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19-12-2009
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Climat
Monde

Copenhague : les gagnants et les perdants

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Copenhague : les gagnants et les perdants
 
Si personne n'a osé crier victoire, avec l'accord minimal obtenu à Copenhague, certains tirent leur épingle du jeu climatique pendant que d'autres vont payer le prix fort. Terra eco vous aide à compter les points.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Les gagnants

- Les scientifiques : L’accord de Copenhague donne raison aux travaux du Giec. Cette déclaration fige à 2 degrés la hausse maximum des températures moyennes à la surface du globe. Malheureusement, le texte ne fixe aucune échéance à cette limitation du réchauffement. Un vrai problème quand on sait que ces 2° de hausse des températures constitue l’un des scénarios les plus optimistes construits par les scientifiques.
- Lire aussi : Copenhague : mission (presque) impossible

- Les lobbies : La fête peut continuer ! Plutôt discrets pendant l’ensemble de la Conférence, les industriels liés notamment au pétrole ou au charbon, rentrent chez eux avec la banane. Ils n’ont pas eu à se faire plus pressants pendant la négociation tant les dirigeants des pays les plus polluants (Chine, États-unis, Russie, Inde notamment) avaient intégré dans leurs positions ces arguments économiques. Transports aériens et maritimes eux aussi peuvent continuer leurs affaires sereinement.
- Lire aussi : A qui profite le réchauffement climatique ?

- La Chine et l’Inde : Pas de manifestation de joie, certes. Mais ces 15 jours à Copenhague ont célébré l’intransigeance de la Chine qui n’a pas voulu céder sur les contrôles des émissions de gaz à effet de serre sur son sol par des entités extérieures. Ces deux pays qui avaient placé leur croissance économique au premier rang de leurs priorités repartent satisfaits. L’accord n’est pas contraignant, Pékin et New Delhi, sans la ramener, s’en sortent bien.
- Lire aussi : Mines infernales en Chine

- Les Etats-Unis Obama est reparti avec ce qu’il voulait : peu d’engagement et surtout pas de contrainte. Il va donc pouvoir se présenter décontracté devant son Sénat qu’il ne devrait pas froisser. Obama a en effet d’autres chats à fouetter comme l’épineux dossier de l’assurance maladie. Dernier arrivé à Copenhague, l’homme a semble-t-il mené les négociations comme il l’entendait bien aidé par Hillary Clinton et son négociateur Todd Stern. Barack Obama perd en revanche beaucoup de crédit ici en Europe notamment vis-à-vis de la société civile et des ONG qui avaient placé en lui beaucoup d’espoir, il y a seulement quelques mois.
- Lire aussi : Arnold Ier, la légende écolo

- Sarkozy : Le chef d’État français n’a pas tout perdu à Copenhague. Il devrait bénéficier d’un bon retour auprès de l’opinion publique hexagonale. Auteur d’un discours bien ficelé sur la forme jeudi lors de la Conférence, il a réussi avec l’aide du Brésil, à provoquer des réunions à huis clos dans la nuit suivante qui ont abouti à l’accord. Son style, impétueux et hors norme, a sans doute permis d’accélérer les choses, même si le résultat final (voir ci-dessous) n’est pas à la hauteur des espérances.
- Lire aussi : Google tique sur les auto-clics

Les perdants

- Les états insulaires : Une augmentation de la température de +2°C selon les scientifiques du Giec aura pour conséquence une montée du niveau des océans qui va directement menacer et forcer à migrer les populations de ces îles dont les terres seront largement submergées. Jusqu’au bout de la conférence de Copenhague, Tuvalu s’est énergiquement opposé au texte, exigeant un objectif maximum de +1,5°C. Ce qui n’a pas empêché les Maldives de supplier les pays du Sud du G77 de ne pas « faire sombrer l’accord ». Un texte qui, en l’état, ne reconnaît pas le statut des réfugiés climatiques.
- Lire aussi "Survival is not negotiable"

- Les anticapitalistes et les alters : Les leaders anticapitalistes, Evo Morales (Bolivie) ou Hugo Chavez (Vénézuela) en tête, ne sont parvenus à embarquer les pays du Sud - en dehors du Soudan et du Nicaragua - notamment les plus pauvres et vulnérables d’entre-eux, malgré leurs diatribes répétées contres les États-Unis. Côté manifestants, les activistes les plus radicaux - qui espéraient bloquer le déroulement de la conférence - ont échoué, et les alter-mondialistes n’ont pas mobilisé leurs troupes au niveau de ce qu’il avait réussi à faire contre l’OMC à Seattle il y a 10 ans ou à Gêne (Italie) en 2001. Mais l’accord à minima validé à Copenhague pourrait exacerber les opposants au prochain round de négociations, à Bonn ou Mexico.

