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7-05-2012
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Energies
France

François Hollande, le président de la transition ?

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François Hollande, le président de la transition ?
(Crédit photo : jmayrault - Flickr)
 
S'il a peu parlé d'environnement dans la campagne, Hollande a fait mention dans son premier discours d'une transition écologique de l'économie et d'une transition énergétique.
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Le nouveau Président de la République n’est pas tombé dans l’écologie quand il était petit : « François n’est pas un écolo qui s’ignore, reconnait Marie-Hélène Aubert, en charge du pôle « environnement, développement durable, énergie » de son équipe de campagne. Mais il a fortement écouté et réfléchi sur ces sujets. Le but n’est d’ailleurs pas que nous lui apportions des réponses clé en main mais bien qu’il s’empare lui-même de la question ». Une écoute que reconnaissent d’ailleurs volontiers les ONG du Grenelle comme elles l’ont confié à l’agence de presse AEDD après l’avoir reçu le 29 février dernier. Et ce, même si elles regrettent souvent le flou et le manque d’enthousiasme du candidat sur cette thématique.

Dans ses 60 engagements pour la France en effet, peu de place pour l’écologie et plus globalement pour le développement durable. Du moins pas assez aux yeux des plus militants. D’ailleurs, pendant la primaire, la faveur de ces derniers allait plus volontiers à Martine Aubry ou à Arnaud Montebourg. Mais « il y a beaucoup de courants au PS et nous ne sommes pas homogènes sur ces questions. Cependant je me sens très à l’aise chez les socialistes » tient à préciser Marie-Hélène Aubert, transfuge des Verts, qui estime que les medias politiques ne s’intéressent pas non plus spécialement à cette thématique lorsqu’il en est fait mention dans les discours.

Une mutation faite avec les citoyens

Pour la responsable du pôle environnement de la campagne socialiste, « l’idée force » de François Hollande est « la transition : à la fois, la transition énergétique et la transition écologique de l’économie  », précise-t-elle. « L’écologie et l’environnement sont des leviers pour sortir de la crise. (…) C’est de notre responsabilité de permettre de passer d’une économie à une autre », déclarait-il lors du congrès de France Nature environnement (voir article lié). Et celle-ci doit s’élaborer en lien avec les citoyens et la société civile. En tant que candidat il s’était engagé à ouvrir un dialogue environnemental qui soit au même niveau que le dialogue social, avec une grande conférence environnementale de type Grenelle de l’environnement dès le début du mandat. Ce grand débat, mis en place par une Haute autorité, devrait aussi associer les parlementaires - qui s’étaient senti délaissés du processus de 2007 - et les collectivités locales avec qui « un nouveau contrat écologique » sera passé. Il est notamment prévu la mise en place de débats sur l’avenir énergétique sachant que les régions devraient récupérer de nouvelles prérogatives en la matière, assure Marie-Hélène Aubert.

Si les grandes lignes du futur mix énergétique version PS sont connues - réduction de 75% à 50 % de la part du nucléaire dans l’électricité avec fermeture de Fessenheim mais poursuite de la construction de l’EPR de Flamanville-, les détails du programme restent flous. La question même de savoir si le débat sur l’énergie prévu pour durer 4 à 6 mois à partir de l’automne - et devant déboucher sur une « loi de programmation énergétique » - pourrait aller jusqu’à faire évoluer ces « 50% » de nucléaire dans un sens comme dans l’autre n’est pas tranchée. Tout comme les compétences précises dévolues aux collectivités territoriales ou encore comment atteindre cette fameuse baisse du nucléaire dans le mix énergétique (structuration de la filière des énergies renouvelables, niveau des agro-carburants, plan d’efficacité énergétique, etc.)…Un manque de précision qui se retrouve sur l’ensemble des questions environnementales. « C’est en réflexion » éludera à plusieurs reprises Marie-Hélène Aubert.

De la politique agro-environnementale, on retiendra que le candidat entend « renforcer la prise en compte des critères agro-environnementaux de production » dans la réforme de la PAC et favoriser l’agriculture biologique, tout comme les circuits courts, réduire l’usage des pesticides et interdire l’utilisation des OGM en plein champ (sans être opposé aux recherches scientifiques en milieu confiné). Et « la préservation de la biodiversité sera une des deux grandes priorités de l’agenda environnemental avec la transition énergétique », assure le staff du candidat.

