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17-03-2013
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Emploi
Formation

Cap vers un métier qui a du sens

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« Métro, boulot, dodo », très peu pour vous ? Dans un contexte de crise économique et environnementale, le développement durable crée des opportunités et amorce un changement de société. Voici nos conseils pour tracer son chemin sans s’y perdre.
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L’économie verte serait-elle une oasis en terre aride ? Entre 2004 et 2010, les emplois dans l’environnement ont augmenté de 20 %, avec une hausse de 3,4 % par an selon le Commissariat général au développement durable.

C’est plus enthousiasmant que les 0,5 % de la « vieille » économie. Les hypothèses de créations de postes établies après le Grenelle de l’environnement sont réjouissantes : 220 000 dans la gestion des pollutions de l’eau, les déchets et l’air d’ici à 2015, 200 000 pour les énergies renouvelables, 90 000 dans les métiers de l’agriculture et de la forêt, et 300 000 dans le bâtiment, le tout avant 2020, selon les groupes de travail constitués par l’Etat pour analyser chaque filière.

Angoissés par l’équation complexe de trouver un boulot – si possible épanouissant – alors que près d’un quart des moins de 25 ans sont au chômage, les jeunes Français sont tentés de mettre le cap sur des formations vertes : leurs effectifs augmentent six fois plus que la moyenne. Pas si vite ! Le parcours est semé d’embûches.

En 2011, le Centre d’étude et de recherche sur les qualifications (Céreq) évoquait même une « bulle » verte. Selon l’institut, moins d’un jeune sur deux issus d’une formation initiale en environnement exerce un métier en lien avec sa spécialisation trois ans après sa sortie du système éducatif.

La transition écologique ne se fait pas en claquant des doigts. Des filières entières doivent se restructurer et intégrer de nouvelles compétences. Comment développer les bonnes ? Comment choisir sa formation ? L’oasis des emplois verts s’apparente, en réalité, à une jungle dans laquelle il faut s’aventurer armé d’une boussole et d’une carte.

1. Déchiffrer la carte des « métiers verts »

Observons le terrain. Sur la cartographie complexe des métiers dits « verts », le gros des activités existait bien avant que l’on commence à parler de développement durable. Il s’agit de la gestion des déchets, de la dépollution des eaux, des sols, de l’air, des métiers de l’énergie et de la biodiversité. Ces filières historiques se renouvellent : on ne construit plus une station d’épuration comme il y a quarante ans ; on recycle un max ; on bâtit des champs d’éoliennes sur terre et sur mer…

Certes, il existe de plus en plus de formations généralistes en développement durable, mais la boussole des métiers verts pointe plutôt vers les activités traditionnelles – déchets, eau, préservation des ressources, énergie… –, où se trouvent encore l’essentiel des débouchés. Selon le baromètre des emplois verts, lancé par le cabinet de recrutement spécialisé Orientation durable, 67 % des offres d’emploi sont des postes techniques ou commerciaux liés aux énergies renouvelables, suivis par les emplois dans le domaine de l’efficacité énergétique.

L’autre territoire de la révolution verte ressemble à une friche gagnée par la verdure. L’horizon est beaucoup plus large : industrie, biens de consommation, services, urbanisme, bâtiments… Le « verdissement » désigne l’intégration des principes du développement durable à tous les étages de l’activité économique.

« Dans n’importe quel secteur, cela devient un paramètre stratégique. Cela se traduit par des changements structurels et de nouvelles compétences », souligne Jacques Brégeon, fondateur de l’Ecole des métiers de l’environnement, en Bretagne, où l’on forme des ingénieurs spécialisés.

Attention, cela ne signifie pas que les entreprises embauchent à tour de bras, pour se faire repeindre par des experts en teinture verte. Les postes du « développement durable » au sein des services dédiés des entreprises, dans les bureaux d’études et de conseil, les collectivités locales ou les ONG, sont minoritaires.

Si vous avez envie de « travailler dans le développement durable », partez du principe que ça n’est pas un métier en soi.Il s’agit plutôt d’un nouveau champ de compétences, essentiel, mais pas suffisant.

2. Préférer les formations spécialisées

« On observe un décalage entre des candidats, qui se positionnent comme des généralistes du développement durable, et les besoins des entreprises, qui recherchent des spécialistes dans leur domaine, pointus sur les normes environnementales et les enjeux de leur secteur », souligne Jean-Philippe Teboul, directeur d’Orientation durable.

Hélène Valade, directrice du développement durable à la Lyonnaise des Eaux confirme. « Le développement durable est de plus en plus intégré à la vision stratégique et donc aux différents métiers des entreprises. Plus que des généralistes, elles ont besoin de spécialistes à tous les niveaux. Il peut s’agir de nouveaux métiers, par exemple, chez nous, des écologues et des hydrogéologues qui travaillent à préserver la ressource en eau. Il s’agit surtout d’une transformation des services fonctionnels et des métiers traditionnels pour intégrer les enjeux environnementaux et sociaux, avec, par exemple, des personnes dans les services achats, capables de développer des politiques d’achats durables avec les fournisseurs. »

Tu veux un métier vert ? Choisis bien ton chemin. Les entreprises cherchent de bons techniciens, formés aux normes environnementales et aux enjeux sociétaux qui s’appliquent à leur secteur. Elles embauchent des personnes capables d’impulser et d’anticiper les changements dans les sociétés. La sagesse consiste donc à apprendre un métier, puis à le compléter par une spécialisation en développement durable, cerise sur le CV.

