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8-02-2007

Chirac veut forcer la porte de l’Histoire

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Jacques Chirac vient de lancer l'idée d'une Organisation internationale des Nations-Unies de l'environnement (ONUE). Perspective enthousiasmante ou simple effet d'annonce ?
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  • Par José Ferré, bloggueur* : Chirac veut forcer la porte de l’Histoire

    Tandis que la campagne électorale masque une agitation gouvernementale qui, faute d’une ligne cohérente, multiplie mesures et mesurettes de dernière heure, Jacques Chirac, dont on connait les qualités indéniables de conquistador du pouvoir et les défauts non moins indéniables de gouvernant, est en train de s’offrir une sortie spectaculaire. A moins que...

    En tout cas, mieux vaut tard que jamais. Au soir de son règne, Chirac a décidé de conquérir le monde et sa place dans l’Histoire.

    Un autre machin ?

    L’ONUE (Organisation des Nations Unies pour l’Environnement) est une belle idée, dont il s’est fait le promoteur. Un “machin“ de plus ? Peut-être. Peut-être pas.

    En ouvrant, vendredi dernier, la "conférence internationale de Paris pour une gouvernance écologique mondiale", Jacques Chirac n’y est pas allé par quatre chemins : "Le temps est à la révolution. La révolution des consciences. La révolution de l’économie. La révolution de l’action politique", a-t-il dit devant les ministres étrangers, représentants d’organisations internationales, d’ONG, chefs d’entreprise ou scientifiques de haut niveau, venus de soixante pays.

    Pour réussir cette triple "révolution" de l’écologie, le Président de la République a proposé que l’ONU adopte une "déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux", comme la France a adossé une charte de l’environnement à sa Constitution. Cette révolution des consciences doit "rendre possible la révolution de l’économie", a ajouté Jacques Chirac, qui estime qu’on ne saurait répondre au défi écologique par la "croissance zéro", à condition d’aller vers "une transformation radicale de nos modes de production et de consommation", où, par exemple, la qualité environnementale serait intégrée dans le calcul de la richesse.

    "Soit la communauté internationale s’y emploie, soit ce sera la "guerre écologique"", a prédit le président. Les pays du Nord ont une responsabilité particulière et doivent inciter ceux du Sud à prendre le virage d’une croissance écologique, a-t-il souligné. Puis il a conclu en lançant l’idée qu’"il faut construire une gouvernance mondiale de l’environnement", en transformant le programme des Nations unies pour l’environnement en organisation à part entière, "à l’image de l’Organisation mondiale de la santé" (OMS), à même d’"évaluer les dommages écologiques", de "promouvoir les technologies et les comportements les plus respectueux des écosystèmes" et de soutenir "la mise en œuvre des décisions environnementales".

    Une quarantaine de pays, dont la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, ont lancé samedi un appel en faveur d’une "vaste mobilisation internationale contre la crise écologique et pour une croissance respectueuse de l’environnement". "Nous nous engageons à mettre au centre de nos décisions et de nos choix, chacun dans notre domaine, la préoccupation de l’environnement", affirme cet appel, qui a été lu samedi par Jacques Chirac à l’issue de la Conférence.

    Mais les Etats-Unis, la Chine et l’Inde et d’autres pays émergents ne font pas partie des signataires. On n’est pas rendus.

    Quoiqu’il en soit, si cette nouvelle organisation doit voir le jour, il lui faudra, d’entrée, tirer les leçons de l’impuissance des organisations internationales existantes. Elle devra, notamment, pour réussir, se faire le promoteur d’une palette d’actions diversifiées, adaptées localement à la situation économique et environnementale de chaque pays, chaque région.

    * Retrouvez cet article sur Carnets de nuit

    8.02 à 00h13 - Répondre - Alerter
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