Mesures destinées à favoriser cette mutation imprécises

Concernant le financement de la « transition », si François Hollande affirme que « l’écologie sera au cœur de la grande réforme fiscale » selon le « principe du pollueur payeur », difficile d’en savoir plus sur les taxes qui seront mises en place à la fois du côté des entreprises et des particuliers, telles que la « contribution écologique aux frontières de l’Europe » ou la bio-conditionnalité des aides publiques annoncées au congrès FNE. En revanche, depuis une tribune du candidat dans Libération en réponse au collectif « Robin des bois », on en sait un peu plus sur la taxe sur les transactions financières (de 0,05% sur l’ensemble des transactions y compris les produits dérivés) qui devrait être affectée dans « trois grandes directions : la solidarité européenne par la lutte contre le surendettement des Etats ; la croissance européenne, par le financement de grands projets ; le financement international du développement et de la lutte contre le changement climatique. »

A noter que la transition écologique, sociale et solidaire de l’économie devrait être financée en partie par les fonds de la nouvelle Banque publique d’investissement que le candidat socialiste appelle de ses vœux, l’épargne des Français (à travers le doublement du plafond du livret DD) ou encore un « budget européen (2014-2020) au service des grands projets d’avenir (…) notamment dans les domaines des technologies vertes et des transports de marchandises ferroviaires ». Pour ne pas faire peser le coût de la croissance verte sur les plus démunis et « faire sortir 8 millions de Français de la précarité énergétique », des tarifs progressifs devraient être instaurés pour l’eau, le gaz et l’électricité.

L’agenda du changement

Dans son « agenda du changement » dévoilé le 4 avril 2012, François Hollande envisage de faire voter dès l’été, lors d’une session extraordinaire du Parlement (3 juillet au 2 août) une « loi d’assainissement des activités bancaires » séparant les activités de dépôt et des activités spéculatives, lutte contre les produits toxiques et les paradis fiscaux. Dès la mi-juillet une Conférence nationale pour la croissance et l’emploi permettra de lancer les principaux chantiers sociaux du quinquennat puis ce sera au tour du « Débat national sur la transition énergétique ». Par la suite serait votée une « loi de développement économique et social » destinée à créer la Banque publique d’investissement, lutter contre les licenciements boursiers et les restructurations « sauvages », mettre en place des « contrats de relocalisation », organiser la participation des salariés aux conseils d’administration et aux comités de rémunération des grandes entreprises, et la notation sociale des entreprises.

François Hollande et la RSE

Sur la question de la Responsabilité Sociale des Entreprises, François Hollande s’est fait discret après avoir lancé l’idée d’une notation sociale des entreprises qui, par ailleurs, existe déjà . On notera dans son programme la volonté de faire « prévaloir la justice au travail » en mettant en place une certification annuelle de la gestion des ressources humaines des entreprises de plus de 500 salariés, l’augmentation des cotisations chômage sur les entreprises qui abusent des emplois précaires, le vote d’une loi sanctionnant les entreprises ne respectant pas la parité en supprimant notamment les exonérations de cotisations sociales pour les mauvais élèves ou l’imposition d’un écart maximal de 1 à 20 des rémunérations des dirigeants d’entreprises publiques. Répondant à l’interpellation du CCFD sur la responsabilité des maisons mères des multinationales vis-à-vis de l’impact social et environnemental de leurs filiales dans les pays du Sud et de leurs pratiques d’évasion fiscales, le candidats s’est déclaré « d’accord avec ces préoccupations.(…) Si nous sommes élus, nous aurons un dialogue direct avec certaines grandes entreprises présentes dans les pays du Sud, et vous savez lesquelles. Sur la question fiscale, c’est une double impasse. Elles ne paient d’impôts ni en France, ni dans les pays du Sud », a rapporté l’ONG à l’agence de presse spécialisée AEDD.

Cet article de Béatrice Héraud a initialement été publié sur Novethic, le média expert du développement durable, le 7 mai 2012.

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  • Marrant, je n’ai pas cette image le0 du gratin, j’ai plutf4t l’image de ququele chose de croustillant et moelleux en dessous, un peu comme le crumble... Mais tu as raison, ces jeux stimulent en ge9ne9ral notre cre9ativite9. Et comme tu dis, on ne peut he9las pas participer e0 tous...J’aime bien les plats pre9sente9s en coque de pain (la coque brioche9e et plus inattendue car le9ge8rement sucre9e..), et tes mousserons me font tre8s envie !

    6.08 à 22h35 - Répondre - Alerter
  • pas vraiment , la gauche avait critiquer sarko pour son hyper présidence , bein hollande fait pire , il est partout , cause beaucoup mais personne l’écoute réellement

    6.07 à 02h50 - Répondre - Alerter
  • Je suis profondément convaincu que Hollande était le candidat ayant la réflexion la plus approfondie sur cette question cruciale de la transition écologique.

    Par contre, le nouveau président et son équipe n’ont pas assez réfléchi à l’illusion d’une croissance espérée qui ne s’appuyerait pas sur les enjeux écologiques. Voir mon article sur ce sujet : http://www.fiscalite-environnementa...

    8.05 à 08h35 - Répondre - Alerter
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