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10-11-2009
Mots clés
Chronique

Iceman sauve les glaces du Ladakh

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Chewang Norphel, 74 ans, est Ladakhi. Ex-ingénieur du génie civil dans la région de Jammu et Cachemire, il fut chargé entre 1960 et 1996 de construire de petits réservoirs permettant de récupérer l'eau de fonte des glaciers. Aujourd'hui, ce sont carrément des glaciers artificiels qu'il érige. Une mission qui lui a valu son surnom : "Iceman".
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Norphel affirme que le climat a beaucoup changé au cours de ces dernières années. Là où l’on recevait plusieurs pieds de neige, il n’en tombe aujourd’hui qu’une fine couche. Certains glaciers ont reculé de plus de 2000 pieds. D’après le groupe d’experts inter-gouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les glaciers himalayens fondent de 7% par an. Ils pourraient disparaître entièrement d’ici à 2030. Or, les conséquences sont immenses. Plus d’un demi-milliard de habitants de la région des Himalayas et de l’Indus, et un quart de milliard en aval dépendent de l’eau issue de la fonte des glaciers pour l’irrigation, l’eau potable et l’énergie hydraulique. Au Ladakh 80% de la population y puise ses ressources, explique Norphel.

Mais pourquoi les glaciers reculent-ils ? A cause de la montée de la température. A cause aussi des pluies plus erratiques qui ne rechargent plus suffisamment les glaciers. Les fontes ne sont pas compensées, le volume de glace stocké d’une saison sur l’autre diminue rapidement. "Quand j’étais enfant, il tombait au moins 3 pieds de neige chaque hiver. Maintenant c’est 3 pouces", confie Norphel.

Selon sa taille, un glacier artificiel coûte entre 300 000 et 1 million de roupies (entre 4300 et 14 300 euros) , soit le salaire annuel d’un ingénieur. Norphel a déjà construit 10 glaciers artificiels mais l’un d’entre eux a été détruit lors des inondations de 2006. Jusqu’ici, l’homme a reçu peu d’aides du gouvernement. Cette année pourtant le département de la Science et de la Technologie lui a accordé 13 Lakhs ou 1 300 000 roupies (18 600 euros) pour construire et entretenir deux glaciers dans les deux ans à venir. 10 autres Lakhs (14 300 euros) vont être versés par l’Armée indienne postée au Jammu et Cachemire, au titre de son opération "Sadbhavana" qui vise à aider les populations.

Simple et efficace, le concept peut être mis en oeuvre avec des moyens locaux et la seule force humaine, explique le docteur V.C. Goyal du département Science et de la Technologie. Et la technique peut être appliquée dans bien des endroits de la ceinture himalayenne, car l’eau manque un peu partout en raison du retrait des glaciers. D’après le rapport 2008 du Programme des Nations Unies pour l’environnement, le Gange, le Brahmapoutre et l’Indus, qui représentent plus de 60% des ressources en eaux indiennes, pourraient devenir des fleuves saisonniers. Une catastrophe majeure pour le pays. Car les populations n’auraient pas d’endroit où se réfugier. Si au nord, s’étend la Chine, à l’est et à l’ouest, on trouve les Etats issus de la partition de 1947.

Par Fabrice Flipo, maître de conférence en philosophie et chercheur au groupe de recherche interdisciplinaire ETOS (Ethique, Technologie, Organisations, Société).

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