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8-12-2011
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Finance
France
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Crises : Deux alternatives (trop vite) oubliées

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Crises : Deux alternatives (trop vite) oubliées
(Crédit photo : Images-of-Money - flickr)
 
Crises économique, sociale, écologique... Les mauvaises nouvelles s'enchaînent. Sans alternatives ? Que nenni ! « Terra eco » vous propose d'étudier deux solutions anti-crises.
Le Baromètre de cet article
ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
SUR LE MÊME SUJET

Mise à jour, le 2 octobre 2012 : Les parlementaires français se penchent aujourd’hui sur le Traité européen. Son credo ? Plus de rigueur budgétaire. Et si d’autres solutions existaient ? Terra eco s’était penché en décembre dernier sur deux d’entre elles : la planche à billet et l’annulation de dette.

Une famille dont la maison s’effondre, mais qui ne peut rien réparer parce qu’elle croule sous les dettes. Voilà à quoi ressemble l’Europe, alors que se croisent aujourd’hui deux sommets dits « de la dernière chance ».

Le premier, à Bruxelles, réunit jeudi et vendredi les chefs d’Etats européens pour trouver une sortie à la crise de la dette. Il faut agir avant que l’une des grandes économies européennes ne soit plus en mesure de rembourser ses dettes.

Le second, à Durban, doit permettre de poursuivre la lutte contre le changement climatique. Il faut changer de modèle dans les cinq ans. Sinon, le mal sera fait : il sera trop tard et notre planète va se réchauffer de plus de 2°C, entraînant des changements que l’on peine à concevoir.

Ces deux urgences se rappellent à nous. Mais dans ces deux sommets, les solutions évoquées semblent partielles, et pas à la hauteur des deux enjeux. A Bruxelles, on s’engage dans une course à l’austérité qui est contre-productive et socialement désastreuse. A Durban, on espère au mieux renouveler les précédents accords de Kyoto. Pourtant, des alternatives globales sont évoquées ici et là. Terra eco s’est penché sur deux d’entre elles.

  • 1) Puisque l’on manque d’argent, il faut faire tourner la planche à billets

Pour présenter cette solution, il faut rappeler d’où vient la monnaie. La majeure partie de l’argent en circulation aujourd’hui a été émis par des banques privées. Celles-ci ont en effet le pouvoir de créer de la monnaie à chaque fois qu’elles prêtent une somme [1]. Ces banques sont bien sûr limitées dans l’émission de monnaie : elles doivent toujours disposer d’une certaine quantité de réserves constituées de monnaie prêtée par les banques centrales.

« Il faudrait utiliser le même mécanisme de "création monétaire" pour financer au niveau européen un vaste programme d’investissements dans la transition écologique et énergétique à des conditions très avantageuses », soutient Alain Grandjean, économiste, fondateur et associé de Carbone 4, cabinet de conseil et d’études sur le carbone. Il propose ainsi un organisme européen - par exemple la banque européenne d’investissement (BEI) - à emprunter à taux quasi nul à la BCE puis à réaliser des prêts massifs à taux très bas pour financer la rénovation thermique des bâtiments, certains projets d’énergies renouvelables ... « La BCE recourt aujourd’hui massivement à la dite création monétaire à taux très avantageux pour "sauver les banques". Si cette monnaie était injectée via la BEI dans des projets elle pourrait permettre de sortir de la récession annoncée qui est l’une des raisons de la crise financière actuelle », poursuit l’économiste.

Ces fonds seraient destinés à financer des projets à long terme et écologique [2]. L’économiste souhaite que soit créé ainsi l’équivalent de 2% à 3% du PIB européen par an pendant dix ans. Soit environ 2 500 milliards d’euros.

Avantages :

- Cette solution permet de dégager des fonds sans s’endetter plus.

- Elle permet surtout de financer des projets à long terme, alors que la plupart des investissements aujourd’hui sont conditionnés à des retours sur investissements importants à court terme. « L’ensemble des changements qu’il faut financer ne sont rentables qu’à long terme. Ils n’ont pas de rentabilité financière calculable, surtout pas à court terme. En cela, ils sont peu intéressants pour les investisseurs actuels. En créant de la monnaie pour financer ces investissements, on contourne ce problème », résume Alain Grandjean. Créer de la monnaie permet une réponse rapide alors que « chaque jour qui passe nous éloigne des investissements nécessaires il faut agir vite ».

Inconvénients :

- Le problème de la dette actuelle n’est pas résolu. « Cette solution n’est à elle seule pas suffisante », reconnaît Alain Grandjean.

- Le risque majeur est celui de l’inflation. Car lorsque l’on fait tourner la planche à billet, la monnaie perd de la valeur. Dès lors, les prix augmentent, puis les salaires, et ainsi de suite tirant toujours la valeur de la monnaie vers le bas et les prix vers le haut. C’est le cercle vicieux de l’inflation. Voilà le risque de ce projet. Alain Grandjean conteste tout de même : « Les fonds seront investis dans des projets à long terme et ne retourneront pas directement dans des banques ou dans l’immobilier. Il n’y a pas de risque de bulle. Par ailleurs, on risque actuellement une déflation (une baisse générale des prix poussant les acteurs économiques à retarder toutes leurs activité, ndlr). Le moment n’est pas mal choisi pour inverser la tendance. Mais il est sûr qu’il faudra mieux réguler la finance, pour s’assurer que de nouveaux instruments ne dévoient pas ces sommes et n’entraînent pas de nouvelles bulles spéculatives. »

