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16-04-2013
Mots clés
Transports
Consommation
France

Ecologie : les Français (encore) moins investis en 2013 qu’en 2008

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Ecologie : les Français (encore) moins investis en 2013 qu'en 2008
(Crédit photo : bootbearwdc - flickr)
 
Comment ont évolué les Français sur la question du développement durable depuis 2008 ? Réponse : très mal, selon une série de sondages.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Et vous, que répondriez-vous si l’on vous appelait un de ces soirs pour vous demander votre opinion sur le changement climatique ? C’est à cet exercice bien difficile que se prêtent chaque année 2 100 personnes (voir la méthodologie au bas de cet article) depuis 2008, dans le cadre des enquêtes de conjoncture auprès des ménages menées par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) pour le compte du Commissariat général au développement durable (CGDD). Le tout ne permet bien sûr pas de dresser un portrait exact de la France durable. Mais, en étudiant l’évolution des réponses au fil de cinq dernières années, on peut lire certaines tendances. Voici donc le portrait-robot du Français moyen et son évolution depuis 2009 grâce à la publication des résultats du cinquième sondage ce lundi.

- Le Français est toujours plus attaché à sa voiture

Si l’on en croit ces sondages, l’utilisation des voitures et motos a progressé depuis 2009, et même explosé entre 2011 et 2012. Moins de 32% des Français disaient se rendre au travail avec un véhicule motorisé en 2011. La part a grimpé à 38% en 2012 (voir les résultats complets dans le diagramme ci-dessous). De même, la part de ceux disant aller faire leurs courses en véhicule motorisé a grimpé de 51% à 64% sur la même période. Au détriment bien sûr des transports en commun. Le CGDD constate plus précisément « l’abandon massif du recours aux transports en commun comme mode de déplacement complémentaire ». Pire, les Français ne comptent pas vraiment laisser titine au garage de sitôt. Alors qu’en 2009, 36% d’entre eux pensaient adopter des modes de déplacement doux dans le futur, ils ne sont plus que 28% à envisager cette possibilité en 2012.

- Le Français aime le bio mais ne veut pas payer plus pour consommer mieux

Les Français sont d’accord pour acheter des produits plus respectueux de l’environnement, à condition de ne pas payer plus cher. C’est en effet en 2012 un critère essentiel pour 42% des Français, soit 15% de plus qu’en 2011 (voir les résultats complets dans le diagramme ci-dessous). Petit ouf (de soulagement), les achats de produits bios ne faiblissent pas. Ils ont même progressé de 9% depuis 2008. Mieux, c’est surtout dans les catégories sociales les moins privilégiées que sa consommation augmente. Le bio se démocratise, donc. Autre point positif, les Français sont un peu moins nombreux à ne jamais s’intéresser à la distance parcourue pour le transport et aux déchets générés par les produits qu’ils achètent. C’est déjà ça.

- Le Français veut que l’Etat se bouge pour la planète

Qui doit agir en priorité pour la protection de l’environnement ? En 2010, une majorité de ménages estimaient que c’était le rôle des entreprises. Deux ans plus tard, la priorité revient plutôt à l’Etat. Dans les deux cas, seul un quart des sondés jugent que c’est d’abord aux ménages d’agir.

- Le Français est inquiet pour le climat

En 2008, près de 35% des Français jugeaient que le problème environnemental le plus préoccupant était le changement climatique. En 2010, ils n’étaient plus que 16%. Les campagnes des climato-sceptiques auraient-elles fait des dégâts (retrouvez par ici notre dossier de l’époque et notre kit de survie pour dîner avec un climato-sceptique) ? Ou est-ce l’échec de la Conférence de Copenhague qui a nui à la cause climatique ? La tendance s’inverse en tout cas depuis, puisque le climat est redevenu le sujet le plus préoccupant selon une majorité de Français (20%), juste devant la pollution de l’air (19%) et les catastrophes naturelles (19%). Pas au point de moins rouler en voiture, cependant (voir plus haut), dirons les sceptiques.

-  Le Français de moins en moins motivé pour consommer moins d’énergie

Dans le domaine de l’énergie, un nouveau terme est né entre 2009 et aujourd’hui : « la transition énergétique ». Malheureusement, pour le reste, rien de nouveau, à part peut-être des mauvaises nouvelles. Les Français sont moins nombreux à envisager réaliser des travaux pour consommer moins d’énergie alors qu’ils sont aussi plus nombreux à juger que leur logement est mal isolé. Ils sont aussi de moins en moins nombreux à déclarer éteindre régulièrement la veille de leurs appareils électroniques : le taux est passé de 75% à 65% entre 2008 et 2012. On constate seulement une légère hausse du nombre de personnes déclarant ajuster le niveau de température de leur logement : ils sont passés de 38% à 44% des sondés. A vous de voir le thermostat à moitié vide ou à moitié plein.

