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28-05-2014
Mots clés
Sciences
Energies
Europe
Etats-Unis

Il y a de l’électricité dans le vert

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Il y a de l'électricité dans le vert
(Crédit illustration : guillaumit pour « terra eco »)
 
Elle sont médicinales, nourricières, dépolluantes… Au catalogue des vertus des plantes, on pourra bientôt rajouter qu’elle produisent du courant. Bluffant !
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N° 58 - juin 2014

Football : je t’aime… moi non plus

Les végétaux ont des super-pouvoirs. Avec la lumière du soleil, ils transforment l’eau et le CO2 en glucides et rejettent de l’oxygène. En principe, tous les collégiens ayant suivi un cours sur la photosynthèse savent ça. On ne nous a cependant pas appris à l’école qu’au cours de ce processus naissent aussi des électrons. Plusieurs labos tentent de les récupérer pour produire de l’électricité. Voici deux des techniques développées récemment. L’idée ? Faire de la photosynthèse une nouvelle source d’énergie renouvelable aux côtés de l’éolien et du photovoltaïque.

Planter des électrodes

Au sein de la start-up néerlandaise Plant-e, le retour à la terre prend un nouveau sens. Pour que le courant passe, il suffit de brancher des électrodes dans la terre, assurent les chercheurs de cette société créée en 2009, à partir de recherches menées au sein de l’université de Wageningue. Toute la matière organique produite par la plante pendant la photosynthèse n’est pas consommée par la plante. Environ la moitié est rejetée par les racines dans la terre. Là, des bactéries s’en régalent, la décomposent et, ce faisant, rejettent des électrons et des protons. Le système de Plant-e consiste à les capter avec une anode – l’électrode positive – placée près des racines de plantes aquatiques, car l’efficacité est plus grande dans l’eau. Avec une cathode – l’électrode négative – installée tout près, mais séparée par une membrane perméable aux protons, on engendre un courant électrique.

Ce printemps, deux dispositifs de 100 m2 ont été vendus, l’un au gouvernement néerlandais, l’autre à deux municipalités. De quoi produire 100 à 200 kWh par an sous le soleil des Pays-Bas, soit à peine de quoi charger un portable. Le système est pour l’instant encore loin d’être rentable. Mais en le perfectionnant, il le sera bientôt, assure Marjolein Helder, cofondatrice de Plant-e. « 4 % des zones humides néerlandaises seraient suffisantes pour atteindre nos 20 % d’électricité renouvelable en 2020 », affirme la jeune chercheuse. Sa pile végétale pourrait coloniser sans dommage les toits plantés des villes, les rizières, les marécages, pour un rendement impressionnant. « 15 % des zones humides dans le monde pourraient générer toute l’électricité dont nous avons besoin sur terre », assure-t-elle.

Pirater la photosynthèse

Pour chaque photon de lumière solaire capturé, les plantes produisent un électron, soit une efficacité de 100 %, contre seulement 12 % à 17 % pour les panneaux solaires. L’idée du professeur Ramaraja Ramasamy, de l’université de Géorgie aux Etats-Unis, est donc de pirater le système ! « Nous avons développé une façon d’interrompre la photosynthèse afin de capturer les électrons avant que la plante ne les utilise pour faire du sucre », explique-t-il. Mais le chercheur et son équipe ne chapardent pas tous les électrons produits par la plante, ils lui en laissent tout de même un minimum pour qu’elle assure son développement.

La technique consiste à prélever dans les cellules du végétal une structure appelée thylacoïde, responsable de la capture et du stockage de l’énergie du soleil. Les protéines contenues dans les thylacoïdes sont manipulées pour interrompre la voie le long de laquelle circulent les électrons. Ces thylacoïdes modifiés sont ensuite immobilisés sur des nanotubes de carbone, près de 50 000 fois plus fins qu’un cheveu humain, qu’on insère dans la plante pour capturer les électrons produits par le végétal et envoyer le courant le long d’un fil. Rien de commercialisable pour le moment, mais Ramaraja Ramasamy espère améliorer sa technique pour bientôt concurrencer les panneaux solaires. —

Branchés, les grillons !

On compte sur terre 139 millions d’insectes pour un humain. Soit des milliards de milliards de petites bêtes qui vibrent et émettent toutes sortes de sons. Et si on récupérait toute cette énergie sonore et vibratoire pour produire de l’électricité ? C’est l’idée de cinq étudiants ingénieurs qui viennent de remporter le prix Artscience, consacré cette année à l’énergie du futur. Leur projet, baptisé Pokiwa (pour « Power kreated by insects of wild Amazonia »), consiste à déployer sur le sol un parterre de fleurs artificielles qui attirent les insectes et captent leurs ondes sonores et leurs mouvements pour les convertir en électricité. Le « bzzzz » d’un bourdon ou le « crrrr » d’un grillon atteint 100 décibels. Or, dès 60 décibels, on peut convertir une onde en électricité. Un dispositif Pokiwa pourrait alimenter un téléphone portable. L’objectif premier de ses concepteurs est de le développer à Manaus, au Brésil, où l’activité des très vaillants insectes amazoniens pourrait éclairer les bidonvilles ! —
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  • Bonjour, je suis toujours pour le moins perplexe, quand on nous explique qu’il est merveilleux de capter ces électrons aux plantes, sans aucune analyse d’impact sur son développement, et que le miracle des nanotubes de carbone va nous sauver des centrales nucléaires.
    La bêtise humaine et la course au profit n’a pas de limite.
    Il est plus que temps de nous poser les bonnes questions, plutôt que chercher des réponses à des questions mal formulées

    2.06 à 08h51 - Répondre - Alerter
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