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5-06-2009
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Interview

La "croissance verte" et le Grenelle

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La "croissance verte" et le Grenelle
 
La "croissance verte", expression du moment, fait actuellement l'objet d'un cycle de conférence à l'Université de tous les savoirs. Matthieu Orphelin, directeur énergie, air et bruit de l'Ademe, se trouvait derrière le pupitre, jeudi 4 juin, pour promouvoir ce concept du Grenelle. Entretien.
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- Qu’est-ce que la "croissance verte" ?

C’est repenser un nouveau mode de croissance, où on va mettre la raréfaction des ressources, l’impact environnemental, le coût des énergies au centre du développement. La croissance verte, ce n’est pas la décroissance, c’est continuer à satisfaire nos besoins, mais mieux, et avec des produits et des services qui consomment moins de ressources non renouvelables.

- Nicolas Hulot, dont vous avez salué, pendant votre conférence, l’action au moment de la campagne présidentielle de 2007, estime, dans un entretien au JDD datée du 29 mai, que cette croissance verte ne suffira pas, qu’elle devra inévitablement s’accompagner "de sacrifices, de normes plus contraignantes et contraintes environnementales et énergétiques fortes"...

On va aller vers un changement global de tous nos modes de consommation et de production. Ce qui est clair, c’est que la route du Grenelle est celle du facteur 4 [diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, ndlr.]. On peut déjà le faire avec cette notion de croissance verte, avec ces efforts sur les bâtiments, sur les transports, sur la consommation, sur l’agriculture. La décroissance, c’est peut-être un stade ultime, mais réussissons déjà le pari de revenir à des modes de consommation et de production plus durables pour se mettre sur la bonne voie. C’est un chemin qui est déjà une vraie révolution par rapport à ce qu’on fait aujourd’hui. Réussissons déjà cela.

- Compte tenu de l’urgence climatique, est-ce que cela sera suffisant ?

Le pari du Grenelle, c’est que l’on va y parvenir. Avec les grands programmes d’amélioration énergétique dans les logements existants, avec les transports propres, avec toutes les lignes de TGV, les tramways qu’on va faire, avec les voitures moins polluantes... Aujourd’hui, moi je veux bien rêver tous ensemble à un monde sans voitures dès demain, mais on sait que ce n’est pas possible.

- Justement, vous disiez pendant votre conférence, que la croissance verte c’est par exemple le bonus-malus parce qu’il a permis aux Français de continuer à acheter une voiture. Mais inciter les Français à acheter une voiture qui pollue, certes moins, mais qui pollue, est-ce que c’est vraiment la croissance verte ?

Nous, on veut être réalistes. Mettre en place uniquement un malus sur les voitures les plus polluantes, c’était une des solutions qui était en discussion. Ce qui est apparu, et c’est même les associations écologistes qui ont dit, c’est que le malus en lui-même aurait eu du mal à passer. C’est pourquoi nous avons choisi de faire un bonus-malus. C’est un compromis. Inciter des gens à acheter une voiture qui consomme 20 ou 30 % de moins, c’est un bon premier pas.

De toute façon, le saut que certains réclament de passer tout de suite à quelque de beaucoup plus contraignant, c’est un choix que la société est pas prête à accepter. C’est pour ça que nous, on y va progressivement. Et progressivement, ça ne veut pas dire lentement. La voie qui a été choisie dans le Grenelle, c’est clairement l’incitation, pas la contrainte pour tout partout. Il faut tenir compte de la réalité de la vie des gens. Et la personne qui a habite à 20 km de son lieu de travail et qui a besoin de sa voiture, il faut qu’on l’aide à choisir une voiture moins polluante.

- Agir sur la croissance verte, c’est faire de la relance sur des infrastructures et bâtiments plus propres comme vous l’expliquiez pendant votre conférence. Pourtant, le volet vert du plan de relance, annoncé en février par le gouvernement, ne représente que 5 millions d’euros sur le montant global de 26 milliards.

Parce que les gens oublient qu’avant le plan de relance , il y a le Grenelle. Et le Grenelle, pour nous, c’est clairement un plan de relance avant l’heure. On ne l’a pas fait pour répondre à la crise, mais pour répondre à l’urgence écologique. Mais il garde tout son sens dans cette période de crise. Et vous savez, les mesures qu’on a prises dans le Grenelle, finalement, les autres pays les ont prises et les ont mises en œuvre dans leur plan de relance. Nous, on a été un peu en avance. Il faut regarder le plan de relance plus le Grenelle.

En savoir plus :

- Le programme du cycle de conférences de l’Université de tous les savoirs

Sources de cet article

- A lire sur Terra eco : Les emplois verts, rêve ou réalité

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