue. Avec elle, je pourrais théoriquement réaliser 1 090 euros d’économies. Son prix d’achat oscille entre 5 000 et 10 000 euros. 70 % du combustible est fourni gratuitement par l’air extérieur et entre les primes énergie, le crédit d’impôt et les aides de l’Agence nationale de l’habitat, je peux – enfin ma proprio surtout – palper jusqu’à 8 300 euros. Pas mal.

Revoir sa copie

Pour une fois, je vais la jouer modeste. Dans ma situation de locataire, la meilleure solution, c’est probablement le petit poêle à bois, qui me permettrait déjà de réaliser 500 euros d’économies par an. D’après mes calculs, il me faut viser un 8 kWh environ. On en trouve à moins de 1 000 euros chez Deville, Godin ou Supra : tous made in France. Il faut d’abord faire gainer la seule cheminée utilisable de la maison avec une double paroi inox à près de 60 euros le mètre. Au total donc : entre 3 000 et 5 000 euros. Puis choisir son poêle, l’installer à 20 cm du fond de la cheminée, enfourner de la bûche et faire la bête à deux dos sur la peau d’ours. Malheureusement, je ne bénéficierai ni du crédit d’impôt qui s’élève à 16 % du montant hors taxe du poêle, ni de la T.V.A. à 7 %. Conclusion : il ne me reste plus qu’à devenir propriétaire. —

(1) Zone qui, dans l’enveloppe d’un bâtiment, présente une moindre résistance thermique.

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Journaliste errant dans les sujets environnementaux depuis treize ans. A Libération, mais de plus en plus ailleurs, s’essayant à d’autres modes d’écriture (Arte, France Inter, Terra of course, ...). Il y a deux ans, elle a donné naissance (avec Eric Blanchet) à Bridget Kyoto, un double déjanté qui offre chaque semaine une Minute nécessaire sur Internet.

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  • Bonjour Laure,

    Très bonne analyse de la situation.

    Une remarque toutefois : la "géothermie horizontale" demande une surface de capteurs triple de celle de la maison à chauffer, c’est à dire 300 m2 enterrés dans le jardin pour 100 m2 d’habitation... Inutile donc de défoncer le jardin qui ne fait que 60m2.

    Reste alors la géothermie avec capteurs verticaux, peu croqueuse de surface et particulièrement performante, mais la plus gourmande en investissement.

    Vous souhaitant une chaleureuse fin d’année.

    Jean-Michel

    20.12 à 10h53 - Répondre - Alerter
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