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7-11-2013
Mots clés
Alimentation
France

D’où viennent les mini-carottes, cette grande arnaque de l’apéro ?

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D'où viennent les mini-carottes, cette grande arnaque de l'apéro ?
(Crédit photo : 123rf)
 
Commercialisées sous un nom trompeur, les « baby carotts » sont de simples carottes découpées. Et certaines viennent en plus du bout du monde. Un gâchis inutile.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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N° 54 - janvier-février 2014

Toilettes : l’invention du XXIe siècle

Lors d’un pique-nique ou à l’apéro, mes mains ont à plusieurs reprises pioché dans un bol de « mini-carottes ». Sans prêter attention à ce mets nouveau, je l’avais pris pour un mini-légume comme les autres, un cousin de la tomate-cerise et du mini-chou-fleur.

Et puis le mythe s’est effondré. Jean-François Chemouni, dirigeant de la société CS Fruits et spécialiste des mini-légumes à Rungis, m’a confirmé que les vraies mini-carottes sont « un produit de niche et de luxe, qu’on vend d’ailleurs surtout à la période de Noël ». Du coup, la grande majorité des mini-carottes qu’on avale n’en sont pas. Ce sont en fait des carottes entières qui ont été nettoyées, envoyées sur un tapis roulant, tronçonnées, pelées, polies et emballées de manière industrielle. Vous n’y croyez pas ? Regardez la vidéo ci-dessous :

La bonne idée mal recyclée

Ces « bébé-carottes » au nom trompeur sont nées en Californie, au début des années 1980, de la main de Mike Yurosek. L’agriculteur avait trouvé une solution de génie pour ne plus jeter les carottes trop difformes ou trop moches qui poussaient dans son champ. Il s’est mis à les découper en petits morceaux pour les commercialiser en tronçons. Trente ans plus tard, la société de Mike a été rachetée, et cette astuce locale est devenue un business florissant et mondialisé. Un tiers des carottes fraîches vendues aux États-Unis le sont sous la forme de « bébés-carottes ». Deux entreprises, Grimmway Farms et Bolthouse Farms, installées dans le même et unique ville de Bakersfield en Californie, se partagent 90% du marché national. Elles n’utilisent pas les restes des champs du coin, c’est bien dommage, mais cultivent une espèce particulièrement adaptée à cette découpe, la longue, fine et sucrée carotte Imperator. Avec un marketing agressif (on vous conseille vivement de voir la pub ci-dessous) elles essayent de remplacer les chips par des « baby carrots » dans le cœur et dans l’estomac des jeunes Américains.

Mais revenons à nos moutons, à savoir à nos apéros et aux mini-carottes qu’on y sert. En cherchant sur les étals de mon supermarché parisien, j’ai trouvé un paquet de « baby carrots » de marque Florette, vendu au prix de 2,47 euros les 250 grammes. Au dos de ce produit, leader du marché français, la mention qui tue : l’ingrédient principal vient des États-Unis. Gloups. Ces carottes viennent donc très probablement de Bakersfield, la capitale de la « baby carrot », et sont venues en France par avion. Mais pourquoi faire venir ces morceaux de carottes de l’autre bout du monde ? Ce ne serait pas moins cher, meilleur pour l’environnement et pour la santé - plusieurs études confirment que la qualité nutritionnelle d’un légume non congelé se dégrade avec le temps - de les produire en France ? Voire de transformer les carottes moches de France ?

On peut faire autrement

A toutes ces questions je n’aurais pas de réponse, puisque Florette n’a pas répondu à nos sollicitations. Mais tout n’est pas perdu. Une marque, la Ferme à Jules, cultive de l’Imperator destinée à la découpe en Haute-Garonne et dans le Morbihan et commercialise chaque jour entre 2000 et 5000 paquets de mini-carottes, principalement en région parisienne. Le tout à moindre coût (environ 50 centimes de moins) parce que, assure le fondateur Jules Becquet, « on ne doit pas payer un transport par avion ». Celui-ci reconnaît que son produit puisqu’il est conditionné donc consommé plus tard a moins d’intérêt nutritionnel « qu’une carotte qui sort tout juste du champ » mais rappelle que « le vrai concurrent de la mini-carotte, c’est la chips ». Et cerise sur le « carrot cake », le producteur envisage de passer sa production en bio. Si vous voulez acheter ces légumes préparés plutôt que faire la découpe à la maison, celles-ci pourraient vous éviter le « baby-carott » blues.

LES DESSOUS DE « CARROT CITY

C’est dans la ville californienne de Bakersfield que naissent 85 % des carottes (mini et « classiques ») consommées aux Etats-Unis. Autour s’étend la Grande Vallée de Californie. On y trouve le plus grand producteur de tomates – en boîtes – au monde et les principaux fournisseurs de melons, d’asperges et de pistaches du pays. Pourtant les habitants ne profitent guère de cette situation : la région est gravement polluée et un quart de la population souffre d’insécurité alimentaire, un record national. —
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  • La grosse hallu c’est que je doive faire une recherche Google, trouver cet article, pour savoir d’où vient le machin que je mange : je viens de voir le "origine USA" au dos du paquet et ça me surprenait pour un produit aussi banal que de la carotte, et là non seulement j’ai confirmation, mais en plus je decouvre que ce sont des carottes taillées !
    je me suis faite avoir par le packaging, pour moi Florette c’etait franco-francais, je serai beaucoup plus prudente à present.
    (tomate) Cerise sur le gateau, sur le site de Florette zero info sur le fait qu’une partie de leur gamme n’est pas faite en France, alors que le gros du site met en avant leurs 5 sites de production en France, et de magnifiques photos du mont St Michel. Je deteste qu’on me prenne pour une conne. Florette pour moi c’est fini !

