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24-06-2014
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Sports
Monde

Foot : pourquoi les Italiens vont (sans doute) manger des chips

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Foot : pourquoi les Italiens vont (sans doute) manger des chips
(Le but de l'Uruguayen Diego Godin élimine l'Italie du Mondial. Crédit photo : calciostreaming - flickr)
 
Des brocolis pour les supporters des vainqueurs, des pizzas pour les fans des losers. Les victoires et les défaites de nos équipes préférées auraient un effet sur notre alimentation. Explications.
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Il y a fort à parier que ce mercredi, au lendemain de l’élimination de l’Italie de la Coupe du monde au Brésil, les habitants de la Botte vont noyer leur chagrin dans la graisse des pizzas et le sel des chips. Il est aussi vraisemblable qu’après la large victoire des Bleus contre la Suisse les Français aient privilégié les brocolis, le melon et la salade verte. « Quand on parle d’alimentation, on a tendance à surestimer la part du contrôlable – “Je mange parce que j’ai faim et que j’aime”. Il y a aussi une partie liée à la tradition sociale et à l’émotion », souligne Pierre Chandon, professeur de marketing à l’Insead (Institut européen d’administration des affaires) et auteur, en 2013, d’une étude mesurant les effets des résultats sportifs sur l’alimentation des supporteurs (en PDF).

Au détour de celle-ci, le chercheur a scruté le menu de plusieurs centaines d’Américains – fans de sport ou non – après le succès ou la déroute de l’équipe de NFL (1) locale. Résultat : le lundi suivant le match, la consommation d’acides gras saturés augmentait de 16% dans les villes endeuillées par une défaite de leur équipe et baissaient de 9% dans les zones couronnées par une victoire. L’effet mesuré était plus important dans les villes comptant le plus de supporteurs avérés (+28% d’acides gras saturés après une défaite, –16% après une victoire). Idem pour les teneurs globales en calories augmentées de 10% après un match perdu et en recul de 5% après une épreuve remportée. En clair, résume Pierre Chandon, « après une défaite, on mange plus et mal. Après une victoire, on mange moins et mieux ».

La solution : relativiser

Mais pourquoi une telle corrélation ? « Quand on est fan, le foot fait partie de son identité. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si l’on dit : “on a perdu” ou même “j’ai perdu” quand son équipe encaisse une défaite. On se sent diminué, fatigué. C’est alors plus difficile de tenir ses bonnes résolutions et de manger des brocolis », décrypte le professeur de marketing. Une tendance d’autant plus importante que l’émotion engagée est forte. Dans l’expérience réalisée auprès des Américains, le mouvement vers la nourriture grasse ou, au contraire, les aliments sains était plus net quand les équipes opposées étaient de même niveau et la défaite ou la victoire non prévue par les pronostics sportifs. L’appétit pour le gras était, lui, davantage observé lors d’une défaite avec un score étroit. « C’est l’effet “on aurait pu gagner” qui fait que tout le monde se rue sur les chips. On observe ce même phénomène si l’on regarde les photos des athlètes aux JO. C’est toujours celui qui a la médaille d’argent qui fait le plus la gueule. Parce qu’il se dit qu’il aurait pu décrocher l’or. Alors que celui qui a le bronze est déjà content d’être sur le podium », s’amuse Pierre Chandon.

Si votre main se tend mécaniquement vers le paquet de chips au lendemain d’une déroute sportive, reste une solution : se souvenir que, dans votre existence, le foot (comme le tennis, la planche à voile ou le curling…), ce n’est pas tout. Dans la deuxième partie de son étude, le chercheur a fait visionner à un premier groupe de cobayes – Français ceux-là – la victoire des Bleus contre la Squadra Azzura à l’Euro 2000. A un second, il a repassé la revanche des Italiens lors de la Coupe du monde 2006. Comme leurs homologues américains, ceux qui avaient visionné la victoire lorgnaient plutôt vers les tomates cerises quand les seconds étaient plutôt attirés vers les bonbons au chocolat. A une nuance près… Certains cobayes du groupe défaite avaient dû, dans la foulée, nommer et classer les valeurs essentielles à leur existence : famille, argent, religion… Or, chez ceux-là, l’équation « défaite = nourriture grasse » ne s’observait plus. Simplement parce que le petit exercice leur avait permis de reconstruire une partie de leur identité perdue et « d’amoindrir l’impact de la défaite ». Un conseil donc, en cas de débâcle des Bleus : faites un tour vers la chambre du petit dernier avant de courir vers le frigo.

(1) La National Football League regroupe les équipes professionnelles de football américain.

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