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28-09-2009
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Société
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Concerts contre travaux d’intérêt musical

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RockCorps, ce n’est pas un nouveau groupe mais un concert où les spectateurs « paient » leur billet en heures de bénévolat. La France découvre le concept.
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Ils portent le même tee-shirt noir au logo rock, ont entre 16 et 20 ans. Ils chahutent en s’aspergeant de peinture, poncent et repeignent des bancs publics au son d’un DJ. Donner quatre heures de son temps pour une cause d’intérêt général contre une place de concert, c’est le marché passé entre ces jeunes et RockCorps. Créé en 2003 aux Etats-Unis, le concept a débarqué en France cet été, après avoir pris racine en Grande-Bretagne en 2008. Le message ? « Le bénévolat, c’est cool. »

En chiffres, cela donne, tous pays confondus : 20 concerts, 450 projets menés avec 360 associations. A coups d’affiches dans le métro, de spots diffusés sur leurs radios ou chaînes musicales préférées, près de 40 000 bénévoles se sont laissés convaincre de s’inscrire sur le site Internet de RockCorps. Là, ils choisissent un projet. Le jour J, une équipe d’animateurs les accueille, et fait grimper l’ambiance pour que la séance de nettoyage d’un jardin public ou la mise à neuf d’une salle de sport soit aussi festive qu’une colo. A la fin, ils reçoivent leur précieux ticket et disent le même genre de choses que Walid, la vingtaine, venu nettoyer une maison d’accueil pour familles en difficulté à Marseille : « Déjà, les aider c’est un cadeau. Toute l’année, on fait des bêtises. Pour une fois, on va faire une bonne action. »

Charity business

Alors que Walid découvre le plaisir de faire du bien, RockCorps réinvente le concept de BA. Ni association ni œuvre de charité, RockCorps est un business, un vrai, sous forme d’entreprise (une pour chaque pays), avec des salariés – 45 en France –, des actionnaires – à chaque fois, les sept fondateurs, une bande de copains de Los Angeles. Pas besoin de subvention publique ou de don privé. « On ne voulait pas entrer en concurrence avec le monde caritatif », explique Stephen Greene, cofondateur et président de ce « charity business » nouveau genre.

Quels sont les budgets ? Mystère… Sur les questions d’argent, RockCorps est fan du silence radio. On sait juste que les artistes ne sont pas payés, mais « défrayés » et que le tout est financé par des marques qui y trouvent leur intérêt en terme d’image. Aux Etats-Unis : Boost Mobile, un opérateur télécom, Microsoft et MTV. En Grande-Bretagne, Orange est de la partie, comme en France, aux côtés de M6 et Sony Ericsson. « Cela nous force à la discipline et à l’efficacité, raconte Stephen Greene. Il faut leur rendre des comptes toutes les semaines. »

Grosse voix de rappeur

Pour le marketing, on emprunte toute la panoplie de l’industrie musicale : télé, Internet, Facebook, Twitter, Myspace, Youtube, des clips personnalisables à faire passer à ses amis. Mais après les trois coups de peinture, et un concert, rideau ? Le concept RockCorps créerait-il une culture zapping de l’engagement ? Pas sûr. Les jeunes sont encouragés à s’investir auprès des associations au-delà de la fête. Et ça marche : aux Etats-Unis, un tiers des bénévoles d’un jour sont retournés donner de leur temps. En Grande-Bretagne, 40 % sont revenus dans l’année.

Prochaine étape ? « Devenir un mouvement global, confie Stephen Greene, présent en Europe de l’Est notamment. Et on développe en ce moment un projet en Afrique du Sud, autour de la Coupe du monde de football 2010. » Du sport à la place de la musique, mais toujours la fête. Avec une énergie toute particulière. « Ce sont des concerts uniques, témoigne Marion Chapulut, responsable pour la France, où sont réunies de grandes stars. On y célèbre le travail des bénévoles, on leur montre qu’on est fier d’eux. ça ne leur arrive pas si souvent. » Et voir Busta Rhymes, casquette à l’envers, crier comme au Royal Albert Hall de Londres en 2008, avec sa grosse voix de rappeur made in Brooklyn : « Faites du bruit pour vous-mêmes, parce qu’Orange RockCorps est vraiment reconnaissant envers vous », c’est sûrement très cool… 


LES FRANCAIS EN RANGS SERRÉES

Vendredi 2 octobre, au Zénith de Paris, Busta Rhymes, Sefyu et David Guetta sont « offerts » en cadeau aux bénévoles français. Pour les « recruter », RockCorps a appliqué les mêmes recettes qu’ailleurs. « On accueille 5 000 bénévoles en huit semaines, explique Marion Chapulut. C’est exigeant, mais les procédés sont bien établis. » Les associations partenaires doivent être capables de recevoir 50 personnes d’un coup. Au programme : peinture des locaux d’Act Up à Paris, remise à neuf de cabanes dans un hôpital pour enfants du Val-d’Oise, rénovation de terrains de tennis de l’association Fête le mur à Nantes…

Photos : Benjamin Boccas

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