  • 2) Puisque l’on n’arrive plus à rembourser la dette, il faut l’annuler

C’est ce que défend l’actuaire Olivier Berruyer à grand renfort de schémas sur son blog. Il égrène :« Cette année la France aura au mieux 200 milliards d’euros de recettes pour 300 milliards de dépenses. Soit 100 milliards de déficit, qui vont s’ajouter aux dettes qui arrivent à échéance l’an prochain. Au total, l’Etat va devoir emprunter 400 milliards en 2012. C’est énorme, c’est comme s’il fallait trouver 10 millions d’épargnants prêtant 40 000 euros. Si on les trouve tant mieux, mais on ne fera que repousser le jour où on ne trouvera plus personne pour nous prêter de l’argent. »

Il est persuadé que jamais l’Europe ne pourra rembourser ses créances, car l’austérité n’est pas une solution et car la croissance ne reviendra jamais. Pour lui, l’Europe fera forcément défaut, bientôt. Son idée : prendre les devants et décider de ne pas rembourser. « On décrète que la dette française ne vaut plus que 30% de sa valeur. » Autrement dit, tous les créanciers perdent 70% de leur mise.

Avantages :

- Cette solution permet de sortir du cycle infernal de la dette, qui plombe toute stratégie d’avenir pour les Etats européens.

Inconvénients :

- C’est un scénario si peu étudié que l’on a du mal à évaluer ses conséquences en cascade. Mais la première réaction serait à coup sûr la faillite de la plupart des banques et assurances qui détiennent de la dette européenne. La solution d’Olivier Berruyer ? « Il faudra nationaliser ces établissements et transmettre les pertes sur les actionnaires. » Ce qui veut dire que beaucoup de particuliers perdraient leur assurance-vie, leur épargne, etc. « Environ 10% de la population française détient 70% du patrimoine placé en France. C’est elle qui va y perdre. Mais c’est elle aussi qui a pris des risques. Moi je n’ai rien placé et Liliane Bettencourt dispose de 600 millions d’euros d’assurance-vie. C’est à elle de payer pas à moi. Un défaut d’État revient finalement à une forme de perception des impôts qui n’ont pas été payé par le passé », ironise le blogueur. Pas sûr que les titulaires d’assurance-vie soient du même avis.

- Un Etat qui a fait défaut aura ensuite du mal à se faire prêter de l’argent pendant longtemps. C’est ce que nous expliquait l’économiste Alexandre Delaigue pour assurer que la Grèce n’a pas intérêt à cesser de rembourser sa dette. Si elle choisit la solution d’Olivier Berruyer, l’Europe sera donc privée d’emprunts. « Je n’ai jamais dit qu’un défaut était une solution miracle, se défend l’actuaire. C’est une situation très compliquée, mais j’estime qu’elle est plus favorable que la situation actuelle. » Celui-ci préconise, avoir adopté une règle d’or, de financer les besoins de l’Etat, qu’il estime à 30 milliards d’euros après défaut, par de nouveaux impôts. Est-ce beaucoup ? C’est plus que les deux plans de rigueur imposés cet été en France, mais cela représente environ 1% du patrimoine financier français, justifie Olivier Berruyer. Ces sommes pourront en tout cas servir à financer la transition de nos économies.

[1] (Cet argent s’effacera au fur et à mesure du remboursement)

[2] (Alain Grandjean propose par exemple une vaste rénovation thermique des logements, l’investissement dans les énergies nouvelles, dans les déplacements verts mais aussi dans la formation, parce que « nous sommes dans une période de transition majeure, il faut beaucoup former, éduquer et expliquer ».)

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Non, nous n’avons pas à « sauver la planète ». Elle s’en sort très bien toute seule. C’est nous qui avons besoin d’elle pour nous en sortir.

