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23-09-2011
Mots clés
Emploi
France

Ça bouchonne à la sortie des formations vertes

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Ça bouchonne à la sortie des formations vertes
((Manif pour les « green jobs » aux Etats-Unis (2009). Crédit : UOPowerShift09))
 
Les formations vertes ? Elles ont fleuri ces dernières années. Mais, bien qu'en progression, le secteur peine à absorber ces nouveaux diplômés, explique le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq).
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) dénonce une « bulle » des formations environnementales. Elles ont fleuri ces dernières années, attirant sur leurs bancs des flopées d’étudiants toqués de développement durable. Mais le secteur des emplois verts, bien qu’en progression, peine à absorber tous ces nouveaux diplômés, explique cet établissement public chargé d’étudier les relations entre formation et emploi. Tour d’horizon des points clés du rapport.

  • L’emploi vert a pourtant le vent en poupe

« En 2008, l’emploi environnemental dans les éco-activités représentait 405 000 emplois, soit une hausse de 2,9 % par rapport à 2007 », contre 0,6% de progression pour l’ensemble des emplois en France, rapporte le Céreq. Entre 2004 et 2008, il affiche même une belle moyenne annuelle de 3% quand les autres branches de l’économie font un peu moins de 1%. Pourtant, en 2008, le nombre de demandeurs d’emplois dans le secteur commence à augmenter. Et l’année suivante, c’est le drame : ils sont 27% de plus à prendre le chemin de Pôle emploi. L’effet crise ? Pas si simple ma p’tite dame…

  • Des formations vertes en veux-tu en voilà

Le développement durable fait rêver les étudiants. En 2004, 10700 jeunes quittaient les bancs de formations environnementales, diplôme en poche. Quatre ans plus tard, ils sont cinq fois plus à entrer en dernière année, prêts à conquérir le marché du travail quelques mois plus tard. Dans les formations existantes, on a peut-être un peu poussé les murs. Mais le phénomène vient essentiellement de la multiplication des cursus verts, validés par les ministères, portés par les discours politiques répondant aux nouvelles aspirations écolos de la société. Résultat : en fin de parcours, les étudiants déchantent. L’offre de main d’oeuvre dépasse la demande du marché du travail vert.

  • Les diplômés en environnement, des chômeurs durables ?

Leur chance d’accéder rapidement à l’emploi est inférieure de 35% à celle des sortants de l’ensemble des formations. Pire : ils resteront plus longtemps sans job. « En moyenne, entre 2004 et 2007, les jeunes sortant des formations environnementales ont passé 8 mois au chômage, contre 5,7 mois pour les [autres] », note le Céreq. Cependant, il existe des disparités selon le niveau et la spécificité de la formation. Mettez Pierre et Jacques devant la porte de Pôle (emploi). Avec son baccalauréat, Pierrot a 5,8 fois plus de chance que Jacquot, sans diplôme, d’accéder rapidement et durablement à l’emploi. Ainsi de suite, il vaut mieux avoir un BTS, un DUT ou un doctorat qu’un CAP-BEP, un Deug ou une maîtrise pour obtenir un job dans l’environnement. Le mieux est encore d’avoir pu faire de hautes études. Selon Caroline Renoux, chasseuse d’experts en développement durable, l’avenir n’a jamais été aussi rose pour les diplômés verts : « ll n’y a pas de « bulle verte » mais un vrai secteur en développement ». Son agence de recrutement, Birdeo, a lancé une étude auprès d’une centaine de jeunes spécialisés en environnement et diplômés de Bac+5. Conclusion : « 65% ont signé un contrat de travail moins de 6 mois après la fin de leurs études ».

  • Un décalage entre les aspirations des étudiants et les réalités du marché

« La protection de la nature et l’aménagement du territoire restent en tête des formations universitaires de niveau I (DEA, DESS, master, diplôme d’ingénieur, doctorat) et de niveau II (licences généralistes et professionnelles) alors que les offres d’emploi dans ce domaine sont peu nombreuses. À l’inverse, la spécialité « Prévention et réduction des pollutions » attire beaucoup moins d’étudiants alors que les offres d’emploi sont plus nombreuses dans ce secteur. », dénonce le Céreq. Enfin le jeune, si tu veux trouver du boulot, arrête de fantasmer sur la spécialité « Forêts, Espaces naturels, Faune sauvage et Pêche ». Car il s’agit de la spécialité qui « peine le plus à offrir une insertion de bonne qualité ».

Sources de cet article

Aller plus loin :
- Le rapport du Céreq : La "bulle" des formations environnementales

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  • Comme d’habitude, les amalgames sont tentants mais dangereux : les contenus de ces formations dites "vertes" sont aussi variés que ceux, au hasard, des professions de santé, où on manque cruellement de certains spécialistes et où on a plétore d’autres : le vrai critère est de s’informer sur les statistiques d’emploi et d’insertion réelles en lien avec la formation visée !

    13.10 à 13h29 - Répondre - Alerter
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