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19-06-2012
Mots clés
RIO+20
Brésil

A Rio, on s’écharpe sur le droit à l’eau

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A Rio, on s'écharpe sur le droit à l'eau
(Crédit photo : Anne Vigna)
 
Accès à l'eau et à l'assainissement pour tous. La référence à ce droit vient d'être gommée dans le document de travail du Sommet. Dans les coulisses de Rio+20, on discute, on s'insurge, on fait pression.
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ÉCOLOGIE SOCIÉTÉ ÉCONOMIE
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Lundi 18 juin. Dans le Rio Center, ça discute ferme autour du thème de l’eau : tandis que des personnalités du monde économique, politique et de la société civile échangent leurs visions au détour d’une conférence, les citoyens présents sont appelés à voter sur une série de 10 recommandations qui devraient être remises dans quelques jours aux dirigeants. Parmi celles-ci, deux recommandations soutiennent le droit humain à l’eau et à l’assainissement.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La référence à la résolution onusienne 64/292 du 28 Juillet 2010, qui consacrait pour la première fois l’accès à l’eau et à l’assainissement comme un « droit humain », vient d’être supprimée du document sur lequel les délégations du monde entier planchent jour et nuit. Au grand dam des ONG qui la défendent.

Sur la scène de la conférence, les visions se croisent et s’affrontent. Muhammad Yunus, fondateur bangladais de la banque Grameen et Prix Nobel de la paix, prend la parole. Il défend non seulement le droit humain à l’eau mais également l’interdiction pour les entreprises de faire du profit sur toutes les questions relatives à l’eau. A ses côté, Jeff Seabright, vice-président de Coca-Cola pour les questions d’environnement, ne bronche pas.

Tandis qu’en coulisse les deux lobbys, celui du privé et celui des ONG, se disputent les ficelles. D’un côté, 45 chefs d’entreprises du monde entier demandent qu’on les laisse investir dans les infrastructures et la gestion de l’eau, « pour aider à résoudre la crise globale de l’eau ». De l’autre, les petites mains des ONG contactent chaque délégation pour tenter de les convaincre de refuser un texte dénué d’une référence claire au « droit humain à l’eau ». Résultat le 22 juin. Le texte final dira qui, de la société civile ou des entreprises, a remporté le match de l’eau à Rio.


« Nous allons défendre le droit à l’eau jusqu’à la fin de Rio+20 »

Nathalie Seguin est directrice du réseau Fan Mexique (Réseau d’action pour l’eau) qui regroupe une dizaine d’associations locales spécialisées dans les questions d’eau et d’assainissement. FAN est un réseau global d’expériences locales, présent sur les cinq continents.

Terra eco : Pourquoi êtes-vous venue à Rio + 20 ?

Nathalie Seguin : C’est d’abord un des sommets les plus importants sur le développement durable et il est crucial que la société civile soit présente quand il n’y a pas de consensus lors des réunions préparatoires. Ce sommet devait faire un état des lieux des trois Conventions de 1992 (contre la désertification, sur la biodiversité et contre le changement climatique, ndlr) et les renforcer. Or, ce sommet n’a rien réalisé de cet agenda et se retrouve centré sur l’économie verte et le marché. Il est donc encore plus capital que la société civile, qui défend d’autres idées, se fasse entendre.

Que défendez-vous précisément ?

Dans le « Draft O » (le premier document de travail, ndlr), il existait cinq paragraphes sur l’eau et l’assainissement, dont la résolution des Nations unies votée en 2010. Or, nous découvrons aujourd’hui, et parce que certains de nos membres ont accès aux négociations, que le Brésil a accepté de retirer cette référence sous la pression des Etats-Unis et du Canada. Nous allons donc devoir défendre ce droit jusqu’à la fin du Sommet. Quand la société civile du monde entier est présente, cela permet de contacter les délégations de chaque pays et de faire un vrai lobbying.

