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Ecosse : des îles troquent le nucléaire pour l’énergie marine

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Ecosse : des îles troquent le nucléaire pour l'énergie marine
(Photo : Projet d'usine marémotrice. Credit : ScottishPower Renewables)
 
Au nord-ouest de l'Écosse, les Îles Hébrides de Islay et Jura devraient bientôt voir s'installer la plus grande usine marémotrice du monde. Le pays se rêve déjà en Arabie Saoudite des énergies renouvelables.
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Laphroaig et Lagavulin. Ces deux noms ne vous disent rien ? Retenez-les. Déjà entrés au panthéon du whisky, ils seront bientôt au nombre des breuvages fabriqués grâce à l’énergie verte... et produits par la future plus grande usine marémotrice au monde ! Sa localisation ? L’Écosse bien sûr, où le gouvernement vient d’autoriser l’implantation du projet. Mené par la société ScottishPower Renewables, celui-ci devrait démarrer dès 2013 avec la plantation, sous l’eau, de la première des dix turbines à marée - l’équivalent aquatique de nos éoliennes. Le champ complet pourrait être opérationnel dès 2015.

Un quart du potentiel européen en énergie marémotrice

Pour ce pays, c’est l’occasion d’utiliser à bon escient le sale temps, les vagues et les courants agressifs qui façonnent ses côtes. « Avec près d’un quart du potentiel européen en énergie marémotrice et un dixième de la capacité d’utilisation de la force des vagues, les mers d’Écosse offrent d’incomparables possibilités de générer de l’énergie verte, de créer de nouveaux emplois à faible impact CO2, et d’apporter des milliards de livres d’investissements à ce pays. C’est ce que fait ce projet – le plus grand déploiement de ce genre dans le monde. Il posera un jalon dans le développement global de l’énergie marémotrice », explique John Swinney, Secrétaire écossais des finances, cité par le Guardian. L’endroit où seront plantées les turbines a en effet été choisi pour ses « piètres » conditions météorologiques. Situé au nord-ouest de l’Écosse et coincé entre les Hébrides d’Islay et de Jura, c’est un détroit s’apparentant à un canyon large d’un kilomètre dans lequel s’engouffre un des plus forts courants de marée du Royaume-Uni. Vitesse : pas moins de 11 km/h !

Cette colossale énergie sera alors convertie par les dix turbines, chacune capable de produire 1 megawatt (MW) d’électricité... soit assez pour couvrir deux fois les besoins en énergie des 5000 habitations installées sur les îles ! ScottishPower Renewables a aussi passé un accord avec le géant de la boisson Diageo afin de fournir l’énergie nécessaire à huit de ses distilleries et malteries de whisky installée sur les Hébrides, dont les célèbres Laphroaig et Lagavulin. Sur ce petit coin de terre, il n’est pas peu dire que l’arrivée de cette énergie verte est une révolution : l’électricité leur est aujourd’hui fournie par la centrale nucléaire d’Hunterston, installée sur le continent. Outre les remises en questions actuelles liées à la catastrophe japonaise de Fukushima, les habitants et les distilleries devaient subir de fréquentes coupures de courant, lorsque par tempête, les pylônes tombaient régulièrement à terre. En 2016, le réacteur sera mis hors service, et personne ici ne le regrettera.

Implantées sous l’eau et invisibles

Question investissement, l’énergie marémotrice, ça chiffre. En 2009, Alan Mortimer, à la tête des énergies renouvelables chez ScottishPower Renewables, admettait qu’exploiter l’énergie des marées revenait plus cher qu’exploiter le vent en offshore. Mais une usine marémotrice sait marquer des points : sous l’eau, on ne la voit pas, et il y a peu de risque qu’elle soit accusée de défigurer l’environnement. Pour bien faire les choses, la société exploitante collabore d’ailleurs activement avec les populations locales, embauchant par exemple des entrepreneurs locaux. « Nous avons estimé que le projet a déjà dépensé au moins 180 000 euros en services sur Islay et que ce chiffre atteindra 570 000 une fois l’installation achevée », se félicite en ligne Philip Maxwell, président de la Islay Energy Trust, une organisation aux mains de la communauté favorisant le développement des énergies renouvelables sur l’île. Le Trust devrait aussi percevoir une part des profits réalisés par la ferme marémotrice. En ligne de mire : réinvestir ces subsides dans des panneaux photovoltaïques ou tester un projet de voitures électriques.

Bref, au pays de la douche écossaise, on voit d’un bon œil l’arrivée de ce nouveau projet. Sans compter qu’il contribuera à atteindre l’objectif que s’est fixé le gouvernement écossais : produire 80% de ses besoins énergétiques grâce à des énergies renouvelables d’ici 2020. Et de faire rêver le premier Ministre écossais, Alex Salmond : grâce à l’énergie marine, il voit bien son pays devenir « l’Arabie Saoudite des énergies renouvelables offshore ». Rien que ça.

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Une enfance en pleine nature jurassienne, des études de biologie et de géologie, l’envie de transmettre cette passion pour le monde vivant, et le monde tout court, et un goût sans limite pour les nouvelles contrées. Alice est journaliste scientifique.

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  • Ils ne troquent pas vraiment le nucléaire contre l’énergie marine. Lorsque le champ complet sera en service en 2015 (10 turbines), il produira environ 10MW. Soit moins de 1% de la puissance électrique de la centrale de Hunterston.

    23.03 à 16h32 - Répondre - Alerter
    • Si tout le monde s’y mettait et si on parlait un peu plus des déchets nucléaires dont on ne sait quoi faire, peut-être que les énergies renouvelables auraient un peu plus le vent en poupe ! Je pense en particulier à la France qui a un potentiel formidable quand on compte les kilomètres de côtes sur l’Atlantique et qui n’est pas foutue de réaliser plus d’une usine marémotrice (celle de la Rance dans le Finistère) !

      25.03 à 10h47 - Répondre - Alerter
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