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  • Loin d’être financière, la crise de la dette souveraine a des causes écosystémiques. C’est un symptôme. Son origine est que de plus en plus de gens s’accaparent des rentes capitalistiques, salariales ou sociales sans contrepartie écosystémique. Par analogie avec la terminologie des économistes dits classiques, leurs contributions sont stériles. En France, les prélèvements obligatoires étant à des niveaux très élevés, ce modèle ne peut fonctionner qu’en recourant à la dette pour financer les rentes des protagonistes aux activités stériles. Il en résulte une fuite en avant dont la dynamique est la conséquence de notre modèle social. Hier la civilisation des loisirs et le mythe de la croissance aujourd’hui en sont deux des plus importantes composantes. Une approche écologique de nos sociétés permet d’éclairer ces enjeux.
    La crise
    – Un jour de novembre 2011, près de Notre-Dame de Paris, une rue était fermée pour travaux : sept Africains étalaient consciencieusement du bitume sur la chaussée ; le seul Européen du groupe informait les passants de ne pas passer là…
    – Dans la livraison d’octobre-novembre 2011 (n° 37) Ile-de-France Le journal du Conseil régional, un article exposait le travail d’un conservateur à l’Agence des espaces verts, émerveillé par un agrion de Mercure, spécimen rare de libellule…
    Depuis l’automne 2008, chaque jour apporte son lot de désolations sur la crise que nous connaîtrions. Avant de développer ce thème, notons que celle-ci est très supportable : l’immense majorité perçoit des revenus et consomme ; les magasins sont pleins. Rien à voir avec une crise comme celle associée à la Perestroïka en URSS dont la manifestation la plus brutale fut que, du jour au lendemain, il n’y eut plus rien à acheter. La population survécut grâce à l’autoproduction, au troc et à la solidarité. A l’Ouest, nous disposons encore de marges de manœuvre importantes.
    Aujourd’hui, cette crise est assimilée à la crise de la dette souveraine, c’est-à-dire celle portée par la puissance publique. Celle-ci réunit toutes les composantes (Etat, régimes sociaux, collectivités locales, etc.) dont les revenus ne sont pas issus de la décision individuelle de chacun, mais de décisions collectives s’imposant à tous, par la force éventuellement. Notons aussi que la crise de la dette n’a pas pour objet de la rembourser, mais simplement de continuer à emprunter. Or, plus personne ne veut faire crédit.
    Deux niveaux d’analyse sont à distinguer pour éclairer ce que nous vivons aujourd’hui. Le premier relève de l’Economie politique ; le second de l’Ecologie.
    L’économie politique
    Pour les économistes, cette crise est purement financière. A son commencement, en automne 2008, le président de la Banque centrale européenne, interrogé sur son origine, reconnaissait, sûr de lui, que le monde que lui et ses semblables cherchaient à édifier souffrait encore de quelques imperfections. Cette crise allait contribuer à les révéler et à les résoudre. A l’opposé, sur Internet, fleurit, depuis, une pléthore d’analyses. Beaucoup voient dans cette crise la main de la Banque cherchant à installer une tyrannie pour réaliser un destin biblique. Entre les deux, des économistes interviennent quotidiennement pour fournir des analyses et des solutions. Emettre des obligations européennes pour racheter les créances douteuses en est une. D’autres, enfin, avouent, penauds, qu’ils ne comprennent pas ce qui se passe. Qui a tort, qui a raison ? Le débat dans cet espace est suffisamment riche pour ne pas nécessiter une contribution supplémentaire.
    Aussi, le cœur de cet article repose sur une approche écologique de nos sociétés contemporaines.
    L’écologie : la science des écosystèmes
    Pourquoi l’écologie interviendrait-elle dans le champ de l’économie politique ? Plusieurs raisons motivent cette démarche.
    Parmi elles, le constat que l’écologie est la science des écosystèmes. Alors que l’économie s’intéresse à la gestion de la maison (eco nomos), l’écologie construit des discours sur la maison (eco logos). Initialement, l’écologie s’est intéressée à la nature, mais très vite elle a étendu son espace d’intervention aux écosystèmes artificiels, c’est-à-dire ceux créés par des humains. Paul Duvigneaud (1913-1991) fut un des premiers à le faire en étudiant des écosystèmes artificiels comme la région bruxelloise ou une ferme ardennaise.
    C’est en 1935 que le Britannique Arthur Tansley définit l’écosystème comme étant l’ensemble des populations existant dans un même milieu et présentant entre elles des interactions multiples. Puis, les frères Odum, écologues américains, publient en 1953 Fundamentals of Ecology. Leur apport repose sur une analyse de la circulation de l’énergie et de la matière dont la conclusion est que les écosystèmes les plus stables sont ceux qui utilisent le mieux les flux d’énergie. Une multitude de travaux aboutissent à une conception de l’écosystème envisagé comme l’espace où chacun de ses constituants optimise ses chances de survie à court terme et à long terme, soit comme individu, soit comme population. Cette optimisation est à l’origine et la conséquence de l’efficience énergétique de l’écosystème. Les transferts d’énergie au sein des écosystèmes naturels se font par la prédation.