Et vous ? Diriez-vous que vous avez progressé ou régressé dans ces domaines au quotidien ? Etes-vous plus ou moins motivés qu’il y a cinq ans ? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous :


Ces sondages ont été réalisés par l’Insee, dans le cadre de son enquête de conjoncture mensuelle auprès des ménages (Camme) par téléphone auprès de 2 100 individus environ. L’échantillon est constitué de ménages ordinaires équipés d’une ligne de téléphone fixe (tirés dans la base de données de France Télécom) et résidant en France métropolitaine. La personne interrogée est indifféremment le titulaire de la ligne ou son conjoint. Le dispositif permet également, le cas échéant et sur un mois donné, de rajouter une micro plateforme de 20 questions maximum sur des sujets variables. C’est le cas de la plateforme Environnement, proposée par le Service de l’observation et des statistiques du CGDD depuis 2008.

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  • Normal, avec la désinformation continue dont nous abreuvent les média. Nos pseudo-élites politico-médiatiques ne voient qu’une crise économique et financière, et non la crise écologique sous jacente. D’où le message rabâché à l’extrème : "L’écologie peut attendre, réglons la crise économique d’abord". Quel aveuglement !
    Lorsque le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt !

    23.04 à 22h02 - Répondre - Alerter
  • terrAedes : Evolution volontaire

    En 2008, mon épouse et moi-même nous lancions dans une aventure professionnelle audacieuse basée sur la distribution de produits alimentaires bios en direct de producteurs locaux. Puis nous quittions la ville pour nous isoler à la campagne dans une vieille bâtisse en pisé avec comme mode de chauffage un unique insert. A cette même époque, nous baptisions notre deuxième véhicule, nous bannissions l’atome pour tenter l’aventure Enercoop, nous nous régalions de grillades "bios" de bœuf et de cochon cuites sur braises. Nous tenions un discours énergique et militant auprès de nos amis et de la famille persuadés que nous pourrions changer le monde... Si l’on devait faire un bilan de tout cela, je dirais qu’au delà de notre motivation et de nos efforts, beaucoup d’incohérences subsistaient dans notre mode de vie et de consommation.

    Cinq ans plus tard :

    Notre projet professionnel n’a pas duré longtemps... mauvais endroit, mauvais moment... Nous qui souhaitions bâtir un avenir professionnel écologique et responsable sommes retombés de haut : Madame est retournée vendre des voyages à réaction et Monsieur est retourné faire de la mise en rayon en Grande Surface... Par les temps qui courent et avec deux marmots à nourrir...

    Notre projet de vie à la campagne s’est transformé en cauchemar : maison insalubre, pas isolé, propriétaire et agence malhonnêtes, utilisation incontournable des voitures, j’en passe... Nous avons déménagé dans une petite maison urbaine, ce qui nous permet aujourd’hui de ne quasiment plus utiliser la voiture, d’autant que Madame prend le train pour aller bosser et Monsieur... ses pieds. Nous sommes toujours chez Enercoop et ce choix est à présent définitif vu les événements japonnais. Seul bémol, le retour au gaz pour se chauffer...

    Côté alimentation, abandon du bœuf et du cochon (et du cheval si j’osais...). Nous n’avons conservé que la volaille locale de manière ponctuelle et limitons au maximum les produits de la pêche. Nous sommes quasiment arrivés au 0 emballage non recyclable. Nous compostons et arrivons avec l’expérience à un niveau de production potagère intéressant. Nous avons également banni lessives et autres produits de nettoyage ménager pour tout faire nous-mêmes.

    Pour les beaux discours, nous nous sommes bien calmés, car nous avons longtemps eu l’impression de pisser dans des violons percés. Nous avons appris à faire le dos rond face à l’incompréhension, le scepticisme et l’abrutitude ! Mais nous sommes contents de distribuer quelques conseils avisés lorsqu’une oreille attentive et intéressée se dresse.

    En conclusion, je dirai que nous continuons à cheminer sur une voie empruntée il y a maintenant plus de 10 ans. Et même si tout est loin d’être parfait, rien n’est figé et l’expérience nous aide à avancer dans le bon sens. Après tout Rome ne s’est pas faite en un jour. Je suis convaincu du bien fondé de nos choix même s’ils se heurtent encore et toujours à l’inertie ambiante. Et lorsqu’on me demande comment je suis devenu "écolo", je réponds que j’aime être la victime active d’une évolution volontaire.

    17.04 à 12h00 - Répondre - Alerter
    • Moi je trouve votre évolution très sympathique ! et puis après tout, tant pis pour ceux qui font la "sourde oreille" à vos discours écolos, moi aussi je connais, et je trouve finalement que même si l’évolution des autres n’avance pas aussi vite que nous voudrions, il y a quelques "victoires" (de plus en plus de gâteaux "bios" achetés par les uns et les autres que nous partageons lors de nos randonnées communes, et des bouteilles de vin blanc pour l’apéro du soir également en bio, par exemple).
      Courage et continuez dans votre motivation !
      Martine 44

      23.04 à 14h04 - Répondre - Alerter
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