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25-04-2011
Mots clés
Energies
Japon
Décryptage

Fukushima : le coût économique

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Fukushima : le coût économique
(Crédit photo : Jürgen Nefzger)
 
Des coupures de courant au Japon aux soubresauts de l’économie mondiale, tour d’horizon des conséquences sonnantes et trébuchantes de Fukushima.
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N° 25 - mai 2011

Nicolas Hulot s’explique

Démantèlement de la centrale : plus de 8 milliards d’euros

Plusieurs mois seront nécessaires avant de ramener les réacteurs de la centrale de Fukushima à une température durablement sécurisée. Les autorités japonaises estiment qu’il faudra peut-être trente ans pour décontaminer et déconstruire le site. Coût : 8,2 milliards d’euros. L’accident de Fukushima a été classé au niveau 7 par les autorités nucléaires locales, soit le maximum sur l’échelle de gravité mise en place par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Pour mémoire, plus de douze années ont été nécessaires au démantèlement de la centrale de Three Mile Island aux Etats-Unis, après l’accident de 1979, de gravité 5 sur l’échelle internationale. La World Nuclear Association affirme que le coût des opérations s’est élevé à 1 milliard de dollars environ (700 millions d’euros environ) . Vingt-cinq ans après Tchernobyl, accident de gravité 7, un nouveau sarcophage doit être construit. Son coût : 1,5 milliard d’euros, au moins. Le financement n’est pas bouclé. Les opérations de surveillance et de démantèlement dureront au moins… cent ans !

Indemnités… astronomiques

10 milliards d’euros ? Dix fois plus ? Difficile de chiffrer avec certitude le coût des dommages réclamés par les victimes de l’accident de la centrale de Fukushima à l’électricien Tokyo Power Electricity (Tepco). La banque Merill Lynch avance la facture – salée – de 11 000 milliards de yens (91 milliards d’euros). La liste des plaignants peut, il est vrai, s’allonger très vite. Des habitants ne retrouveront jamais leur maison : Tepco leur a proposé, à ce stade, une indemnité de quelque 8 000 euros par foyer. Parce que la zone a subi des rejets très radioactifs, des pêcheurs des environs de la centrale de Fukushima craignent de ne plus pouvoir vivre de leur métier. Des terres agricoles alentour sont condamnées. La liste est longue comme un jour sans pain. L’opérateur de la centrale pourra-t-il assumer seul le versement de ces indemnités ? Des négociations sont déjà en cours avec l’Etat japonais, qui s’apprête bel et bien à jouer le rôle d’assureur en dernier recours.

Grosses coupures (de courant)

Les petites coupures pourraient ouvrir de grandes plaies. Premier effet : 2,5 milliards d’euros de recettes perdues par an pour Tepco, pendant les dix ans d’exploitation qu’il restait à la centrale. La centrale représentait 11 % de la production annuelle de l’électricien. Elle fournissait aussi 3 % environ de l’électricité du pays. Et c’est le deuxième effet : les coupures tournantes imposées aux habitants, administrations et entreprises de la région alimentée par Tepco – dont Tokyo – ralentissent le quotidien… et donc l’économie. Chiffrage ? Impossible à ce stade. Il faudra enfin ajouter le troisième effet : en cascade, c’est toute la production japonaise, mais aussi l’économie mondiale, dépendante de pièces de haute technicité – notamment électroniques – fabriquées au Japon, qui pourraient bien tousser. Pour ne rien arranger, l’effet Fukushima se cumule par ailleurs avec l’effet tsunami.

Nuages sombres sur la filière nucléaire

Sans mauvais jeu de mot, le coût des retombées de Fukushima pour la filière nucléaire pourrait se chiffrer en dizaines de milliards d’euros. Avant la catastrophe, le potentiel de développement des réacteurs nucléaires dans le monde était chiffré entre 1 000 et 1 500 milliards de dollars (entre 700 et 1 000 milliards d’euros) pour les vingt années à venir, avec le lancement de 250 unités. Pour les réacteurs en activité, le marché est estimé à plus de 150 milliards d’euros sur la même période. Après Fukushima, ces chiffres vont devoir être revus à la baisse.

Si des Etats maintiennent leurs programmes nucléaires, d’autres en ont déjà annoncé le décalage, comme la Grande-Bretagne, voire l’abandon, comme l’Allemagne. Outre-Rhin, des voix s’élèvent pour un référendum sur une sortie européenne du nucléaire. Et l’on voit mal comment des pays dont la culture de la sûreté n’est pas solidement ancrée (la Libye, par exemple), pourraient un jour prétendre s’équiper. Or, un réacteur neuf peut se vendre plus de 5 milliards d’euros. A chaque projet abandonné, c’est donc l’équivalent de 14 Airbus A380 qui part en fumée. Dans l’Hexagone, la filière nucléaire emploie pas moins de 100 000 personnes. Les sous-traitants d’EDF et ceux d’Areva scrutent l’horizon avec inquiétude. —

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