    La conception écosystémique du vivant établit que chaque élément de la faune ou de la flore assure des fonctions essentielles au fonctionnement de l’écosystème dont il est parti, ce dernier permettant rétroactivement à chacune de ces espèces de prospérer. Chaque composante d’un écosystème naturel apporte donc une contribution à l’ensemble. Quand un élément allogène est inadapté aux cycles et aux rapports trophiques constitutifs de l’écosystème, celui-ci est rapidement éliminé. S’il est plus adapté que les composantes originelles de l’écosystème, il élimine l’espèce avec laquelle il est en concurrence écologique. Le fameux équilibre écologique n’est par conséquent qu’une illusion due à son observation sur des échelles de temps humaines, donc très courtes. Tout change en permanence. Les formes et comportements les plus adaptés – individu, population, écosystème – triomphent des contraintes qu’ils rencontrent. Les contraintes les plus décisives sont issues de la géosphère, ensuite de la biosphère, puis de l’artisphère : l’ensemble des écosystèmes créés par les humains.
    Les réponses adaptatives aux changements irrépressibles comme le climat sont donc le moteur de l’évolution. L’optimisation des contraintes énergétiques est la clé de ce succès adaptatif. Voici en résumé, un résumé très concis, la vision de l’écosphère engendrée par l’écologie conçue comme la science des écosystèmes : une somme d’individus, de populations, d’écosystèmes enchâssés les uns aux autres à des niveaux d’intégration différents allant du gène jusqu’aux composantes caractérisant les écosystèmes artificiels, à savoir l’artisphère, la sociosphère, la noosphère.
    Sous cet angle, le développement économique correspond au processus d’artificialisation des écosystèmes. Selon les lieux et les climats, l’exigence d’artificialisation est plus ou moins forte. Ainsi, aux latitudes septentrionales, il est indispensable d’atteindre un niveau d’artificialisation élevé pour survivre. L’hiver oblige à prévoir, à se chauffer, à stocker, etc. Les humains vivant aux latitudes équatoriales ne sont pas soumis aux mêmes contraintes. En chaque lieu du globe, les données géoclimatiques sont différentes, obligeant à des processus d’artificialisation adaptés à ces contraintes.
    Que ce soit pour les écosystèmes naturels, c’est-à-dire ceux fonctionnant sans la présence d’êtres humains, jusqu’aux écosystèmes artificiels les plus complexes, l’utilité écosystémique est la justification de la présence des populations et des individus qui les composent. Chaque élément capte dans l’écosystème les ressources dont il a besoin pour vivre et se reproduire. Ce faisant, il permet à d’autres de vivre. Cette attitude fondamentalement égoïste, mais vitale, permet à l’écosystème de fonctionner et ainsi d’optimiser les chances de survie de chacun, individus et populations.
    Cette vision étant la clé de l’approche écosystémique, sa transposition aux rapports sociaux aboutit à une conception très utilitaire de ces derniers. A l’instar des écosystèmes naturels, la justification de l’existence d’un individu ou d’une catégorie sociale au sein d’un écosystème artificiel n’est validée que par sa contribution écosystémique, que celle-ci soit actuelle et certaine ou potentielle et donc incertaine. C’est la condition pour participer au jeu du transfert des ressources disponibles.
    Dans d’autres écrits, cette approche avait été développée à partir des notions de valeur-ajoutée écosystémique (Coût du travail et exclusion/ Les 35 heures en question, Editions de l’Aube, 1999) et, plus récemment, de valeur écosystémique. Elle permet de comprendre pourquoi nous recourons à la dette pour entretenir les écosystèmes dans lesquels nous vivons. Schématiquement, de plus en plus de gens s’accaparent des rentes capitalistiques, salariales ou sociales, sans contrepartie écosystémique. Ils prélèvent des ressources pour vivre, sans participer à l’entretien de l’écosystème. Par analogie avec la terminologie des économistes dits classiques, leurs contributions écosystémiques sont stériles. Les prélèvements obligatoires sur ceux fournissant une véritable valeur-ajoutée écosystémique étant très élevés, ce modèle ne peut fonctionner qu’en recourant à la dette pour financer les rentes des protagonistes aux activités stériles. Celle-ci permet, en effet, de mobiliser des ressources sans les prélever sur les contributeurs écosystémiques. Il en résulte une fuite en avant dont la dynamique est la conséquence de notre modèle social.
    Sur la stérilité écosystémique
    Comment qualifier la stérilité écosystémique ? Traiter ce sujet est délicat, car cela revient à stigmatiser certaines catégories sociales. Or, cette dimension n’appartient pas à l’analyste quel qu’il soit, mais à la classe politique. Donner quelques pistes est cependant nécessaire pour éclairer le modèle exposé dans ces lignes, sachant que, d’un point de vue d’écologue, si les évolutions nécessaires ne sont pas faites par des voies pacifiques, elles s’imposeront par des crises majeures affectant aussi ceux qui auraient été préservés par une transition douce.