Est-ce important d’être aussi au Sommet des peuples, le sommet alternatif organisé par les ONG et les mouvements sociaux ?

Oui, pour créer des alliances avec les autres mouvements sociaux et pour échanger sur ce qui marche ou pas dans la mobilisation. Mais ce n’est pas l’espace où nous pouvons obtenir une avancée dans les accords internationaux. Nous sommes un réseau qui travaille au niveau global à partir d’expériences locales. Les deux niveaux sont d’une grande importance.


A lire aussi sur Rio+20 :

- Raoni : « Le Brésil ne respecte pas les droits des peuples indigènes »

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  • il faut juste faire un petit rappel : l’eau est le 3em secteur le plus corrompu après l’armement et le BTP ! Alors que c’est une ressource vitale pour l’humanité. Que font nos gouvernants pour moraliser tout cela, où trempent-ils aussi dans cette corruption, ceci expliquerai cela ?
    Alors que l’on voit bien que la ressource eau va finir par se raréfier. Ce qui montre bien que les économies d’eau doivent se faire au quotidien par chacun d’entre nous ! 60 M de conso préconise la pose d’économiseurs d’eau.
    pour info 60 millions de consommateurs, dans son numéro de juillet 2011, teste des douchettes à économie d’eau et préconise la pose de matériel d’économie d’eau sur les robinets et WC.
    L’étude montre qu’une famille de 4 personnes peut réduire de 30% sa facture d’eau (de 150 m3 /an à 100 m3) soit 50 m3 d’économie d’eau par an, tout en gardant le même confort.
    Il est indiqué que ces matériels d’économie d’eau permettent au final une économie entre 217 et 267 € /an ce qui représente 45% de la facture d’eau (30% d’économie pour l’eau et 15% supplémentaire sur l’énergie).
    plus d’infos sur http://www.activeau.fr/economiseur_...

    22.06 à 12h21 - Répondre - Alerter
  • De pire en pire ces réunions internationales sur l’environnement. Voilà maintenant que l’infinitésimal sujet de consensus est signé d’avance pour laisser les chefs d’État exécuter leur parade d’autosatisfaction sans l’ombre d’un stress ni le début d’un enjeu. Quel est l’intérêt, à part d’entretenir une honteuse hypocrisie généralisée ? Le paradoxe : chacun s’accroche à ce qu’il considère ses intérêts premiers alors que cette question rend les parties du monde interdépendantes. Depuis mon texte de 2009 sur le sommet de Copenhague, aucune évolution. Fiasco en double couche. (Cf. http://pamphletaire.blogspot.fr/200...)

    20.06 à 16h06 - Répondre - Alerter
  • « L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable. »
    Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population

    Or, en dépit des variations de la croissance démographique soufflant le chaud et le froid et de la sempiternnelle annonce de son ralentissement, celui-ci est non seulement peu probable mais quasiment exclu pour de nombreuses raisons parmi lesquelles :
    - La tendance observée depuis la naissance de l’espèce humaine, et plus particulièrement au cours de ses deux derniers millénaires.
    - Les effets du progrès, notamment sanitaire.
    - Les résultats de l’action humanitaire, encourageant les naissances et retardant la mort des plus malheureux, à défaut de les empêcher de souffrir de leur misère.
    - Les conséquences dramatiques d’une inversion de la tendance en termes de vieillissement de la population et de réduction du nombre des actifs.
    - L’aveuglement et l’imprévoyance de tous les hommes, sans exception.
    - La cacophonie régnant chez la plupart des partisans d’un contrôle démographique.
    - L’opposition farouche des opposants à ce dernier.
    etc.
    La prise de conscience de réalités fondamentales serait nécessaire, de toute urgence.

    Pour en savoir plus à propos de la plus évidente de ces réalités, affichez "abominable pyramidesociale" ou "Fatalitas" dans votre moteur de recherche.

    20.06 à 09h42 - Répondre - Alerter
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