    14.07 à 13h23 - Répondre - Alerter
  • PowerBike : Tout à fait !

    D’accord avec vous, quel bande de zozos, franchement, quelle culture de naze de choisir la promotion de carottes avec une mitrailleuse lourde...
    Mais ça va avec le reste, et puis tant qu’il y a des abrutis pour en acheter, hein ?
    Ceci dit j’adore les carottes mais je les taille moi même, na !
    Et de la carotte française, non mais !
    Franchement

    16.01 à 20h17 - Répondre - Alerter
  • Toutes les arnaques alimentaires ne s’adressent qu’aux feignants, gloutons et nantis, qui se foutent de l’impact de leur aveugle consommation ! Avec mon Rsa, je me contente d’acheter des carottes bio d’1 copine qui n’a pas les moyens de se labelliser. Pas besoin de les éplucher, juste les laver et les découper de la forme qu’on veut, selon son humeur du jour !
    Chic et pas cher !

    8.11 à 08h40 - Répondre - Alerter
    • Désolé si les personnes qui ne bénéficie pas du Rsa parce qu’il travail n’ont pas forcément le temps d’aller chercher des carottes bio au marché du coin. En faisant des courses tout les quinze jours et en voulant donner une bonne alimentation à mes enfants je préférai les babys carottes que des gâteaux. Je trouve vos propos complètement déplacés et inappropriés par rapport au sujet. Il est évident que je n’en achèterai plus mais de me faire insulter de fainéante par une personne au Rsa je me dis que c’est une grosse blague.

      25.02 à 21h08 - Répondre - Alerter
      • Jenny, si je n’ai que le rsa, c’est par choix de disposer de mon temps pour m’occuper de mes 3 enfants, de multiplier des jardins partagés, des espaces Gratuité, d"organiser des événementiels interculturelles, sociales et solidaires, de me battres contre les aberrations qui empoisonnent ce Monde de pollutions et de violences. Oui, je suis 1 bénévole pro, et vous assure que n’étant qu’auto-syndiquée, je dispose de peu de dimanche reposant, de congés/vacances...Alors, que vous ayiez choisi de nourrir vos enfants aux pesticides parce qu’en courant après le fric, vous n’avez plus le temps de mieux gérer leur alimentation...c’est votre responsabilité ! Pourquoi avez-vous choisi d’avoir des enfants si vous n’avez même plus le temps de vivre et de faire avec eux ? Je ne vous insulte pas, mais plains plutôt les vôtres...

        25.02 à 23h22 - Répondre - Alerter
    • Si j’avais le choix de rien foutre et de profiter des aides il est évidents que je resterai à la maison ne me jugez pas et ne plaignez pas mes enfants. Je ne cours pas après le fric comme vous dites si bien. En tant que chef d’entreprise si j’avais plus besoin de payer vos aides je pourrai certainement faire autre chose. Je trouve que vous jugez les gens alors que vous ne connaissez rien. Au fait j’ai fait le choix de travailler d’offrir à mes enfants une maison avec un jardin et un grand potager où ils peuvent se servir de tout les légumes bio qu’ils souhaitent. De pas avoir le temps de faire les courses c est un choix je préfère jouer avec eux. Bref je ne vais pas continuer à répondre à vos âneries. Sur ceux bonne continuation

      26.02 à 07h28 - Répondre - Alerter
      • S’il y en a qui parasitent vos revenus, Madame, ce sont plutôt les membres de votre gouvernement. J’habite en hlm, ai mis environ 3 ans à démarcher tous les horizons pour trouver des partenaires efficaces et un terrain pour le faire, ne vais pas chez le coiffeur, fais les fins de marché lors des fins de mois difficiles. J’ai été aussi chef d’entreprise/gérante d’1 boutique de vétements à Paris, n’ai jamais mendié pour vivre, Et jamais volé ni dilapidé les biens communs de la nation, tel que font vos diverses gouvernances, de droite ou de gauche.
        Il y a aussi des anciens chefs d’entreprises, médecins...etc...qui se sont retrouvé(e)s à la rue, suite à diverses épreuves de la vie. Il y en a chez Emmaüs qui ont plus d’élégance d’âme que vos chefs du Medef qui pompent la sueur de leurs travailleurs !
        J’arrête aussi sur ce dernière précision, car parler à 1 mur est 1 perte de temps, finalement...

        26.02 à 08h28 - Répondre - Alerter
        • Heureusement que certaines personnes travaillent pour payer votre RSA !
          Dire que tout est la faute de l’Etat, c’est un peu facile quand on vit des aides et qu’on ne cherche pas à changer de situation !
          Vivez votre vie sans demander rien à personne et on en reparlera...
          Vous vivez en HLM, vous le pouvez car vous êtes au RSA. vous profitez donc jusqu’au bout du système. vous avez aussi certainement des allocs pur vos enfants...
          Vous vivez sur le dos du contribuable et personnellement, je trouve cela révoltant !

          18.03 à 17h08 - Répondre - Alerter
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