    Il y a lieu, au préalable, de préciser que la notion de stérilité issue des économistes est différente de la stérilité écosystémique. Leurs réflexions sur une métaphysique de la valeur en sont à l’origine. Parmi eux, les physiocrates français postulèrent que la valeur naît de la terre. Pour les libéraux anglais, la valeur naît du travail. Les socialistes, avec comme figure de proue Karl Marx, adhéraient à l’approche développée par les libéraux. Selon eux, l’essence de la valeur est bien le travail, mais seul le prolétariat crée de la valeur car les autres classes sociales ne travaillent pas. Avant eux, libéraux et physiocrates avaient déjà qualifié de stériles les classes sociales qui ne créent pas de valeur.
    Or, selon une conception écosystémique de nos sociétés, ces classes sociales qualifiées de stériles ne le sont pas. Un dirigeant ou un commerçant, par exemple, ont une fonction écosystémique déterminante. En URSS, la crise des années 1980 n’était pas due à l’absence de production, mais à l’absence d’échanges. Ainsi apparut la nouvelle classe sociale des oligarques, affairistes opportunistes dont le rôle déterminant, à la faveur de la transition de l’économie russe vers l’économie de marché et notamment des privatisations lors des deux mandats du président Boris Eltsine, fut de réorganiser ces échanges et d’en tirer de substantiels profits.
    Dans cet esprit, il faut aussi écarter les classifications traditionnelles. La première oppose les fonctionnaires aux salariés et entrepreneurs relevant de l’économie marchande. Dans l’une et l’autre catégories, des composantes sont indispensables à l’entretien de l’écosystème.
    Une autre opposerait les actifs et les inactifs. Là aussi, c’est compliqué. Il y a des inactifs très entreprenants mais leur action n’est pas reconnue socialement. Hier, la noblesse était qualifiée de oisive par la société bourgeoise. Pourtant, quand elle n’était pas à la guerre, c’est en son sein que sont apparues les innovations devenues des composantes majeures de notre monde moderne. Il faut aussi des gens qui pensent l’avenir. On citera comme illustration le parcours du comte de Buffon dont les contributions comme naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste et écrivain ont irrigué la pensée moderne. S’il n’avait pas été un inactif au sens bourgeois du terme, ses inventions seraient-elles apparues ?
    La stérilité écosystémique n’est donc pas réductible aux catégories actuellement en cours. Un salarié du public ou du privé peut n’avoir aucune justification écosystémique alors qu’un bénévole, un retraité, un rentier, voire un valétudinaire, en aurait.
    Comment apprécier alors la frontière entre les deux catégories structurant ce texte ? D’un côté, ceux qui apportent une valeur-ajoutée écosystémique ; de l’autre, ceux qui n’en apportent pas, indépendamment des revenus qu’ils en tirent ou pas.
    La première piste que nous voudrions proposer s’appuie sur les critères retenus pour devenir pilotes-kamikazes en 1945. Les Japonais savaient alors que la guerre était perdue. Ils ne vaincraient pas les Américains dont les porte-avions dominaient la mer. Incapables de les détruire par des armes traditionnelles, ils recoururent à des pilotes-kamikazes pour augmenter les chances d’atteindre ces cibles. Dans un entretien donné au magazine Info-pilote, un rescapé japonais affirmait que les pilotes autodésignés étaient majoritairement des étudiants en lettres. Les futurs scientifiques et ingénieurs étaient d’emblée exemptés d’avoir à se désigner volontaires. Entre un futur poète et un futur technicien, la société japonaise avait fait son choix : les seconds étaient considérés, a priori, plus utiles pour un futur compliqué que les premiers. C’était il y a plus de 65 ans.
    Plus près de nous : il est loisible de s’interroger sur l’énormité des frais de propagande engagés par de grandes firmes pour vendre leurs produits.
    Ainsi, le patron d’un groupe de téléphonie mobile avouait, il y a peu, le pourcentage des revenus qu’il consacrait à la publicité. Enorme. Et pour quel retour écosystémique ? Comme Danny Boom le raille dans un de ses sketches, pourquoi EDF fait-elle de la publicité ? « Ils ont dépensé tout leur argent dans la pub, alors qu’ils ont le monopole. »
    Idem pour le Paysage audiovisuel français. Grâce à la TNT, il existe de nombreuses chaînes de télévision généralistes. Or, elles diffusent à peu près les mêmes programmes. Le contenu des journaux télévisés est strictement identique : mêmes thèmes, mêmes images, mêmes commentaires, etc. Les feuilletons américains passent de l’une à l’autre. Quant aux émissions politiques, les mêmes invités donnent les mêmes réponses aux mêmes questions des mêmes journalistes. Tous ces protagonistes, dont les qualités pourraient s’épanouir dans d’autres fonctions, captent des ressources dont la justification écosystémique semble douteuse.
    Le recours massif à l’immigration est une des conséquences de cette réalité. Précisons d’emblée que d’un point de vue écologique un immigré est un individu installé durablement en dehors de son écosystème d’origine, au même titre qu’un éléphant dans la plaine de la Beauce ou qu’un ours brun dans la jungle congolaise. Un Européen installé durablement en Afrique équatoriale est un immigré.

