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Google ou Facebook, qui est le plus vert ?

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Google ou Facebook, qui est le plus vert ?
(Illustration tirée de la campagne de Greenpeace pour « verdir » Facebook)
 
Alors que Facebook est une nouvelle fois attaqué par Greenpeace pour utiliser une électricité bien peu verte, Todd Cort, pédégé du cabinet de conseil social et environnemental Two Tomorrows, juge les stratégies des géants de la Silicon Valley.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Pas vert Facebook ? Soucieux de réduire son empreinte carbone, le roi des réseaux sociaux était pourtant fier de son centre de données flambant neuf, peu gourmand en énergie, localisé dans l’Oregon. Jusqu’à ce que Greenpeace parte en campagne en avril dernier sous prétexte que ce « datacenter », aussi peu énergétivore soit-il, carburait au charbon sale. Pour propager le message, l’association écologiste s’est habilement servie… de Facebook en créant un groupe (fort de 600 000 membres), exigeant du réseau social qu’il utilise 100% d’énergie verte. Facebook s’est défendu en expliquant qu’il ne peut rien au fait que le fournisseur d’électricité qui alimente son centre de données carbure au charbon. L’argument n’a pas convaincu Greenpeace qui a estimé qu’il était temps pour Facebook de profiter de sa gigantesque influence pour dénoncer la dictature des énergies sales. Aujourd’hui, Greenpeace en rajoute une couche à travers une jolie petite vidéo d’animation (à voir ici).

Sachant que les internautes américains passent désormais plus de temps sur ce site que sur Google, l’entreprise fondée par Mark Zuckerberg en 2005 dans le dortoir de l’université de Harvard doit-elle montrer l’exemple ? Qui de Google, entreprise réputée comme le bon élève du vert, de Facebook ou du futur grand Twitter fera le plus d’efforts pour épargner la planète ? La réponse de Todd Cort, pédégé de Two Tomorrows en Amérique du Nord, cabinet de conseil qui évalue les entreprises en fonction de critères sociaux et environnementaux.

« Terra eco » : Comment Facebook peut-il devenir vert ?

Todd Cort : « Une entreprise de technologies de l’information et de la communication comme Facebook a deux moyens de verdir ses opérations. La première, et Facebook travaille à cela, consiste à réduire sa facture énergétique en améliorant l’efficacité énergétique de ses serveurs et ordinateurs. La seconde est d’investir dans les énergies alternatives et force est de constater que Facebook prend du retard dans ce domaine par rapport à d’autres géants (de la Silicon Valley, ndlr) comme Google, HP ou eBay qui ont adopté les deux stratégies. Google a des serveurs verts et des panneaux solaires sur ses toits, eBay a une BLOOM box (pile à combustible qui rêve de remplacer les centrales électriques, ndlr), HP des installations solaires. Même si le fait d’investir dans des énergies alternatives contribue moins à réduire la facture d’électricité d’une entreprise que le fait de concentrer ses efforts à améliorer son efficacité énergétique, investir dans des panneaux solaires ou dans une BLOOM Box est une bonne stratégie de relations publiques. D’un côté, Facebook a un peu les mains liées puisque ses centres de données sont localisés dans des régions où les fournisseurs d’électricité ne carburent pas beaucoup à l’électricité verte – n’oublions pas qu’aux Etats-Unis 70% de notre électricité provient de centrales au charbon – mais de l’autre la société devrait songer à mettre en place un politique environnementale qui fait la place aux énergies vertes. Même si installer des panneaux solaires sur le toit de ses bâtiments peut paraître symbolique, cela améliore l’image verte de l’entreprise. Google investit beaucoup d’argent pour développer les énergies alternatives et la stratégie est payante en terme d’image de marque. »

Que conseilleriez-vous à Facebook ? Quelles devraient être ses priorités ?

« Tout d’abord, je leur demanderais si le fait d’améliorer leur réputation d’entreprise verte est leur priorité. Je pense qu’à l’heure actuelle, Facebook doit se préoccuper de sa responsabilité sociétale et que priorité devrait être donnée à la nécessité de protéger les données personnelles et la vie privée de ses utilisateurs (Facebook s’est attiré les foudres de ses utilisateurs en diffusant librement une grande quantité de données, ndlr). Cela dit, je pense que l’entreprise devrait aussi s’engager plus fermement à améliorer son efficacité énergétique mais je leur conseillerais plutôt de travailler à cela en se fixant des objectifs de réduction très précis de leurs émissions de gaz à effet de serre. Facebook devrait également investir dans des projets verts à la manière de Google. Enfin, Facebook devrait au moins s’assurer que ses fournisseurs d’électricité achètent un gros pourcentage de certificats verts. »

Google, entreprise réputée verte, est-il l’exemple à suivre et qu’en est-il de Twitter, réseau social en pleine croissance ?

« Google n’est pas nécessairement le leader en matière d’efficacité énergétique. Si je devais lui donner une note, je lui donnerais la moyenne par rapport à des sociétés comme HP ou Intel (voir le classement effectué par Two Tomorrows dans le cadre d’une étude intitulé « How Green is Silicon Valley » où Google n’obtient que la 6e place au classement des entreprises les plus vertes, ndlr). J’avoue ne pas connaître suffisamment la politique énergétique de Twitter pour pouvoir faire de commentaires. En règle générale, il convient toutefois de noter qu’il est de plus en plus facile pour les sociétés dans le domaine des technologies de l’information et de la communication de verdir leurs opérations car les fournisseurs de solutions pour les centres de données – comme Cisco et Juniper – leur offrent des solutions vertes clés en main (la « green IT » ou informatique verte étant la nouvelle tendance, ndlr). En revanche, j’estime que des acteurs majeurs d’Internet comme Google ou Facebook doivent user de leur influence pour engager la société à être plus responsable et leurs utilisateurs à réduire leur consommation énergétique. »

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Correspondante de « Terra eco » en Californie, Anne Sengès est l’auteur de « Eco-Tech : moteurs de la croissance verte en Californie et en France », paru en novembre 2009 aux éditions Autrement.

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