- L’Afrique : Selon la Pan African Climate Justice Alliance, une organisation anglophone basée auprès de la Conférence des Églises africaines), avec une hausse des températures moyennes de 2 degrés, 55 millions de personnes de plus pourraient souffrir de famine et 350 à 600 millions de personnes supplémentaires manquer d’eau. Le texte d’accord prévoit que les aides à l’adaptation et à l’atténuation du changement climatique soient prioritairement allouées aux pays les plus vulnérables, mais les 100 milliards de dollars promis par les pays développés seront-ils suffisants ?
- Lire aussi notre série "Ils vivent déjà le changement climatique" Le lac Tchad touche le fond

- Le Danemark : Pendant toute la conférence, le pays hôte a donné le sentiment de jouer le jeu américain, irritant les états du G77 qui l’ont accusé de faire circuler des textes « sous le manteau » et dénoncé un « manque de transparence » dans les négociations. A titre plus personnel, la ministre de l’environnement danoise, Connie Hedeggaard - fraîchement nommée commissaire européenne aux affaires climatiques – en a fait les frais, laissant sa place au premier ministre danois Rasmussen pour présider les dernières séances plénières.
- Lire aussi La Conférence sur le climat perd sa tête brûlée

- L’ONU : Elle sort forcément perdante de Copenhague puisque les négociations se sont enlisées jusqu’à l’arrivée des chefs d’État. Par ailleurs, si le Néerlandais Yvo de Boer, secrétaire général de l’UNFCCC, s’est d’abord vanté de la dimension "très démocratique" de cette conférence internationale, ouverte à plus de 21 000 « observateurs », ces derniers ont vu leurs accréditations fondre comme neige pendant les derniers jours de négociations et les ONG ont crié au scandale.
- Lire aussi La Conférence sur le climat perd sa tête brûlée

- Les ONG : Elles s’étaient déplacées en force à Copenhague et ont réussi la manifestation pacifique du samedi 12 décembre : 50 000 personnes ont défilé et les incidents sont restés limités. Mais elles ont été mises sur la touche dans la dernière ligne droite et il est peu probable qu’elles puissent bénéficier dans un avenir proche d’une caisse de résonance aussi inouïe que l’a été ce sommet de Copenhague. Pour les ONG, la difficulté sera d’enrayer la démobilisation possible des militants, tout en évitant le catastrophisme et l’écueil d’une radicalisation extrême.
- Lire aussi Carton rouge au CEA et Areva

- L’Europe : Elle voulait prendre la tête des négociations et tirer les autres pays vers des objectifs plus hauts, avec un cadre plus contraignant en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (à hauteur de -50% d’ici 2050). C’est raté. Mais au moins l’Europe le reconnait. « C’est mieux que pas d’accord du tout, mais je ne peux pas cacher ma déception », a avoué José Manuel Barroso devant la presse avant de conclure : « c’est un premier pas et il faudra en faire bien d’autres. »

- Les climato-sceptiques : La reconnaissance par tous les pays participants à cette conférence, de la réalité du changement climatique, et l’intégration dans le texte final de l’objectif de limiter le réchauffement à +2°C, est un camouflet sans précédent pour ceux qui nient encore les études de la communauté scientifique sur le climat, réunie au sien du Giec.
- Lire aussi Les climato-sceptiques aux vestiaires !

Sources de cet article

- Illustration : campagne de tck tck tck et Greenpeace international affichée dans plusieurs grandes villes du monde, dont Copenhague.

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  • Pourquoi vouloir à tout prix arracher un accord de tout le monde ? C’est la meilleur façon d’être sur de ne rien faire. Tout en disant c’est pas moi, c’est l’autre qui ne veut pas. Copenhague en est la parfaite démonstration. L’europe aurait la possibilité de se fixer des règles réellement efficaces et montrer que l’on peut faire une société autrement, mais qui des grands groupes européens y ont réellement intérêt ? Certainement pas Total ni BP.

    Le nouveau modèle de société viendra par le bas à l’image de la californie au USA, travaillons déjà au niveau régional. Montrons l’exemple.

    23.12 à 19h57 - Répondre - Alerter
  • Sarkozy grand gagnant ?
    N’importe quoi c’est en grande partie à cause de lui et de son jeu en solitaire que l’Europe n’a pu parler d’une seule voix et faire pression sur les autres pays !
    Les vrais hommes politiques ont une vision d’avenir et savent rassembler et non diviser, ce n’est hélas pas le cas de Sarkozy, il ne suffit pas d’avoir une grande gueule pour convaincre...