    4.10 à 17h05 - Répondre - Alerter
    • En France, la situation est très contrastée. Plus de 10 millions vivraient dans la partie européenne de la France. Dans les sous-sols du quartier d’affaires de La Défense en périphérie de Paris, il n’y a pas beaucoup d’Européens : ils sont dans les tours, propres et au chaud, ou au frais l’été, à faire du marketing, de la finance ou de l’administratif… Le problème est que les enfants d’immigrés les plus intégrés ne veulent pas aller dans les sous-sols et préfèrent travailler, eux-aussi, dans les tours. Cela oblige à faire appel à de nouveaux immigrés, arrachés de leur sol pour accomplir ce qu’il y a à faire dans les sous-sols ; souvent les tâches les plus ingrates mais incontournables écosystémiquement comme, par exemple, le ramassage des ordures.
      En France, le consensus sur l’immigration est total. Depuis 50 ans, les partis de gouvernement encouragent cette immigration car, entre autres, elle permet à leurs électeurs de bénéficier de statuts sociaux confortables qu’ils n’auraient pas autrement. La société française est extraordinairement stable et consensuelle sur ce sujet, car tout va très bien.
      Nous pourrions multiplier à l’infini les situations où une approche écosystémique éclaire des composantes et pratiques sociales dont la viabilité est douteuse. La composante noosphérique de nos écosystèmes artificiels est à l’origine de ces déviances qui, dans un processus naturel, seraient aussitôt sanctionnées, donc cesseraient. En s’affranchissant momentanément de ces contraintes, ils retardent l’échéance régulatrice.
      La conséquence est qu’une activité stérile écosystémiquement capte des ressources qui pourraient être économisées ou alors utilisées ailleurs. Or, par un processus que les écologues ont depuis longtemps identifié mais qu’il n’est pas possible de décrire dans cet article réducteur, le « trop » chez les uns est dû au « pas assez » chez les autres. A l’instar du bruissement de l’aile d’un papillon en Europe qui déclenche une tornade aux Philippines, l’orgie organisée à Paris pour fêter le lancement d’une campagne de pub sur le Développement durable crée une famine en Afrique.
      Comme il est difficile d’admettre que la crise est écosystémique, que chacun de nous en est à l’origine, des boucs émissaires ont été désignés à la population. Financiers, Agences de notation et Marché sont quotidiennement dénoncés comme les responsables de la situation. Or, les uns comme les autres répondent aux demandes que la société dans son ensemble leur adresse.
      Financiers, Agences de notation et Marché : levez-vous !
      De tout temps le métier du financier a été de trouver des ressources monétaires pour les affecter à des activités lucratives dont il tirerait un revenu partagé avec celui ayant fourni la ressource. Il en est ainsi de l’assurance-vie dédiée à financer nos retraites et dont le support principal est l’emprunt obligataire. Elle permet de faire vivre les assureurs – mais pas seulement ! – c’est un fait. Mais cela couvre aussi les besoins des Etats qui empruntent. La promesse faite aux épargnants est de disposer de cet argent plus tard. Se pose alors pour les collecteurs non pas seulement la question du revenu issu de ces placements, mais tout simplement celui de leur valeur actualisée sur des durées longues. Si l’emprunteur défaille, les engagements peuvent ne pas être tenus. Le collecteur défaille alors. L’épargnant pleure.
      Si les financiers durent inventer des techniques de plus en plus acrobatiques, c’est que la société leur demandait de le faire pour financer ses ambitions par la dette. Rappelons que tout ceci a commencé avec la crise des subprimes aux Etats-Unis. Les emprunteurs étaient des ménages à faible revenu, ayant déjà connu des défauts de paiement par le passé. Tout banquier sensé se serait normalement défié de cette population. Mais la pression politique fut forte. La réaction des banquiers de mutualiser le risque fut une attitude saine. Mais, en 2008, boum… Et l’on connaît la suite.
      Pour calmer l’opinion, il a fallu rapidement trouver un coupable très symptomatique. Bernard Madoff a fait l’affaire et il est aujourd’hui en prison pour le reste de sa vie. Il avait réalisé une escroquerie de type « chaîne de Ponzi », d’un montant de 65 milliards de dollars américains. Qu’est-ce qu’une chaîne Ponzi ? C’est un montage financier (très) simple par lequel les promesses faites aux uns sont honorées par les versements des suivants… qui ont reçu la même promesse, et ainsi de suite ; c’est un peu comme les régimes d’assurance retraite par répartition qui fonctionnent en payant les rentes des uns par les versements des suivants. Dans l’un et l’autre cas, il n’y a pas d’actifs immobilisés (ou pas beaucoup) en représentation des engagements. Cela fonctionne tant que la promesse attire de nouveaux adeptes, volontaires ou forcés. Tant que ça marche, tout le monde est content. Encore faut-il avoir des garanties sur la solidité des protagonistes.
      Depuis toujours, les prêteurs ont voulu avoir des renseignements sur ceux à qui ils prêtaient. La Banque de France le fait depuis des lustres. L’interdit bancaire est un signal fort pour alerter sur la solvabilité d’un emprunteur. Les agences de notation Moody’s, Standard and Poor’s et Fitch se font payer pour donner un avis sur la capacité des Etats à payer leurs dettes et voilà qu’elles se retrouvent responsables de la crise financière et accusées de ne pas avoir su anticiper la crise des subprimes ou la situation de la Grèce. Crime de lèse-majesté, elles osent même envisager que la Ve République française et les Etats-Unis seraient potentiellement insolvables. Peut-on accuser le thermomètre d’être responsable de la maladie ? Ces agences sont pourtant sous contrôle de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers : le gendarme de la Bourse américain.
      On accuse aussi le Marché. On parle de dictature du marché. Or, un marché est un lieu d’échanges dont la dynamique échappe à ses constituants. Si le marché ne veut plus financer la dette, c’est que chaque opérateur craint de ne jamais être remboursé. C’est tout. Il n’y a pas de volonté de nuire. L’immense majorité des actifs est détenue par des banques ou des sociétés d’assurances. Or, ce sont nos sous qu’elles gèrent. Imagine-t-on un maraîcher, par exemple, proposant sa production sur un marché comme il en existe des milliers en France et acceptant que les clients repartent avec leur achat sans payer, sans même avoir donné la moindre certitude de payer dans le futur ?
