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Scènes, climat et remue-méninges

Par Hervé Fournier, Dominique Béhar
5-12-2015

Art et Environnement : la dialectique du proche et du lointain

Art et Environnement : la dialectique du proche et du lointain
(D. Béhar - Terra 21)
Retours sur l’Atelier Professionnel ArtCop des 3 et 4 décembre, La Gaité Lyrique.

160 professionnels de la culture se sont réunis les 3 et 4 décembre à la Gaité lyrique : l’occasion d’échanger sur les pratiques et initiatives au croisement des arts et de l’environnement, de dresser des pistes de travail entre pays, entre artistes et opérateurs, entre la communauté culturelle et la puissance publique. Les contributions proviennent de multiples acteurs d’une trentaine de pays des 5 continents : élus locaux, artistes, têtes de réseaux et responsables de fondations, tous engagés sur la rencontre des arts et développement durable.

Des langages et des contextes multiples pour une préoccupation environnementale partagée.

Le lancement du séminaire introduit immédiatement les problématiques qui seront celles parcourues lors de ces deux journées : la pluralité des différentes approches (Søren Krogh, Agence danoise pour la culture..) et donc des pratiques politiques, de la plus opérationnelle et efficiente, celle menée par le Arts Council au Royaume Uni et exposée par Ian Rimington, à la plus pauvre en terme de vision et d’objectifs, celle incarnée par la figure du Ministère Français de la Culture. En accueillant le séminaire, le directeur de la Gaité Lyrique, Jérôme Delormas, rappelait le rôle des opérateurs culturels : être sur le qui-vive des enjeux sociétaux mais aussi créer un imaginaire partagé. Sur cet imaginaire en lien avec le développement durable, les propositions artistiques foisonnent et la programmation globale ArtCOP21 pendant la Conférence des Nations Unies sur le climat en témoigne. Des organisations très diverses rendent compte de leur accompagnement des artistes : Cittadellarte-Fondazione Pistoletto en Italie, Más Arte Más Acción (dans le Choco Colombien), Bamboo Curtain Studio (Taiwan)

Sur les leviers d’actions, les réponses sont elles aussi multiples : expériences d’actions collectives menées autour d’une filière, l’audiovisuel avec Ecoprod (France) et GreenFilm (Pays-Bas), le Clubbing via WIP Renewable Energies (Allemagne), démarches territoriales (Creative Carbon Scotland ou Eco évènement à Nantes). Chacun a en tête les outils (Tools) de diagnostic et de reporting environnementaux mis en place depuis 2006 par Julie’s Bicycle, l’agence britannique en charge de « greening the arts » (intraduisible en français sans dévoyer le propos) Cette présence oblige de fait nombre d’intervenants à se positionner par rapport à cette expertise et ces pratiques : l’approche animée par JB constitue effectivement à ce jour la seule réponse effective et professionnelle des industries créatives aux causes du changement climatique.

De l’urgence climatique et environnementale au temps des évolutions comportementales.

Cette notion d’urgence transparait non seulement dans les interpellations du public mais également dans quelques témoignages lointains : celui rafraichissant de Rosemary Mangope du Conseil national des Arts d’Afrique du Sud ou encore de Farai Mpfunya du Fonds culturel du Zimbabwe. Quelle sémantique, quelles temporalités et vision globale le nord et le sud partagent-ils sur la soutenabilité des arts ou plus largement des expressions des populations, de quelque nature soient-elles ? Le temps des échanges hors sessions autorise l’approfondissement de ces sujets. Les expériences de Bogota (approche systémique de l’action culturelle en lien avec le développement urbain) ou de Pays du Sundgau en Alsace soulignent le renouvellement nécessaire à l’action culturelle. D’innovation et de créativité, il en est également question lors de la session sur les nouveaux modèles économiques inspirés du numérique (Asmaa Guedira OUISHARE/ Clément le Bras LILO) ou de l’économie circulaire (Festival d’Art Lyrique d’Aix sur les décors)

Ces allers retours entre l’expression artistique et les leviers de l’action publique et privée fournissent la richesse du séminaire mais aussi toutes ses limites : la représentation du développement durable et sa mise en récit collectif relèvent-elles d’une finalité ou de moyens déployés ? Avec quels outils apprécier la réussite d’un projet culturel dont l’essence même interroge un système de valeurs, individuel et/ou collectif ? Force est de constater le décalage (mismatch) existant entre le temps de la réflexion propre aux arts et à la culture, le temps de l’action obligée et celui de l’appropriation par les évolutions de comportements.

La clôture du séminaire, plus politique avec l’intervention de Patrick Degeorges (Ministère de l’Ecologie), Jordi Pascual (Agenda21 de la culture) John Crowley (UNESCO) et Justine SIMONS (World Cities Culture Forum) ouvre sur une mobilisation plus traditionnelle des acteurs présents. Le rendu de ces deux journées construisent un argumentaire et une vision commune sur l’interrelation entre les arts, de la culture et les enjeux de soutenabilité. Ces éléments compléteront un document d’engagements signé par les participants qui intégrera la déclaration finale du programme d’ArtCOP21 à la Gaîté lyrique le 11 décembre. Elle sera formellement remise à Mme Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention cadre des Nations unies sur le Changement Climatique (Texte sur site JB). Avec l’espoir permis d’être à la hauteur des prochains engagements des Etats sur la limitation du changement climatique.

Le programme de l’atelier sur : http://www.artcop21.com/fr/special-events/profesional-workshop/ Production : COAL, Julie’s Bicycle, l’IFACCA, One the Move

en partenariat avec l’IETM, GALA et Imagine 202A0.

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A PROPOS

Hervé Fournier et Dominique Béhar animent Terra 21, un bureau d’étude qui intervient notamment dans la sphère des industries culturelles, principalement la filière spectacle.

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