3. Bien choisir ses premiers stages

Une vie de terrain ou une vie de bureau ? Les pieds dans la boue ou le nez sur un écran d’ordinateur ? Orientez-vous sur la carte en fonction de votre profil et de vos envies. Du côté des métiers plutôt techniques, courant dans les domaines de l’eau, des énergies renouvelables, de la gestion des déchets… on croise beaucoup de scientifiques. La voie royale est réservée aux ingénieurs et techniciens dotés d’un solide bagage scientifique et technique. BTS, licence et master pro, écoles d’ingénieurs publiques ou privée constituent une très bonne entrée en matière.

Si vous n’avez pas la fibre scientifique, la boussole hésitera peut-être un peu plus, mais vous pouvez construire votre parcours en choisissant des spécialisations, des stages et des engagements associatifs cohérents qui vous mèneront là où vous voulez aller.

Les formations de management, de marketing et de communication commencent à intégrer le développement durable à leur « tronc commun ». Euromed, l’école de management à Marseille, ne propose pas de spécialisation développement durable, mais choisit de l’intégrer à tous les enseignements. « Notre cursus est très individualisé en fonction des choix de l’étudiant. Il peut décider d’axer sa formation sur le développement durable mais, quoiqu’il fasse, il n’évitera pas le sujet », souligne Anja Stoll, responsable RSE et relations internationales.

Le but : former des managers responsables, capables de remettre en cause les recettes classiques et d’innover dans leur champ de compétences. Défrichez attentivement les offres de formation et les spécialisations proposées dans les écoles. Tout évolue très vite et il faut se positionner sur les enjeux émergents.

AgroParisTech propose régulièrement de nouvelles spécialisations, comme l’agro-écologie ou, à la rentrée prochaine, une spécialisation en ingénierie des espaces végétalisés en ville, que l’équipe éducative a identifié comme secteur d’avenir.

4. Devenir un agent du changement

Avant, les voies professionnelles étaient balisées. Aujourd’hui, tout est chamboulé. Hélène Valade, qui est aussi directrice du réseau C3D, Collège des directeurs du développement durable engagés, va loin dans son analyse : « Nous sommes à la croisée des chemins parce que nous savons que les anciens modèles sont dépassés et que nous devons en expérimenter d’autres. Par exemple, à la Lyonnaise des Eaux, nous essayons de mettre au point un modèle d’affaires qui repose non pas sur une logique de volumes d’eau mais sur la performance environnementale ; nous pensons que la valeur de l’entreprise doit se traduire par des indicateurs financiers, mais également par des indicateurs environnementaux et sociaux. »

En somme, il faut repenser les process, mais aussi le rôle de l’entreprise dans la société. Voilà l’ambitieux projet du développement durable. Et cela ne fait que commencer. A la croisée des chemins, vers où le jeune étudiant motivé doit-il s’orienter ? Au sein des entreprises, il pourra se surprendre, tel Monsieur Jourdain, à exercer un « métier vert » sans l’avoir vraiment planifié. C’est le cas de Jérémy, qui, après une licence professionnelle en gestion de production industrielle spécialisée en contrôle qualité, met en place des normes environnementales FSC (Forest Stewardship Council) et PEFC (Promouvoir la gestion durable de la forêt), deux écolabels sur la gestion durable des forêts.

Il travaille chez Prati’bûches, une PME qui fabrique des biocombustibles, à partir de sciures récupérées dans les scieries. Quel que soit son domaine de compétence, être calé sur les risques et opportunités liés aux enjeux environnementaux donne de toute évidence une longueur d’avance.

5. Pour les plus audacieux : entreprendre

Dotés d’un bon kit de survie – un diplôme professionnalisant et un regard neuf sur les stratégies des entreprises –, vous pouvez aussi tenter l’aventure hors des sentiers battus. « De nouveaux horizons s’ouvrent dans les modes de consommation, de déplacement, ou dans l’alimentation, souvent mis en œuvre par des structures très légères », souligne Jacques Bréjeon.

Si les grandes entreprises intègrent des enjeux sociaux et environnementaux, des start-up en font le cœur de leur stratégie. Elles imaginent des services en réponse à la crise environnementale et économique. Covoiturage, autopartage, circuits courts, espace de coworking, conseils en solutions énergétiques… Ces nouveaux modèles, qui inscrivent le développement durable dans leur gènes, imaginent une société moins gaspilleuse, plus solidaire et sobre en carbone.

Depuis les années 2000, certaines ont connu de beaux succès, comme Zipcar, première entreprise américaine d’autopartage, Airbnb, agence virtuelle de location d’appartements entre particuliers, ou encore le réseau des Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), qui permet aux consommateurs de s’abonner à la production d’un maraîcher et de recevoir régulièrement un panier de fruits et légumes bios.

Après avoir fait ses armes dans les entreprises classiques, explorer des terrains inconnus est une voie risquée, comme tout projet entrepreneurial. Mais c’est aussi une belle façon de sortir du bois.

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