      Financiers et agences de notation ne sont donc pour rien dans la crise actuelle, le marché encore moins. Leurs désordres et réactions ne sont que la conséquence de choix politiques et sociaux que l’on n’interroge pas. La réponse doit donc être politique. Augmenter les impôts ne servirait à rien. Cela retardera sans doute un peu les échéances mais ne résorbera pas les causes structurelles des cycles vicieux de l’endettement souverain. La situation des pays concernés est d’ailleurs fort contrastée : alors que les Etats-Unis disposent de réserves fiscales importantes, n’attendant qu’une décision politique pour les utiliser, l’essentiel de leur budget étant consacré à l’armée, la France a sans doute atteint le taquet avec plus de 50% de prélèvements obligatoires.
      On n’évoquera pas la situation de la Grèce. En 2003, dans un entretien privé, un journaliste grec avait exposé les circonstances et les conséquences de l’entrée de son pays dans l’euro. Personne n’était dupe, mais la pression sociale fut forte. Pas de chance : les Grecs étaient nombreux en Allemagne. Comment expliquer à un jardinier grec qui gagnait 200 euros par mois que son homologue allemand en avait, lui, plus de 2.000 ?
      Cessons donc de stigmatiser les banques, les agences de notation, le marché et peut-être d’autres demain. Sans doute y a-t-il quelques aménagements à faire et quelques excès à supprimer, mais l’immense majorité de ces protagonistes a tenté de répondre aux demandes sociales avec ses pratiques, bonnes ou contestables, en espérant se faire un petit billet au passage. Ce qu’il faut donc interroger, c’est la demande sociale.
      La génération dorée, la civilisation des loisirs et le mythe du développement
      Pour le moment, tout est organisé par la génération dorée. Elle aura dominé nos sociétés de 1945-1960 à 2020-2035. En France, elle est associée au baby-boom, à Mai-68, à la génération Mitterrand, à la société libérale-libertaire d’aujourd’hui et au papy-boom qui commencera bientôt. Cette génération dorée qui s’est épanouie dans un âge d’or de notre civilisation européenne a imaginé toutes les utopies et tenté d’en réaliser pas mal. C’est elle qui aura écrit l’histoire de notre temps. Or, maintenant, le réel rappelle, encore modérément, qu’il est incontournable. Pourtant, tout va encore très bien. Les magasins sont pleins. Mais les crises ne sont jamais progressives : il y a des signes prémonitoires, plus ou moins bien interprétés, jusqu’à ce qu’elles s’imposent brutalement. En URSS, les magasins furent vides du jour au lendemain : pas progressivement.
      L’égocentrisme de la génération dorée sera certainement la caractéristique la plus significative que l’on retiendra d’elle. Aucune génération avant, et sans doute après elle, ne l’aura poussé à un tel paroxysme. Accrochés à leurs rentes comme des moules vissées sur leur rocher, même leurs héritiers commencent à trouver qu’ils occupent beaucoup de place. Ainsi, Arnaud Montebourg, du Parti socialiste, pourtant proche de 50 ans à l’heure où ces lignes ont été écrites, fut proprement dénoncé d’avoir osé demander de fixer à 67 ans l’âge limite des candidats PS aux prochaines élections législatives. Jack Lang, 72 ans, ancien ministre sous l’ère Mitterrand, s’insurgea contre cette demande vitupérant que la vraie jeunesse est dans les têtes.
      Cette génération a déjà reçu beaucoup de coups. Mais elle s’en moque car c’est elle qui impose sa partition. Jean Chakir, en 1973, dans Drôle de siècle, avait pointé les manifestations et les conséquences d’une de ses inventions : la civilisation des loisirs. Dans cette bande dessinée très drôle, on y voit des hippies qualifiés de précurseurs, des Africains vendus dans un supermarché, des machines énormes produisant de petits paquets, etc. Le cœur de la population ne travaille plus. Elle s’occupe à ses loisirs. Ce monde vu avec humour n’est pas tout à fait le nôtre, mais une société générant de plus en plus de personnes et de catégories sociales stériles d’un point de vue écosystémique est une réalité bien concrète. Parmi les mythes qui alimentent son inconscient collectif, cette civilisation des loisirs est sans doute celui ayant les conséquences les plus fortes aujourd’hui.
      L’idée est simple : vivre, ou plutôt jouir, sans entraves et sans travailler. Le travail ne doit pas être aliénant mais enrichissant. Machines et immigrés sont là pour assumer les tâches fastidieuses. Bien sûr, d’innombrables personnes ne sont guère concernées par cette utopie. Levées à 6 heures chaque matin, elles restent entre trois et quatre heures dans les transports, puis environ huit à dix heures sur leur lieu de travail pour terminer la journée épuisées. Le métro-boulot-dodo dénoncé dans les années 1970 est encore le quotidien d’une majorité d’Européens en France. Mais à 7 heures, dans le métro parisien, les visages pâles sont rares. Cette idéologie anime encore la génération dorée, celle des hippies précurseurs de Charik qui ont entre 55 et 65 ans aujourd’hui.
      La crainte de manquer de ressources pour financer cette civilisation des loisirs a, depuis, engendré un autre mythe indéboulonnable : le mythe du développement ou de la croissance infinie. Les écologues ont beau ressasser que les croissances infinies n’existent qu’en mathématique, aucun politicien n’ose envisager une autre perspective. Une croissance de 0,1% en plus ou en moins fait passer de l’euphorie à la dépression. C’est à une véritable schizophrénie collective que nous sommes confrontés. La civilisation des loisirs et le mythe de la croissance infinie engendrent des pratiques dont la stérilité écosystémique est la conséquence la plus inquiétante. Depuis trente ans, celle-ci est financée par des dettes dont on décale le remboursement vers d’autres générations. Voudront-elles assumer ?
      Conclusion
      A la différence des écosystèmes naturels, les écosystèmes artificiels, c’est-à-dire ceux organisés par des êtres humains, ont des composantes stériles plus ou moins importantes. Tant que celles-ci restent contenues dans des limites supportables, l’impact sur le fonctionnement de l’écosystème reste modéré. Cependant, quand le seuil critique est atteint, l’écosystème réagit car sa fragilisation met en péril l’existence de tous.
      Transposer ce modèle aux pratiques de nos sociétés modernes permettrait d’identifier les risques et de les résorber. Mais ce travail reste à faire. Interroger au préalable le réductionnisme monétaire contemporain est un premier pas dans cette voie. Avec tout l’humour qui le caractérisait, John K. Galbraith écrivait dans L’Argent (1975) : « On discutera longtemps de savoir si l’amour de l’argent est la racine de tout le mal. Adam Smith (…) parvenait quant à lui en 1776 à la conclusion que, de toutes les activités auxquelles l’homme s’était jusqu’alors essayé – guerre, politique, religion, jeux violents, sadisme (…) –, faire de l’argent restait socialement la moins dommageable. Ce qui ne saurait être mis en doute, c’est que la poursuite de l’argent ou toute association prolongée avec lui sont susceptibles d’induire des attitudes et des conduites non seulement étranges, mais parfois pleinement perverses. »