    21.12 à 20h45 - Répondre - Alerter
  • Bonjour,

    Comment pouvez dire que Sarkozy s’en tire bien, il a joué solo avant et pendant le sommet, se détournant de l’Europe qui seule aurait eu un poids dans la balance.

    Les petits jeux de communication ne sont rien face aux réalités désastreuses qui nous touchent chaque jour.

    Ce n’est pas tout de faire le paon quand on sait que les promesses n’engagent que ceux qui les croient, moi aussi je peux m’engager pour la France alors que je sais que ce n’est que du vent. De plus si Sarkozy s’est lancé dans une diatribe à - 30% de CO² c’est avant tout pour vendre son nucléaire.

    Quant à Lula, il ne faut pas oublié qu’aujourd’hui il ne reste pas grand chose du Lula des débuts, il a vendu son pays aux multinationales des agro carburants et autres soja OGM, d’ailleurs sa ministre de l’environnement l’a quitté pour rejoindre le parti Vert pour défendre le droit des peuples.

    Alors oui il est cohérent que Sarkozy maitre du nucléaire se marie avec Lula maitre des OGM. 
    Avec ce couple nous allons surement sauver la planète.

    Tous les responsables portent la responsabilité collective de cet échec et il n’y a pas de gagnant. La seule question qui vaille aujourd’hui c’est comment restaurer la démocratie, car si il y a une lueur positive c’est l’éveil de la société civile.

    La vie est belle ne la gâchons pas

    A+

    21.12 à 12h07 - Répondre - Alerter
  • Quel est le bilan carbone de ce sommet "pharaonique" pour un résultat aussi palichon ?

    21.12 à 11h02 - Répondre - Alerter
  • Le jeu qui consiste à taper sur l’un pour flatter l’autre n’est pas approprié en la circonstance. Sarkozy a agacé, contrairement à vos affirmations, tous ses interlocuteurs. Comme d’habitude, il a joué "perso" alors que les diplomates britanniques et allemands ont fait le jeu de l’Union européenne. Les deux "sauveteurs" de Copenhague sont deux Britanniques : Ed Milliband et John Prescott. J’oublie Gordon Brown qui a été excellent. On peut regretter que l’Europe n’ait pas laissé Barroso et la présidence suédoise - vertueuse, elle, en matière d’environnement !, négocier pour les 27. Cessez de traiter ces questions à l’échelle des Etats. Cela affaiblit la portée même de vos analyses.

    21.12 à 09h45 - Répondre - Alerter
    • Sarkozy a fait le job : à sa manière, avec ses mots et parfois son arrogance comme à son habitude, mais on ne peut pas dire en toute honnêteté et sans s’occuper du clivage droite/gauche, qu’il n’a pas retroussé ses manches pour que cela réussisse ! Et c’est pour cela que je suis un peu d’accord avec l’article, car effectivement il va en tiré les marrons du feu sur l’opinion publique française. Mais là s’arrête le gain, il sera juste d’ordre politique et sur le plan intérieur. En revanche, compte-tenu de l’importance de ce sommet, c’est vrai qu’il n’y a que des perdants, dans le sens où ils ont juste perdu toute la confiance que pouvait avoir le peuple des différentes nations, en particulier celles qui souffrent déjà des problèmes liés au réchauffement. C’est un fiasco et on ne tardera pas d’en voir les conséquences ...

      21.12 à 18h33 - Répondre - Alerter
      • C’est un fiasco qui, paradoxalement, met en évidence la mauvaise foi des opposants à un accord contraignant : le Soudan génocidaire, le Venezuela démago, la Chine cynique, les Etats-unis égotistes, l’Inde tartuffe et le Brésil faux-cul. Quant aux micro-Etats du Pacifique - que je connais un peu pour les avoir parcourus abondamment il y a vingt ans -, ils se vendent aux plus offrants... Alors pourquoi parle-t-on de morale ? L’Union européenne a adopté un point de vue cohérent. Sa stratégie est malheureusement affaiblie par les rodomontades des chefs d’Etat ou de gouvernement. Ce type de négociations exige du sang-froid, de la patience et de la persévérance. C’est la raison pour laquelle tout le monde convient que l’attitude de Sarkozy fut contre-productive. En réalité, Sarkozy, selon l’ensemble des observateurs, n’a pas voulu laisser Gordon Brown, John Prescott et Ed Miliband s’attribuer le mérite de l’accord a minima.
        Il ne sert à rien aux Français, dans un débat planétaire, de se dresser sur leurs ergots. Analysons, évaluons les empêchements,négocions discrètement et efficacement. Comment peut-on penser faire perdre la face aux Chinois et aux Indiens. Quel orgueil !

        22.12 à 20h04 - Répondre - Alerter
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