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Au Liban, Naqoura tourne la page en vert

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Au Liban, Naqoura tourne la page en vert
(Crédit photo : DR)
 
Tri sélectif, agriculture bio… Dans un pays marqué par la guerre et où l’écologie est balbutiante, l’ONG Bahr Loubnan veut faire de ce village un modèle pour la région.
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Le soleil est presque au zénith et le chant du muezzin résonne encore dans les rues de Naqoura, à la pointe sud du Liban. Rima Tarabay, vice-présidente de Bahr Loubnan – « la mer du Liban » –, entame une tournée des foyers. Sourire aux lèvres, elle constate la réussite de la première expérience de tri sélectif dans un pays où écologie rime encore avec utopie. Rada, 34 ans, vante les avantages du compost : « C’est très utile. Avant je ne savais pas où mettre les déchets, je trouvais ça dommage de jeter les restes. » Aujourd’hui, seuls 6 foyers sont équipés d’un bac mais 60 % des déchets au Liban seraient organiques, selon l’ONG. Le tri pourrait donc réduire considérablement la quantité de détritus des habitants. L’asso s’apprête à installer des poubelles pour le plastique et le verre dans le village.

Bombardements à répétition

Ici, comme partout dans le sud du Liban, les habitants souffrent encore des conséquences de l’occupation israélienne (1978-2000). Les bombardements à répétition et l’utilisation par l’armée de l’Etat hébreu d’armes non conventionnelles ont pollué les sols et déforesté la région. « Il n’y a aucune prise de conscience écologique de la part du gouvernement, se désole Rima. Il ne soutient absolument pas notre initiative. »

Ce qui n’est pas le cas de la municipalité de Naqoura, qui a signé dès 2005 un accord de coopération avec son ONG. Depuis, Rima nourrit un rêve : faire de son village de 2 000 âmes un exemple de préservation de l’environnement pour le Moyen-Orient. En 2006, son équipe a nettoyé le littoral souillé par une marée noire provoquée par les bombardements israéliens. En juin dernier, rebelote : 60 volontaires rémunérés ciblent les détritus. Mais aujourd’hui, canettes de soda, papiers et bouteilles en plastique gisent de nouveau sur le sable. « J’ai compris que les choses n’allaient pas se faire du jour au lendemain », reconnaît Rima en riant.

Label « made in Naqoura »

La vice-présidente de Bahr Loubnan compte surtout sur la générosité de l’Union européenne et des ambassades étrangères et souhaite que « les habitants s’approprient leur terre et apprennent à la préserver ». Pour cela, l’ONG vient de créer le label made in Naqoura, certifié par le Conseil culturel de l’Union pour la Méditerranée. « Les habitants ont vite compris que nous allions leur permettre de gagner de l’argent. »

Mahdi Mahdi, agriculteur depuis plus de vingt ans, estime que ce qui compte, c’est « le bien de l’humanité » et, bientôt, il s’engagera dans le nouveau projet de Bahr Loubnan : développer des cultures bios sur des terres vierges. Un café turc dans une main, une cigarette dans l’autre, ce sexagénaire contemple ses dix hectares de champs de bananes. Et rêve de voir un jour sa récolte s’inviter sur les grandes tables de la capitale libanaise. —

Impact du projet

6 bacs à compost installés

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