      4.10 à 17h06 - Répondre - Alerter
  • Géniaux économistes altergauchiasses : puisqu’il n’y a pas assez d’argent : imprimons des billets.

    Bien sûr l’histoire, on s’en fiche. Rappelons que ce genre "d’arnaque" (je n’ai pas d’autre terme qui me vienne à l’esprit) a mal fini :

    - Crise de 1929 : bulle boursière car achat de titre à crédit,
    - Crise des années 30 en Allemagne : on imprime des marks pour payer le Traité de Versailles

    On connait le résultat : 20 millions de morts et enrichissement de la finance américaine (vendeur d’armes)

    - Guerre du Vietnam : pour payer, Nixon décroche le dollar de l’étalon or pour rembourser la dette

    On connait le résultat : la crise des années 70 dont les effets se font encore sentir.

    Bref : l’argent doit être un minimum adossé à des actifs RENTABLES et assasiner son créancier c’est une solution pas terrible surtout si c’est un retraité qui a mis 4 sous de coté.

    3.10 à 11h29 - Répondre - Alerter
    • C’est vrai que pendant les trente glorieuses avant la loi pompidou-giscard qui interdit à l’état Français de s’auto-financer via sa banque centrale, on économisait les intérêts.c’est mal de créer de l’argent, c’est mauvais pour l’économie ? non, il faut juste qu’il y ai une valeur en face pour échanger.En fait l’état Français c’est fait déposséder par les banquiers privés qui sont capables de corrompre n’importe qui, comme ils sont capable de payer des trolls pour enfumer les gens sur des sites.Les créateurs de monnaie sont les maîtres du monde car ils détiennent le pouvoir qui devrait être celui d’une nation et d’elle seule.On comprend pourquoi ils veulent détruire et dilapider les états.

      3.10 à 20h27 - Répondre - Alerter
      • lamoule : On supprime

        la loi Pompidou de chez Rothschild et après ça roule ?

        Bizarre bizarre, un complot mondial vous êtes surs ?

        Alalala qu’est-ce qu’on se marre sur ce forum !

        3.10 à 20h58 - Répondre - Alerter
        • lamoule : Sérieusement

          Je ne comprends pas la position des verts par rapport au Traité de stabilité.

          Car l’option keynésienne de base consiste à s’endetter pour anticiper ou provoquer
          de la croissance.

          Oui, vous avez bien lu de la CROISSANCE.

          Et quand il n’y a pas vraiment de développements susceptibles de supporter cette croissance,
          ça donne le cas grec.

          Ma théorie, c’est que tout écolo autoproclamé finit comme ministre bétonneuse.
          Seuls les écolos de droite sont cohérents : argent cher, vision pessimiste de l’humanité,
          ressources rares

          4.10 à 08h48 - Répondre - Alerter
  • ’’Alain Grandjean propose par exemple une vaste rénovation thermique des logements, l’investissement dans les énergies nouvelles, dans les déplacements vert’’...

    je voudrais contruire une maison passive en IDF à un prix abordable (je suis une des profs les plus mal payés d’europe...) comment faire ? les permis de construire ne passent pas s’il n’y a pas d’installation de chaudière... il faut faire travailler les copains installateurs et vendeurs de contrat d’entretien...

    que font les politique pour privilégier l’environnement ? rien en pratique ! ah ! si j’avais les indemnités d’un député ou d’un sénateur, même sans revenu annexe..., je ne vous ennuyrairais pas ici !!!

    11.12 à 10h34 - Répondre - Alerter
  • C’est fou comme le fric est devenu le facteur 1er de l’existence terrestre...A force de sophistication des désirs, vous en oubliez jusqu’à la reconnaissance des éléments de base de la Vie ! Eh, faudra prévoir des billets qui ne fondent pas au soleil, qui soient assez plastifiés pour résister aux inondations...cependant, vérifiez aussi la qualité du béton qui fait place en votre coeur et conscience ! 4ème alternative : retrouver le courage et la solidarité qui permettent d’exister sans lécher les semelles des patrons. Mutualisation des efforts et des outils, et surtout apprendre à penser et à oeuvrer par soi-même...et, c’est là que le bât blesse.
    Si les esclaves font la grève et arrêtent de rêver d’atteindre la luxure de leurs maîtres, il y aura certainement moins d’enfer. Au fait, que représente donc le paradis à vos yeux ?

    9.12 à 17h07 - Répondre - Alerter
  • Merci d’avoir donné la parole à Olivier Berruyer et son approche lucide, claire et incisive.
    Il rappelait dernièrement que la crise actuelle de la dette résultait en partie du choix de nos gouvernants, qui avaient poussé l’État, non plus à imposer les plus riches, mais à leur emprunter de l’argent. C’est en cela que les épargnes et les assurances vie constituent de la dette, dont le non-remboursement équivaudrait à un impôt rétro-actif. Mais on peut toujours rêver pour que les hommes politiques prennent ce type de décision, contre leur propres intérêts de classe...

    9.12 à 10h34 - Répondre - Alerter
  • Et à la base par les banques privées !
    Voir "Comprendre la dette publique (pour les nuls)" ici : http://www.youtube.com/watch?v=_m6fTUYU-Tc

    9.12 à 10h09 - Répondre - Alerter
  • 3e alternative :
    prendre l’argent là où il est : dans les paradis fiscaux (60% des revenus du commerce mondial y sont acheminés), car le problème n’est pas qu’il y a un manque d’argent mais qu’au lieu d’être redistribué, il est aspiré par ces paradis.

    8.12 à 21h56 - Répondre - Alerter
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